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Fermetures de stations Météo-France et avenir du service public météorologique français

13e législature

Question écrite n° 17685 de Mme Maryvonne Blondin (Finistère - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 17/03/2011 - page 628

Mme Maryvonne Blondin attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement sur la fermeture de la moitié des centres départementaux de Météo-France à l'horizon 2017 et les conséquences de cette décision sur de nombreux services.

Déjà mobilisés, en décembre 2008, contre la décision de la direction de Météo-France de réduire le nombre de stations, les météorologistes constatent, aujourd'hui, que le projet de mise à mal du service public est en marche. La fermeture des stations météorologiques de proximité, au profit d'une centralisation du service dans les métropoles départementales, n'est pas acceptable lorsqu'on connaît les différences climatiques qu'il peut y avoir d'une zone géographique à l'autre. Il y a, par exemple, des écarts de deux à trois degrés de température entre la ville de Brest et celle de Quimper.

Ainsi, dans le Finistère, c'est la station météo de l'aéroport de Pluguffan qui va être transférée à l'aéroport de Brest-Guipavas. Les professionnels de cette station, qui utilisent l'appréhension visuelle de l'évolution météorologique dans 70 % des cas, seront remplacés par des capteurs reliés à l'antenne brestoise. Or, les événements météorologiques de cet hiver (neige, verglas, tempête) ont souligné l'importance vitale des centres de proximité, capables d'évaluer, en temps réel, la faisabilité des atterrissages et décollages depuis l'aéroport. C'est pourquoi le remplacement des météorologistes par des capteurs et leur délocalisation à 50 kilomètres semble tout à fait illogique et même dangereuse pour le fonctionnement de l'aéroport. Le risque encouru est donc qu'à la moindre alerte des capteurs, les avions n'atterrissent plus à Quimper et désertent, à terme, le Sud-Finistère.

Face à ce désengagement de l'État, elle lui demande comment le Gouvernement entend remplir ses missions de service public de proximité afin de garantir à tous, équitablement sur le territoire national, un service météorologique de qualité.



Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

publiée dans le JO Sénat du 16/02/2012 - page 411

Le resserrement de l'organisation territoriale de Météo-France est l'une des orientations du contrat d'objectifs et de performance signé en 2009 avec l'État par cet établissement public placé sous la tutelle du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL). Il répond aux recommandations formulées par la Cour des comptes et par les commissions des finances des deux assemblées parlementaires, comme à un objectif fixé en 2007, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Cette réorganisation vise à une optimisation de l'utilisation des moyens disponibles et à une concentration des ressources sur les enjeux majeurs de la météorologie, en prenant en compte les caractéristiques climatiques de l'ensemble des territoires de notre pays. La ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement veille tout particulièrement à ce que cette réorganisation s'effectue dans des conditions exemplaires au regard des missions de service public de Météo-France, en particulier en matière de prévision et de prévention des risques. Afin de conserver une excellence scientifique reconnue sur le plan international, la nouvelle organisation de Météo-France bénéficiera des progrès techniques accomplis en matière de modélisation numérique et d'utilisation des données d'observation, de l'acquisition de nouveaux matériels et de la mise en place de nouvelles organisations et procédures. Quant aux informations météorologiques en direction du grand public, des acteurs privés et publics concernés, elles circulent aujourd'hui essentiellement à partir de sources interrogeables à distance, kiosque téléphonique, messagerie électronique, site internet de Météo-France, voire sites dédiés, qui s'ajoutent aux médias nationaux et locaux. Tous ces progrès permettent de maintenir le niveau de qualité et de précision des prestations, mais aussi de répondre au besoin de réactivité dans les situations d'urgence. La vocation de l'établissement à fournir un appui exemplaire à la puissance publique pour l'aide à la décision et la gestion des crises ne devrait donc pas être affectée par la réorganisation en cours. Concrètement, la prévision amont, c'est-à-dire la prévision générale, sera réalisée aux niveaux national et interrégional, puis adaptée au sein de centres territoriaux, qui auront la responsabilité de deux ou trois départements. Les prévisionnistes du centre interrégional, présents 24 heures sur 24, et spécialistes d'un domaine météorologique couvrant des régions caractérisées par une bonne cohérence géographique et climatologique, assureront l'adaptation de la prévision nationale aux départements concernés, pour répondre aux besoins des divers utilisateurs, tels que la sécurité civile, les acteurs économiques et du monde agricole, les organes d'information ou encore les organisateurs de manifestations culturelles, mais également des partenaires de Météo-France (EDF, SNCF, etc.). Pour la Bretagne, les prévisionnistes du centre interrégional de Rennes (Ille-et-Vilaine) adapteront à l'ensemble de la région Ouest la prévision nationale élaborée à Toulouse (Haute-Garonne). Dans le cadre d'une meilleure gestion des moyens de Météo-France, il a été décidé de fermer la station aéronautique de Quimper et le centre départemental de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) en 2012, la prévision pour les départements des Côtes-d'Armor et du Finistère, leurs populations et leurs autorités étant prise en charge par le centre météorologique territorial situé à Brest (Finistère). Le centre territorial de Brest assurera également le suivi de la plate-forme aéronautique de Quimper-Cornouaille, anciennement appelée Quimper-Pluguffan. La réorganisation de l'assistance météorologique à cette plate-forme met en œuvre les évolutions engagées dans le cadre du Ciel Unique Européen, pour disposer d'un service efficace et au meilleur coût. L'ensemble des outils disponibles pour la supervision à distance des aéroports rend cette réorganisation possible sans réduction de la précision des prévisions et sans inconvénient pour la sécurité des plates-formes, le niveau de service sur chacune d'entre elles étant défini en fonction des prescriptions réglementaires et de la nature de son activité. Météo-France assurera ainsi, conformément aux règlements en vigueur, la supervision de l'aéroport depuis un centre de rattachement spécialisé situé à Brest et en charge de cette mission pour plusieurs aéroports. La fermeture de la station météorologique de Quimper est d'ailleurs préparée en étroite liaison avec la direction générale de l'aviation civile, afin de garantir la continuité des prestations offertes, sans dégradation de leur qualité.