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Situation en Tunisie

13 ème législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0587G de M. Jacques Gautier (Hauts-de-Seine - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 21/01/2011 - page 349

M. Jacques Gautier. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s'adressait à Mme la ministre des affaires étrangères et européennes, mais nous savons qu'elle effectue en ce moment une tournée importante au Proche-Orient afin que notre pays participe au processus de paix.

Depuis le mois de décembre, la Tunisie, ce pays avec lequel nous avons une histoire commune et une longue tradition d'amitié, se trouve à un tournant de son histoire, porteur de beaucoup d'espérance de liberté, mais aussi d'incertitudes, y compris au sein de la communauté tunisienne de France.

L'importance de ce moment et notre passé partagé nous obligent, au sens noble du terme, à soutenir ce « printemps en hiver », sans pour autant jouer les donneurs de leçons. Malheureusement, force est de constater que, de notre côté de la Méditerranée, on sacrifie parfois à la mode de l'analyse artificielle et de la critique hâtive. Certains oublient qu'hier ils saluaient le pouvoir en place et se faisaient décorer par lui ! (Exclamations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

Au Sénat, nous avons eu l'occasion d'aborder ce sujet en profondeur lors du débat de politique étrangère qui s'est tenu ce mardi.

Au-delà des formules toutes faites et des critiques à l'emporte-pièce, il est nécessaire de travailler dans la durée et de faire confiance au peuple tunisien, car il est bien le premier concerné. Gardons-nous de toute forme de paternalisme ou d'ingérence ! Soyons pragmatiques : ce qui importe, c'est la liberté, mais aussi la vie quotidienne des Tunisiens.

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. C'est le cadet de vos soucis !

M. Jacques Gautier. Je tiens à rappeler que la France est l'un des premiers bailleurs de fonds et partenaires économiques de la Tunisie. Nous devons poursuivre cette politique d'aide et de coopération.

Alors, monsieur le ministre chargé de la coopération, pouvez-vous préciser les actions concrètes que le Gouvernement mène et compte mener dans ces domaines ? Pouvez-vous également nous indiquer de quelle façon la France entend accompagner le peuple tunisien sur le chemin de la démocratie ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère chargé de la coopération

publiée dans le JO Sénat du 21/01/2011 - page 349

M. Henri de Raincourt, ministre auprès de la ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, chargé de la coopération. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, je tiens à remercier M. Jacques Gautier de sa question, car elle nous permet d'aborder des aspects concrets des relations entre la Tunisie et la France, qui illustrent la nature des liens existant depuis longtemps entre nos deux pays.

J'apprécie tout particulièrement l'invitation à ne pas donner de leçons, car je pense que l'humilité, en politique, est toujours bonne conseillère !

Ensuite, pour nous qui sommes des démocrates, …

M. René-Pierre Signé. Pas M. Baroin !

M. Henri de Raincourt, ministre. … sur toutes les travées de cette assemblée, nous savons que l'on ne se trompe jamais lorsque l'on dit qu'il faut faire confiance au peuple !

M. Jean-Pierre Michel. Même sur les retraites ?

M. Henri de Raincourt, ministre. Monsieur le sénateur, la France est le premier partenaire de la Tunisie en matière de développement. Ce partenariat prend diverses formes, qu'il s'agisse de l'aide directe, des interventions de l'Agence française de développement, outil fantastique pour les politiques de développement menées dans le monde entier, ou, de plus en plus souvent désormais, de l'aide accordée par l'Union européenne, parfois aussi avec d'autres pays.

Permettez-moi d'apporter, à cet égard, quelques précisions chiffrées.

Tous organismes confondus, nous avons consacré, au cours des dernières années, plus de 1,5 milliard d'euros pour financer des opérations en Tunisie dans un certain nombre de domaines.

M. René-Pierre Signé. Pour les villas de M. Ben Ali !

M. Henri de Raincourt, ministre. Nous n'avons pas versé un centime pour cela, monsieur Signé.

Je pense plutôt à l'emploi et la formation professionnelle des jeunes ou à l'appui à des petites et moyennes entreprises grâce à de nombreuses lignes de financement dédiées à ce domaine.

En matière d'accès à l'eau et à l'énergie – un impératif social majeur –, l'Agence française de développement a prêté 40 millions d'euros à la Tunisie pour financer l'arrivée de l'eau dans des zones très enclavées.

S'agissant des transports, elle a financé à hauteur de 50 millions d'euros la mise en place, à Tunis, d'une ligne de train de banlieue qui pourra transporter 350 000 voyageurs par jour.

Enfin, pour ce qui est de la formation supérieure, la France est la première destination des étudiants tunisiens. Nous en accueillons 2 500 chaque année.

Je crois donc que notre coopération bilatérale est tout à fait exemplaire. Nous sommes prêts à l'accentuer si, je le répète, les autorités constitutionnelles de la Tunisie le souhaitent, en particulier dans le domaine que nous appelons dans notre jargon la gouvernance : notre disponibilité est totale. (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)

M. Didier Boulaud. Voilà une meilleure réponse que celle de M. Baroin !