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Insertion par l'activité économique

13e législature

Question écrite n° 17334 de M. Alain Fauconnier (Aveyron - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 24/02/2011 - page 454

M. Alain Fauconnier attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur les structures d'insertion par l'activité économique. Les acteurs de l'insertion par l'activité économique (entreprises d'insertion, associations intermédiaires, entreprises de travail temporaire d'insertion et ateliers et chantiers d'insertion), intervenant dans le secteur marchand (EI, ETTI, AI et GEIQ) ou dans le champ de l'utilité sociale (ACI), constatent en effet que les engagements du Grenelle de l'insertion n'ont pas été tenus : les financements de l'IAE n'ont pas été revus à la hausse ; la mise en place du contrat unique d'insertion n'a pas permis de simplifier la politique des contrats aidés. Les services de l'État ne cessent de renforcer les exigences de professionnalisation et de résultat, tandis que
les moyens accordés aux structures pour leur mission d'insertion restent largement en deçà des besoins des personnes et des territoires. La baisse des moyens de la politique de l'emploi dans le budget de l'année 2011, entraîne non seulement une baisse du nombre de contrats aidés et la poursuite de la diminution relative des moyens
d'accompagnement, mais accroît aussi significativement les différences de traitement selon les territoires. Acteurs irremplaçables des politiques publiques d'emploi, de cohésion sociale et de développement économique, ils demandent à l'État de soutenir leurs actions et de renforcer les moyens accordés à l'insertion par l'activité économique, avant qu'un grand nombre de structures d'insertion ne soient définitivement détruites. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures que le Gouvernement entend prendre afin de soutenir les structures d'insertion par l'activité économique.



Réponse du Ministère du travail, de l'emploi et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 21/04/2011 - page 1064

La réunion de l'assemblée plénière du conseil national de l'insertion par l'activité économique (CNIAE) du 13 juillet 2010 a été l'occasion pour le ministre chargé de l'emploi de rappeler la place essentielle de ce secteur pour les politiques de l'emploi. L'État y consacre des crédits budgétaires importants, qui ont été augmentés de plus de 60 % depuis 2005, notamment dans le cadre des mesures du plan de cohésion sociale, puis du plan de relance de l'économie en 2009. Pour 2011, l'État a confirmé son soutien à l'insertion par l'activité économique (IAE) prévoyant en loi de finances plus de 207 M€ de crédits pour le financement de l'aide aux postes dans les entreprises d'insertion et entreprises de travail temporaires d'insertion, le financement de l'aide à l'accompagnement dans les ateliers et chantiers d'insertion (ACI) et associations intermédiaires, le financement du fonds départemental d'insertion. Pour 2011, il a été prévu que les structures conventionnées au titre des ACI bénéficient d'un nombre de contrats aidés identique à l'année 2010 soit 65 000. Leur prescription dépendra des objectifs fixés dans les conventions annuelles et sera corrélée aux résultats en matière d'insertion durable dans l'emploi. De plus, dans la loi de finances 2011, le taux de prise en charge majoré pour les contrats aidés recrutés en ACI est actuellement le plus élevé puisqu'il peut atteindre 105 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) brut. Le Président de la République a annoncé le 10 février 2011 un abondement de l'enveloppe permettant le financement de 50 000 contrats aidés supplémentaires, en plus des 390 000 contrats prévus en loi de finances. En outre, une action de sensibilisation des conseils généraux sera engagée afin d'accroître significativement le nombre de contrats cofinancés par l'État et les conseils généraux en faveur des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Les ACI pourront bénéficier des marges de manoeuvres créées par cette relance des dispositifs d'insertion destinés aux publics les plus éloignés de l'emploi. L'aide à l'accompagnement, dont le plafond est fixé à 15 000 € par action et 45 000 € par structure porteuse, a pour objet de contribuer au financement de projet destiné à améliorer l'accompagnement global mis en place par la structure porteuse de l'ACI au profit des salariés en insertion qu'elle embauche et, in fine, d'augmenter les performances de ces structures en matière d'insertion dans l'emploi durable. La question d'un déplafonnement durable, à enveloppe constante, de cette aide, auquel il avait été procédé dans le cadre des enveloppes exceptionnelles du plan de relance, est à examiner au regard des travaux en cours relatifs à la réforme des modalités de financement des structures d'insertion par l'activité économique (SIAE). La mise en oeuvre dès 2011 d'un financement plancher à hauteur de 30 000 € pour l'ensemble des structures (plus de 800 associations intermédiaires conventionnées) signifierait une dépense nouvelle de plus de 12 M€ qui, à enveloppe constante, ne pourrait être financée que par une ponction sur les autres SIAE. Des expérimentations ont été menées sur la base d'une centaine de structures dans quatre territoires en 2010 en vue de préparer de telles aides modulables. Un bilan d'étape de cette expérimentation a eu lieu juin 2010 au terme duquel les acteurs de l'insertion par l'activité économique ont proposé la poursuite des travaux en 2011 avant une généralisation de la réforme susvisée. Des travaux se poursuivront cette même année dans le cadre du conseil national d'insertion par l'activité économique, en prenant en compte les travaux conduits sur le modèle économique des SIAE, en vue de déterminer les coûts réels de l'insertion, leurs modes de prises en charge, les productions économiques et sociales de l'IAE.