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Soutien au handball à travers le service public de France Télévisions

13 ème législature

Question orale sans débat n° 1232S de M. Thierry Repentin (Savoie - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 03/03/2011 - page 496

M. Thierry Repentin attire l'attention de Mme la ministre des sports sur l'exceptionnel parcours poursuivi, depuis deux décennies, par l'équipe de France de handball à l'occasion des plus grandes compétitions internationales que sont les championnats d'Europe, les championnats du monde et les jeux olympiques. Ces confrontations à l'échelle du continent européen et de la planète ont conforté, à travers les résultats des Barjots, des Costauds puis des Experts, la suprématie de la France, faisant l'admiration à la fois de nos concitoyens, des professionnels du monde des sports et des amateurs de toutes disciplines confondues. Le développement de cette discipline, son émergence au plus haut niveau et son maintien parmi les premières nations, reposent pour beaucoup sur l'engagement des collectivités territoriales, sur la mise en place de centres de formations dont l'excellence est un des piliers des résultats remarquables de l'équipe de France. L'attitude des joueurs eux-mêmes à l'égard des nombreuses sollicitations dont ils sont légitimement destinataires contribue à renforcer les valeurs que devraient porter plus naturellement les sports collectifs. Aujourd'hui, pour maintenir de tels résultats sportifs, mais également pour conforter l'engouement populaire qui se traduit dans l'appétit de nos concitoyens à travers la presse écrite ou télévisuelle, se pose la question de l'implication des pouvoirs publics nationaux à accompagner ce sport d'une visibilité médiatique, tout particulièrement en ce qui concerne le championnat de division 1, qui n'est pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre.

Il souhaite donc connaître l'action qui sera engagée par le Gouvernement afin d'inciter les chaînes de télévision, notamment celles issues du service public de France Télévisions, pour accroître d'une façon durable les temps d'antenne réservés à ce sport, permettant par là-même la consolidation des bases économiques des instances fédérales du handball, des clubs, mais également des collectivités locales qui se sont investies dans cette discipline. Le développement de cette dernière ne saurait être fondé sur la seule augmentation des moyens mobilisés par elle.
Plusieurs l'ont fait en dotant leurs territoires d'équipements permettant l'accueil de spectateurs dans des complexes sportifs qui font référence tels que Le Phare à Chambéry, l'Aréna à Montpellier ou un projet de même nature demain à Dunkerque.

Jamais dans l'histoire du sport en France, une discipline sportive collective n'a obtenu autant de podiums à l'échelle internationale avec aussi peu d'exposition médiatique régulière : il est temps d'en prendre conscience et de se donner les moyens de soutenir plus fortement le handball français.



Réponse du Ministère des sports

publiée dans le JO Sénat du 27/04/2011 - page 2989

M. Thierry Repentin. Madame la ministre des sports, je souhaite appeler votre attention sur l'exceptionnel parcours, depuis deux décennies, de l'équipe de France de handball, à l'occasion des plus grandes compétitions internationales que sont les championnats d'Europe, les championnats du monde et les jeux Olympiques.

Ces confrontations à l'échelle du continent européen et de la planète ont conforté, à travers les résultats de ceux que l'on a appelés les « Barjots », puis les « Costauds » et que l'on appelle désormais les « Experts », la suprématie de la France, faisant l'admiration à la fois de nos concitoyens, des professionnels du monde des sports et des amateurs de toutes disciplines confondues.

Le développement de cette discipline, son émergence au plus haut niveau et son maintien parmi les premières nations reposent pour beaucoup sur l'engagement de collectivités territoriales et sur la mise en place de centres de formation dont l'excellence est l'un des piliers des résultats remarquables de l'équipe de France.

L'attitude des joueurs eux-mêmes à l'égard des nombreuses sollicitations dont ils sont légitimement destinataires contribue à renforcer les valeurs que devraient porter plus naturellement les sports collectifs.

Aujourd'hui, pour maintenir de tels résultats sportifs, mais également pour conforter l'engouement populaire qui se traduit dans l'appétit de nos concitoyens, à travers la presse écrite ou télévisuelle, se pose la question de l'implication des pouvoirs publics nationaux à accompagner ce sport d'une réelle visibilité médiatique, tout particulièrement en ce qui concerne le championnat de première division, qui n'est pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre.

Je souhaite donc connaître l'action qui sera engagée par vous-même, madame la ministre, et par le Gouvernement afin d'inciter les chaînes de télévision, notamment celles qui sont issues du service public de France Télévisions, à accroître d'une façon durable les temps d'antenne réservés à ce sport, permettant par là même la consolidation des bases économiques des instances fédérales du handball, des clubs, mais également des collectivités locales qui se sont investies dans cette discipline. Le développement de cette dernière ne saurait être fondé sur la seule augmentation des moyens mobilisés par celles-ci.

Plusieurs l'ont fait, en dotant leurs territoires d'équipements permettant l'accueil de spectateurs dans des complexes sportifs qui font référence, tels que le Phare à Chambéry, l'Aréna à Montpellier ou un projet de même nature, demain, à Dunkerque. Autant de complexes qui permettront sans doute un jour à la France d'organiser de nouveau les championnats du monde.

