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Grand Paris

13e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0591G de M. Laurent Béteille (Essonne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2011 - page 850

M. Laurent Béteille. Ma question s'adresse à M. le ministre de la ville.

Le 26 janvier dernier, l'État et la région d'Île-de-France sont parvenus à un accord, au moins partiel, en vue de la réalisation des infrastructures de transports du Grand Paris.

Je tenais à saluer cette excellente nouvelle, qui doit beaucoup à votre implication personnelle, monsieur le ministre.

Je voudrais néanmoins faire une remarque et poser une question.

Tout d'abord, je souhaite rappeler que, conformément à l'article 2 de la loi relative au Grand Paris, il convient de procéder par priorité au renforcement des réseaux existants, en termes de sécurité, de fréquence et de ponctualité. C'était le sens de l'amendement que Christian Cambon et moi-même avions défendu.

Je me réjouis donc que la modernisation des réseaux actuels, en particulier des lignes du RER, ait été prise en compte, même si je m'interroge sur le montant des crédits réservés à cette première opération.

Ma question portera sur la desserte du plateau de Saclay.

Je partage bien sûr le souci de nombreux élus de cette région de préserver l'existence de la zone agricole, que les projets de cluster universitaire ne doivent pas remettre en cause.

J'avais d'ailleurs déposé un amendement à l'article 28 du projet de loi relatif au Grand Paris, tendant à préciser que la zone de protection devrait comporter au moins 2 300 hectares de terres consacrées à l'agriculture.

Cette exigence est pleinement compatible avec le développement du pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay, qui vise un rayonnement international, conformément aux vœux du Président de la République, et qui est une chance pour notre pays.

C'est pourquoi il est impératif que le plateau de Saclay dispose de réseaux de transports conformes à cette stratégie, ce qui suppose de pouvoir relier ce territoire à Paris en moins de trente minutes et à Roissy en moins de cinquante minutes.

Monsieur le ministre, je souhaite donc vous faire part de l'inquiétude des élus, de l'ensemble de la communauté scientifique concernée et des milieux économiques en ce qui concerne l'absence d'accord sur la desserte du plateau. Les déclarations cacophoniques des membres de la majorité régionale ne sont pas de nature à nous rassurer.

Aussi, pouvez-vous indiquer, monsieur le ministre, quelles mesures vous entendez prendre pour que ce territoire stratégique soit convenablement desservi et pour que cette desserte soit en adéquation avec les projets de développement du cluster et, plus simplement, avec la loi elle-même ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère de la ville

publiée dans le JO Sénat du 04/02/2011 - page 850

M. Maurice Leroy, ministre de la ville. Monsieur le sénateur, nous ne pouvons que nous réjouir avec vous de cet accord historique conclu avec le président de la région d'Île-de-France, M. Jean-Paul Huchon, en vue de la réalisation des infrastructures de transports.

Cette vision partagée en matière de transports a été portée à la connaissance des deux débats publics.

M. Christian Cambon. Tout à fait.

M. Maurice Leroy, ministre. Elle permettra de conjuguer les efforts de tous pour moderniser le réseau existant et réaliser au plus vite un projet de métro automatique en rocade. D'ailleurs, les Franciliens ont très largement exprimé leur soutien à ce projet tout au long des deux débats publics.

En ce qui concerne le réseau actuel, l'urgence est bien le RER, monsieur Béteille. Je vous confirme donc l'engagement de l'État, exprimé notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet, de consacrer aux lignes C et D du RER, en particulier, plus d'un milliard d'euros, auquel s'ajoutera le financement du renouvellement du matériel roulant de la ligne A.

En ce qui concerne le développement et la desserte du plateau de Saclay, nous ne sommes pas parvenus à dégager une vision commune, en effet. Je le déplore, mais cela ne compromet en rien les engagements de l'État.

Le protocole expose clairement la vision de l'État concernant Saclay et sa desserte. Nous assurerons bien une desserte de Massy, de Saclay, de Saint-Quentin-en-Yvelines et de Versailles par un métro automatique, en respectant la zone de protection naturelle agricole et forestière, comme vous l'avez souhaité, monsieur Béteille, ainsi que votre collègue Christian Cambon, lors de l'examen du projet de loi.

Le pôle scientifique de Saclay sera bien relié à Paris en trente minutes et à l'aéroport de Roissy en cinquante minutes. C'est un engagement ferme du Président de la République, du Premier ministre et du Gouvernement ; il sera tenu ! (M. René-Pierre Signé s'exclame.)

Mme Éliane Assassi. Où est l'argent ?

M. Maurice Leroy, ministre. Le développement du plateau de Saclay est une condition essentielle du renforcement de l'attractivité de notre région capitale. Vous pouvez donc compter sur ma détermination sans faille pour le mener à bien, en partenariat avec les acteurs locaux. À cet égard, je tiens à souligner devant l'assemblée qui représente les collectivités territoriales que le conseil général de l'Essonne s'est prononcé à l'unanimité en faveur de la réalisation de la desserte du plateau de Saclay. Avec son soutien et celui de l'État, ce projet devrait pouvoir être réalisé. (Applaudissements sur les travées de l'Union centriste et de l'UMP.)