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Réforme de l'enseignement artistique

13e législature

Question écrite n° 17226 de M. Yves Chastan (Ardèche - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 17/02/2011 - page 374

M. Yves Chastan attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le projet de réforme de l'enseignement supérieur artistique.

De nombreux professionnels, et notamment de l'enseignement artistique, dénoncent une réforme basée sur une architecture institutionnelle rigide impliquant la disparition des centres de formation à l'enseignement artistique, sans qu'il y ait de contrepartie possible, alors même que l'enseignement représente le premier secteur d'emploi des musiciens.

Par ailleurs, cette réforme ne tient pas compte de la nécessité, au regard de la tendance générale des pratiques musicales, d'inscrire les logiques de médiation dans l'acte artistique lui-même.

Enfin, ce projet de réforme semble donner une priorité absolue à la formation d'artistes interprètes sans prendre en compte la grande diversité des approches créatives qui existent aujourd'hui dans les manières de créer, de produire, de diffuser et de penser la musique.

Dès lors, les professionnels du secteur demandent un moratoire d'urgence concernant ce projet de réforme, une évaluation, d'une part, des actions conduites depuis trente ans et, d'autre part, des établissements existants - centre de formation des enseignants de la musique (Cefedem), centre de formation de musiciens intervenants (CFMI)...-, ainsi que le développement de recherches sur ces thèmes et enfin des conclusions qui doivent être prises dans la concertation permanente avec l'ensemble des acteurs concernés.

Il lui demande donc les mesures qu'il compte prendre pour répondre aux attentes des professionnels de ce secteur.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 25/08/2011 - page 2206

L'enseignement supérieur est, dans le domaine du spectacle vivant, depuis plusieurs années dans une phase de structuration liée à la fois aux évolutions générales de ce niveau d'enseignement, dans le contexte de la mise en place du LMD, et à la volonté des pouvoirs publics et des partenaires sociaux du secteur du spectacle de renforcer la professionnalisation de ses acteurs. Il s'agit de mieux qualifier ceux qui font le choix de ces carrières, de mieux organiser les parcours de formation, en formation initiale comme en formation continue. Chacun sait que, jusqu'alors, faute d'un premier cycle d'enseignement supérieur musical suffisamment développé et réparti sur l'ensemble du territoire, et faute de passerelles identifiées, les jeunes n'avaient souvent d'autre choix que de suivre des cursus en partie redondants insuffisamment validés. La réflexion engagée, visant l'inscription de la formation aux métiers de l'enseignement musical au sein de la structuration de l'offre d'enseignements artistiques de niveau supérieur, a aujourd'hui abouti à la refonte du cursus du diplôme d'État de professeur de musique ; diplôme qui lui-même ouvre l'accès aux concours d'assistant spécialisé d'enseignement artistique de la fonction publique territoriale, principal employeur en la matière. Cette réforme a été menée dans un esprit d'ouverture et de concertation permanente, associant étroitement les partenaires sociaux, les professionnels (directeurs de centres de formation des enseignants de la danse et de la musique (CEFEDEM) et de conservatoires, enseignants) et les collectivités territoriales. Les textes correspondants ont été élaborés dans l'objectif de construire une offre de formation adaptée aux exigences des métiers de l'enseignement artistique musical, comme à la diversité des parcours et des demandes des étudiants et notamment de leurs besoins d'insertion professionnelle. Le sens de ces travaux n'a pas été évidemment de nier la réalité de l'emploi des musiciens, en ce qu'il associe effectivement très fréquemment les métiers d'artistes et d'enseignants, encore moins d'opposer ces deux métiers complémentaires. Mais ils se sont inscrits dans le respect de la définition juridique de l'artiste, confirmée par la négociation sociale : être artiste est un métier à part entière, et non une association obligée entre activité artistique, transmission et médiation. Le projet de chacun doit, de ce point de vue, pouvoir être pris en compte et les étudiants doivent avoir la possibilité de se former aux métiers d'artiste et d'enseignant, mais aussi à l'un ou à l'autre de ces métiers. Tout doit être fait pour que ceux qui souhaitent accéder aux deux formations puissent bénéficier de cursus qui prennent en compte les composantes communes aux deux, afin d'éviter les cursus redondants. La structuration du réseau des établissements d'enseignement supérieur, qui accompagne cette clarification des cursus, vise par ailleurs à constituer, à partir d'offres de formation aujourd'hui fragmentées, des établissements d'enseignement supérieur mieux identifiés, dotés d'un plus fort rayonnement, et en capacité d'offrir des cursus diversifiés tant aux étudiants qu'aux personnes relevant de la formation continue, avec les responsabilités que leur confère une véritable procédure d'habilitation. Les missions assurées aujourd'hui par les CEFEDEM seront, par conséquent, non seulement maintenues mais élargies sous la forme de départements « pédagogie » qui disposeront de l'autonomie pédagogique, au sein d'établissements plus vastes.