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Dégradation continue des liaisons TGV entre la Bretagne et Paris

13e législature

Question écrite n° 17960 de M. Jacky Le Menn (Ille-et-Vilaine - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 07/04/2011 - page 845

M. Jacky Le Menn attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement sur la dégradation continue des liaisons TGV entre la Bretagne et Paris.
Les trains à grande vitesse qui relient plusieurs fois par jour Rennes et Paris connaissent, à intervalles de plus en plus fréquents, pannes et difficultés de tous ordres, dont la presse s'est d'ailleurs largement fait l'écho. Ces incidents se sont brutalement multipliés ces derniers jours, semant la perturbation parmi les usagers.
Le vendredi 18 mars, la chute d'un caténaire a entrainé des retards de une à deux heures et, depuis le 21 mars, les pannes sont quotidiennes : rail cassé, ennuis mécaniques sur une machine, passages à niveau en panne et à nouveau caténaires problématiques.
Les conséquences de cette situation sont de deux ordres : d'abord, une grande désorganisation pour les usagers, des horaires de travail chamboulés, des rendez-vous reportés, des correspondances manquées avec les transports aériens, des trains qui partent avec la moitié de leurs passagers laissant de nombreux voyageurs dans le désarroi ; ensuite, des conditions de travail très difficiles pour les agents de la SNCF astreints au devoir de réserve, mais qui mesurent aussi les effets délétères de la réduction des moyens qui frappe les activités de maintenance.
Dans ces conditions il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles demandes fermes elle compte adresser à RFF pour que soient prises les mesures de maintenance nécessaires à la maitrise de cette situation très dégradée, et à la SNCF afin qu'elle assure une meilleure prise en charge de sa clientèle entre Paris et la Bretagne.



Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

publiée dans le JO Sénat du 01/03/2012 - page 574

La ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et la Bretagne a connu des perturbations liées à l'incident de caténaire survenu le 18 mars 2011. L'emplacement de l'incident, sous un pont-route à hauteur de Dangeau sur la LGV, a compliqué l'intervention car il représente un point de passage pour l'ensemble des circulations TGV Atlantique et il est éloigné de la prochaine voie d'évitement, ce qui rend plus difficile l'organisation du transbordement. Suite à cet incident, des investigations ont été immédiatement menées sur tous les sites de même configuration et Réseau ferré de France (RFF) a décidé de changer, à titre préventif, le fil caténaire sur 14 sites comparables à celui de Dangeau. Il convient cependant de noter que le nombre d'incidents caténaires sur la LGV Atlantique a sensiblement et régulièrement diminué depuis la mise en service de la ligne, passant d'une moyenne d'une trentaine par an dans les années 1990 à une quinzaine au début des années 2000. Ce nombre s'est, depuis 2005, stabilisé autour de 5 à 10 par an. Toutes les causes liées à l'infrastructure et « maîtrisables » ont fait l'objet de plans d'action qui ont permis d'obtenir ce résultat. Les autres causes, disjonctions liées à la présence d'animaux à proximité de la caténaire ou vandalisme (tir de fusil dans les isolateurs, ...), sont plus difficiles à maîtriser. Même s'ils ne constituent pas la cause principale, les travaux sont également une des causes d'irrégularité de la ligne, sur laquelle RFF a engagé depuis plusieurs années des travaux de renouvellement de l'infrastructure afin d'améliorer la qualité de service. Ainsi par exemple, 532 kilomètres de fil caténaire ont été renouvelés sur le réseau, à titre préventif, en 2010. Ce programme est conduit en s'attachant à perturber le moins possible les circulations commerciales grâce à diverses mesures d'organisation que RFF a prises avec la SNCF telle que la concentration des travaux sur des plages horaires bien définies et positionnées de nuit sur les axes les plus chargés. Toutefois les limitations de vitesse ou les décalages de l'offre peuvent, par effet de réseau, provoquer des ralentissements du trafic. En mars et avril 2011, une douzaine de chantiers d'investissement ont été mis en œuvre sur la LGV Atlantique et les lignes adjacentes, à Poitiers, entre Le Mans et Conneré, sur la LGV elle-même (à Vendôme en mars et sur le tronc commun d'avril à mi-août), mais aussi en Bretagne (sur quasiment toutes les lignes parcourues par TGV) et entre Tours et Bordeaux pour ne citer que les principaux. Les TGV Atlantique convergeant tous sur le tronc commun de la LGV, les interactions sont au final très fortes entre tous ces chantiers même distants de plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres. Enfin la desserte TGV Paris - Le Mans fait l'objet d'un suivi attentif dans le cadre de la démarche engagée en janvier 2011 par la SNCF pour améliorer la qualité et la régularité du service offert sur douze lignes identifiées comme sensibles. Cette démarche, menée par la SNCF en partenariat avec Réseau ferré de France, les autorités organisatrices et les associations de consommateurs, se décline sous forme de projets de service spécifiques à chacune de ces lignes. Pour la ligne TGV Paris - Le Mans, une cinquantaine d'actions ont été identifiées dont la plupart concernent les opérations réalisées dans les gares alors que les autres sont en lien avec l'infrastructure, les sillons et les travaux. Les effets de ces différentes actions sur la régularité du service, qui bénéficieront à l'ensemble de l'axe, feront l'objet d'un suivi régulier au cours des prochains semestres.