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Évaluation PISA

13e législature

Question écrite n° 17416 de M. Roland Courteau (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 03/03/2011 - page 502

M. Roland Courteau expose à M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative que selon l'évaluation PISA (outil statistique mesurant les acquis des élèves), la France reste dans la moyenne des pays de l'OCDE, même si elle a baissé en mathématiques. Il lui fait cependant remarquer que l'indicateur sur les élèves en difficulté se détériore. Cette enquête semble également montrer le poids de l'origine sociale dans les inégalités scolaires, alors que la France se situait dans la moyenne en 2000.
Ainsi, en dix ans, il y aurait eu un creusement des inégalités scolaires d'origine sociale.
Par ailleurs, et selon certains experts, cette enquête montrerait que « le positionnement de la France est moins bon sur les inégalités scolaires d'origine « nationale », avec des écarts importants entre autochtones et élèves issus de la première et de la seconde génération de l'immigration… ».
Il lui demande de bien vouloir lui faire connaitre son sentiment par rapport à ces indicateurs, quelles leçons il en tire, et quelles suites il entend leur donner.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 26/05/2011 - page 1391

Les résultats de l'enquête PISA 2009 indiquent une position médiane de la France au sein des pays de l'OCDE. En compréhension de l'écrit, la France se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE, avec un score de 496 points (la moyenne des pays de l'OCDE est de 493 points), mais se caractérise également par un écart significatif entre les scores des meilleurs et des moins bons élèves de 15 ans. Comme en compréhension de l'écrit, la France se situe, en culture mathématique, dans la moyenne des pays de l'OCDE, avec un score de 497 points (la moyenne des pays de l'OCDE est de 496 points). Cependant, les élèves de 15 ans ont vu en France leurs performances en culture mathématique diminuer de 14 points entre PISA 2003 (511 points) et PISA 2009 (497 points), ce qui ramène la France dans un groupe de pays dont la performance est équivalente à la moyenne de l'OCDE. Cette baisse des performances des élèves français avait été observée entre 2003 et 2006 et, depuis, une tendance à la stabilité ressort des résultats de la France en 2009. L'enquête PISA offre également des éléments pour analyser l'équité du système éducatif français par rapport à ceux des autres pays de l'OCDE. Les indicateurs tels que l'écart de score entre les élèves situés en bas de l'échelle et ceux ayant obtenu les meilleurs résultats, ainsi que le lien entre la performance des élèves et le milieu social, nous informent sur le « degré » de disparités dans différents systèmes éducatifs. Les indicateurs de dispersion des scores se sont accrus entre 2000 et 2009, et cette évolution est principalement due à la baisse des résultats des élèves les plus faibles. Une étude de la relation entre la performance des élèves et l'indice de statut économique, social et culturel permet d'observer l'effet que les caractéristiques du milieu social peuvent avoir sur les résultats des élèves. En 2009, le statut économique, social et culturel est, en France, significativement plus corrélé à la performance des élèves que dans l'ensemble des pays de l'OCDE et il explique une plus grande part de la variation des scores des élèves qu'en moyenne dans l'ensemble des pays de l'OCDE : le statut socioéconomique explique 16,7 % de la variation dans les performances ; si l'on ajoute les diverses autres caractéristiques du milieu familial, on atteint 28 %. En revanche, malgré une augmentation de l'écart de score associé à la variation de l'indice de statut économique, social et culturel, et bien que cet écart soit significatif avec la moyenne de l'OCDE en 2009, il n'y a pas eu, en France, d'évolution significative de l'influence du milieu social sur la performance des élèves entre 2000 et 2009. Les élèves issus de l'immigration représentent en France 13 % des élèves soumis aux épreuves PISA et ceux issus de la première génération s'exposent à au moins deux fois plus de risques de compter parmi les élèves peu performants. Cependant, et même si 35 % des élèves de la deuxième génération n'ont pas atteint le niveau 2 (contre 17 % pour les autochtones et 42 % pour les élèves de la première génération), la performance en compréhension de l'écrit en France s'améliore de 23 points (contre 18 en moyenne dans les pays de l'OCDE) entre les élèves issus de la première et de la seconde génération. L'interprétation de ces données doit cependant tenir compte du statut social des enfants d'immigrés. En effet, la prise en compte de ce statut ramène la différence de points de score entre élèves natifs et élèves issus de l'immigration de 61 à 30 points (respectivement 43 et 27 points pour la moyenne de l'OCDE), ce qui donne une situation de la France très similaire à celle de la moyenne de l'OCDE. De ce point de vue, nombre de pays européens, l'Autriche (37), la Belgique (41), le Danemark (36), l'Espagne (44), l'Estonie (34), la Finlande (60), la Grèce (35), l'Italie (53) et la Suède (40), pour ne prendre que ces pays, se situent moins bien que la France. Si les chiffres concernant la France soulignent de trop grandes disparités selon le statut socioculturel des familles et la situation relative à l'immigration, la politique mise en oeuvre depuis plusieurs années a pour objet de réduire ces inégalités. Il ne faut pas oublier que l'enquête PISA 2009 porte sur des collégiens entrés à l'école en 1993-1994 et qui n'ont donc pas bénéficié des nombreuses réformes engagées depuis : mise en place du socle commun, refonte des programmes du primaire, enseignement personnalisé, accompagnement éducatif, relance de la politique de l'éducation prioritaire. Les élèves qui auront bénéficié de ces réformes, qui vont dans le sens d'une réduction des inégalités, de quelque origine qu'elles proviennent, ne seront évalués dans l'enquête PISA qu'en 2018.