Allez au contenu, Allez à la navigation

Avenir de la filière tabacole française

13 ème législature

Question écrite n° 17644 de M. Michel Boutant (Charente - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 17/03/2011 - page 623

M. Michel Boutant attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur la situation de la filière tabacole française.

Les producteurs de tabac se montrent particulièrement inquiets face à la réforme de la politique agricole commune. Ils craignent que l'arrêt total des soutiens communautaires sonne le glas de la filière si aucune mesure n'est prise au niveau national. Les producteurs estiment avoir besoin de 12 millions d'euros pour pouvoir continuer leur activité.

Il lui rappelle qu'il avait accueilli les représentants de la profession le 3 novembre dernier. Or, les producteurs estiment qu'aucune avancée n'a été réalisée depuis. Ils s'estiment lésés par rapport aux industriels et aux buralistes notamment.

Ils tiennent également à souligner que la disparition de leur filière en France ne diminuerait sans doute pas la consommation. En revanche, ce sont 2.500 exploitations agricoles ainsi que 10.000 emplois qui seraient menacés. Ils demandent donc à ce que soit considéré l'aspect social de ce dossier, qui dépend bien entendu de son aspect financier.

Aussi, il lui demande quelles décisions il compte prendre à court terme afin de soutenir la filière tabacole française.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 21/04/2011 - page 1027

Afin d'accompagner la filière tabac dans le contexte de diminution des aides européennes, une mission d'expertise a été confiée en mars dernier au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et de l'espace rural (CGAAER). Le rapport met en évidence le fait que l'avenir de la filière tabac en France dépend de sa capacité à se moderniser tout en maintenant un haut niveau de qualité des produits, grâce à une stratégie conjointe entre les différents acteurs de la filière. Dans les conditions actuelles du marché, malgré le découplage des aides communautaires induit par la réforme de la politique agricole commune (PAC) de 2003, l'amélioration de la productivité du secteur est possible au travers de la modernisation des exploitations et la revalorisation des prix commerciaux négociés entre les producteurs et les industriels. Ainsi, pour donner les moyens à la filière de s'adapter au découplage de l'aide tabac dans le cadre du programme de développement rural hexagonal (PDRH) et plus particulièrement au travers des mesures 121 C2 et 121 C6, les exploitants agricoles et les coopératives d'utilisation du matériel agricole en commun (CUMA) pourront bénéficier d'aides à l'investissement afin d'accroître la compétitivité des exploitations et/ou permettre leur adaptation au marché. Afin d'optimiser les fonds alloués au financement des investissements tabacoles via ces mesures 121 C6 et C2, le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire a finalisé la mise en place d'un dispositif appelé « Aide aux investissements pour les exploitations et CUMA tabacoles », financé par les régions françaises, FranceAgriMer et le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Il a été décidé de permettre aux régions d'utiliser les fonds FEADER alloués au titre de la mesure 144 (Aide à la restructuration) pour le financement de cette dernière, ainsi que pour l'ensemble des mesures du PDRH, auxquelles les tabaculteurs pourraient souhaiter émarger pour permettre une restructuration ou une reconversion. Par ailleurs, pour les entreprises qui présenteraient de réelles difficultés de trésorerie en ce début d'année 2011, M. Bruno Le Maire a demandé à FranceAgriMer d'étudier la mise en oeuvre d'une aide nationale. Au-delà, le Gouvernement examine la possibilité d'octroyer à la filière un soutien spécifique complémentaire au titre des mesures européennes dites de « soutien direct ». Le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire reste très vigilant sur le devenir de la filière tabac en lien étroit avec les représentants de la Fédération nationale des producteurs de tabac et FranceAgriMer.