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Place du sport féminin dans les médias

13e législature

Question écrite n° 17598 de Mme Marie-Agnès Labarre (Essonne - CRC-SPG)

publiée dans le JO Sénat du 10/03/2011 - page 586

Mme Marie-Agnès Labarre attire l'attention de Mme la ministre des sports sur la place du sport féminin dans les médias.
Elle s'inquiète du fait que le sport reste un outil de reproduction et d'assignation sociale du masculin et du féminin et demeure un lieu de domination masculine.
On attribue, trop souvent à tort, le football, le rugby et les arts martiaux aux jeunes hommes et la danse, la gymnastique et le patinage artistique aux jeunes femmes, ces sports symbolisant la douceur et la grâce propres au stéréotype genré féminin.
En effet, les statistiques le prouvent, aujourd'hui, en France, les footballeuses représentent à peine 2 % des licenciés de football, alors que 80 % des licenciés en gymnastique sont des femmes.
Les inégalités entre les sexes au sein du sport commencent dès le plus jeune âge ; elles concernent le genre mais aussi la pratique en général d'une activité physique selon le sexe.
Aujourd'hui, 50 % des filles qui ont entre onze et dix-huit ans pratiquent une activité physique ou sportive en dehors du cadre scolaire, contre 75 % des garçons du même âge.
Les joueuses de l'équipe de France de football féminin se sont récemment qualifiées pour la Coupe du monde 2011 en Allemagne en remportant dix matchs éliminatoires, ont marqué cinquante buts sans en encaisser aucun. Pour autant les médias n'en ont pas, ou très peu, fait état.
Créée en 1971, la même année que l'officialisation du football féminin, le Football club féminin de Juvisy, en Essonne, évolue en première division depuis près de vingt-cinq ans. Six fois championnes de France, en quart de finale de la Ligue des champions, Juvisy est régulièrement en tête de classement.
Or le football féminin est loin de jouir du même statut que son équivalent masculin, et est déprécié malgré le palmarès de l'équipe nationale. Les sports tels que les arts martiaux, le football, le basket et le rugby féminins souffrent d'une faible visibilité et entrainent donc peu de contrats publicitaires.
C'est une réalité : les médias ne s'intéressent pas aux sports qui ne rapportent pas en matière publicitaire.
Elle lui demande si, une fois de plus, les grands événements sportifs, tels que la coupe du monde de football féminin, vont être exclues des médias du service public français.

Transmise au Ministère des sports



La question a été retirée pour cause de fin de mandat.