Jamais, dans l'histoire du sport en France, une discipline sportive collective n'a obtenu autant de podiums à l'échelle internationale avec aussi peu d'exposition médiatique régulière dans son propre pays. Il est temps d'en prendre conscience et de se donner les moyens de soutenir plus fortement le handball français, madame la ministre.

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Chantal Jouanno, ministre des sports. Monsieur le sénateur Thierry Repentin, je partage votre constat d'un parcours tout à fait exceptionnel de cette équipe de France de handball. Cette dernière, après avoir réalisé un triplé inédit, est allée encore plus loin cette année en conquérant une nouvelle couronne mondiale. Elle laisse ainsi une trace unique dans l'histoire du sport, en particulier des sports collectifs, au-delà même des frontières de la France.

Mais au-delà des titres remportés par cette équipe, il faut effectivement souligner son état d'esprit absolument exemplaire. Ce sont des champions modèles, qui font preuve de détermination, de solidarité, je dirai même de générosité et d'une très grande humilité.

Il faut rappeler que les handballeurs sont à l'image de nombreux autres sportifs français, qui, outre leur détermination, sont tous porteurs de valeurs. Pourtant, je partage votre avis, ils sont trop peu considérés par les chaînes de télévision, tout particulièrement par le service public, qui ne leur accorde qu'une place marginale.

Ce constat dépasse très largement le cadre du handball et concerne la plupart des sports qui participent pourtant au rayonnement de la France. Cela est particulièrement vrai pour les disciplines olympiques.

Une plus grande diffusion de ces sports serait un juste retour, qu'il s'agisse, du canoë-kayak, du judo, qui brillait encore ce week-end, du cyclisme sur piste, de l'aviron ou de l'escrime, voire, si l'on allait au-delà des sports olympiques – soyons fous –, du karaté. (Sourires.)

Une diffusion plus large de tous ces sports permettrait de véhiculer des valeurs très éloignées des dérives de certains sports professionnels. Une meilleure exposition permettrait d'inciter beaucoup plus de Français à pratiquer ces sports.

Malheureusement il faut effectivement dresser le constat que la télévision publique se trouve aujourd'hui en concurrence avec des chaînes privées pour diffuser les événements les plus porteurs en termes d'audience et s'intéresse assez peu aux autres disciplines.

Le Président de la République avait rappelé, lors de son intervention du 19 février 2008, son souhait de voir la télévision publique « renoncer à la tyrannie de l'audience au quotidien ». Il avait précisé à cette occasion que la télévision publique devait se différencier de l'offre des chaînes privées.

Ce cap fixé par le Président n'a pas été suffisamment pris en compte dans le domaine du sport ; le Gouvernement va y remédier. Nous travaillons avec le ministère de la culture et de la communication pour faire évoluer le prochain contrat d'objectifs et de moyens de France Télévisions, qui doit être finalisé en 2011, pour une meilleure prise en compte de la diversité des sports.

Je sais que M. Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, a la volonté de changer les choses et de donner une vraie place aux sports aujourd'hui peu visibles. Ensemble, nous devons fixer des objectifs beaucoup plus précis pour garantir la diversité des sports. Nous devons être beaucoup plus vigilants sur le sport féminin. En effet, de très grandes sportives, comme Lucie Decosse ou Amélie Cazé, sont totalement absentes des écrans.

Nous nous pencherons également sur les conditions de diffusion. Au-delà des exigences en termes d'heures et de diversité, nous devons avoir des exigences beaucoup plus précises sur le choix de la chaîne, sur l'horaire et le format de diffusion, pour créer des conditions favorables à une adhésion plus large des téléspectateurs, parallèlement aux projets de chaînes gratuites qui apparaissent aujourd'hui.

M. le président. La parole est à M. Thierry Repentin.

M. Thierry Repentin. Madame la ministre, je veux rejoindre votre optimisme quant à l'avenir. Vous déclarez que le nouveau président Rémy Pfimlin fait preuve d'une volonté affirmée à ce sujet. Je le souhaite et j'aimerais qu'il fasse passer le message à une direction des sports, à France Télévisions, dont on se demande si elle est vraiment motivée au quotidien par la mission, qui devrait être la sienne, de diffuser plus largement les sports.

Vous le savez, madame la ministre, ces sports collectifs, comme le handball, le volley-ball, le rugby ou le basket, que l'on dit mineurs uniquement parce qu'ils sont masqués par le football, font souvent briller notre nation à l'échelle internationale.

Ces sports, qui sont une véritable école de la vie, méritent une plus grande exposition médiatique, notamment sur les chaînes de France Télévisions France 2 et France 3. Cette exposition médiatique accrue attirerait en outre des entreprises, les inciterait à conclure des partenariats avec des clubs locaux qui en ont bien besoin. C'est nécessaire si l'on veut garder sur le sol national les plus grands joueurs qui, issus de nos centres de formations, vont pourtant jouer dans des championnats plus prestigieux, en Espagne ou en Allemagne pour ce qui concerne le handball.

J'espère vraiment que M. Pfimlin fera bouger les choses. Aujourd'hui, si vous voulez suivre des compétitions de handball, vous devez être abonné non pas à une, mais à plusieurs chaînes cryptées, car l'une diffuse le championnat de France, une autre la coupe d'Europe. Cela dit, je vous remercie une nouvelle fois de votre optimisme, madame la ministre.