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Devenir de la voie technologique industrielle

13 ème législature

Question écrite n° 17490 de M. Daniel Raoul (Maine-et-Loire - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 10/03/2011 - page 579

M. Daniel Raoul attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la place accordée aux enseignements de sciences technologiques dans la prochaine réforme de la voie technologique programmée pour la rentrée 2011.
Alors que la désindustrialisation constitue l'une des menaces les plus importantes pesant sur l'économie française, l'enseignement des sciences technologiques et industrielles apparaît plus que jamais essentiel. Les emplois industriels représentent aujourd'hui 25 à 30 % de l'emploi total dans notre pays et offrent donc d'importantes opportunités d'emplois. Par ailleurs, ces filières offrent aux élèves un accès privilégié aux métiers d'ingénieurs ou de techniciens supérieurs qui constituent des voies d'insertion professionnelle importantes, notamment pour les élèves issus de milieux défavorisés.
Dans ce contexte, les voies scientifiques, avec la dominante sciences de l'ingénieur et la voie des sciences et technologies industrielles, doivent donc être particulièrement mises en valeur. La réforme de la voie technologique remettrait en cause tous les aspects qui font sa force et justifient sa place. Elle perdrait en l'occurrence sa connexion avec l'industrie, ce qui serait en totale contradiction avec sa nouvelle appellation "sciences et technologie de l'industrie et du développement durable". Le travail pratique autour de l'objet technique disparaîtrait complètement, au profit d'un élargissement, illusoire, des compétences générales des élèves, sans aucune application pratique.
Cette hiérarchie entraînerait une diminution des heures d'enseignement offertes aux élèves et ne leur permettrait pas de découvrir pleinement ces matières. Comment l'éducation nationale peut-elle remettre en cause la voie technologique industrielle, grande pourvoyeuse d'emplois et vecteur d'ascension sociale, alors que l'une des missions de l'École est de « favoriser l'insertion professionnelle » ?
En conséquence, il lui demande, dans un premier temps, le retrait de la réforme dans sa forme actuelle, puis, dans un deuxième temps, la mise en place d'un moratoire d'un an afin d'organiser l'évolution de la voie technologique et, enfin, dans un dernier temps, la mise en place d'une réforme de la filière technologique industrielle basée sur les besoins réels et évalués de la jeunesse et de la nation, menée en réelle concertation avec les instances représentatives.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 19/01/2012 - page 186

La voie technologique au lycée, « troisième voie » entre la voie professionnelle et la voie générale, constitue une caractéristique forte du système éducatif français. Dans le cadre de l'actuelle réforme du lycée, la volonté de renforcer l'identité de cette voie a été réaffirmée, de sorte que l'affaiblissement des séries « sciences et technologies », actuellement les séries STI (sciences et technologies industrielles) et STL (sciences et technologies de laboratoire), est tout à fait exclu. Bien au contraire, l'ensemble de la réforme de la classe de seconde et du cycle terminal des séries STI et STL a pour ambition de renforcer l'attractivité des formations technologiques industrielles, en s'appuyant pleinement sur les méthodes pédagogiques « inductives » ou « actives » qui différencient la voie technologique de la voie générale. Par conséquent, un nombre croissant d'élèves devraient se tourner, dans les années à venir, vers des formations industrielles modernisées qui continueront à jouer leur rôle d'ascenseur social. La réforme des séries STI et STL, qui deviennent progressivement les séries STI2D (sciences et technologies de l'industrie et du développement durable), STL (sciences et technologies de laboratoire) et STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) contribue à former des ingénieurs et des techniciens supérieurs. La modernisation des séries STI et STL a entraîné une réduction des horaires d'enseignement technologique pour des raisons pédagogiques liées aux objectifs de formation. En effet, la finalité des formations technologiques étant désormais clairement la poursuite d'études et non l'insertion professionnelle directe, les enseignements technologiques ne doivent plus laisser de place à l'apprentissage strictement professionnel, qui exigeait d'importants volumes horaires. C'est pourquoi les volumes horaires des enseignements technologiques ont légèrement diminué dans le cycle terminal. Par ailleurs, dans la nouvelle classe de seconde, les enseignements d'exploration technologiques occupent un volume horaire moins important que les précédents enseignements de détermination afin de renforcer les mécanismes d'orientation progressive. Les enseignements d'exploration n'ont pas vocation à apporter des connaissances nécessaires à la poursuite d'études en cycle terminal mais, au contraire, à faire découvrir une discipline à des élèves parfois indécis. Le nombre d'heures consacrées aux enseignements en effectifs réduits est fixé au niveau national. Toutefois, une des innovations de la réforme du lycée consiste à laisser à la liberté de l'établissement la répartition de ces heures entre les différentes disciplines. Les besoins des élèves peuvent donc être appréciés au plus près et faire l'objet d'une réponse adaptée. Le choix de plusieurs enseignements d'exploration technologiques en classe de seconde est permis, par dérogation. Afin de favoriser une meilleure connaissance des enseignements technologiques en classe de seconde, les élèves qui le souhaitent peuvent suivre un enseignement d'exploration supplémentaire à condition de choisir deux enseignements d'exploration technologiques.