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Modalités d'attribution du bénéfice de la campagne double aux anciens combattants d'Afrique du Nord

13 ème législature

Question écrite n° 17987 de M. Serge Andreoni (Bouches-du-Rhône - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 07/04/2011 - page 845

M. Serge Andreoni attire l'attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur le décret n° 2010-890 du 29 juillet 2010 portant attribution de la campagne double aux anciens combattants d'Afrique du Nord, titulaires d'une pension d'État, qui soulève une grande indignation parmi les anciens combattants d'Afrique du Nord. En effet, dans son article 3, ce décret prévoit que seuls les anciens combattants dont les pensions ont été liquidées à partir du 19 octobre 1999 (date d'entrée en vigueur de la loi n°99-882 du 18 octobre 1999 reconnaissant la guerre d'Algérie), peuvent en bénéficier. Cette disposition a pour effet d'exclure la quasi-totalité des anciens combattants d'AFN, ceux-ci ayant, pour la plupart, obtenu le bénéfice de leur pension avant cette date. Il souligne que cette exclusion concerne aussi bien les personnes relevant du régime des pensions civiles que militaires de l'État, mais également des collectivités locales et de la fonction hospitalière, ou encore par exemple de la SNCF, de la RATP, d'EDF-GDF etc. Les anciens combattants d'Afrique du Nord voient dans cette mesure restrictive un manque de reconnaissance flagrant de la Nation, ainsi qu'une grande contradiction avec l'esprit de la loi du 18 octobre 1999, laquelle précise que les anciens combattants d'AFN doivent être traités dans les mêmes conditions que les anciens combattants des deux conflits mondiaux. Aussi, il lui demande de revoir le décret du 29 juillet 2010 et de prendre les mesures nécessaires afin que la campagne double soit attribuée à tous les fonctionnaires anciens combattants d'Afrique du Nord.



Réponse du Ministère de la défense et des anciens combattants

publiée dans le JO Sénat du 16/06/2011 - page 1590

Les bénéfices de campagne constituent une bonification d'ancienneté prévue par le code des pensions civiles et militaires de retraite. Ce sont des avantages particuliers accordés aux militaires, et sous certaines conditions aux fonctionnaires civils. L'attribution de la campagne double signifie que chaque jour de service effectué par le militaire est compté pour trois jours dans le calcul de sa pension. La loi du 18 octobre 1999 a substitué à l'expression « aux opérations effectuées en Afrique du Nord » l'expression « à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc », qualifiant le conflit en Algérie de « guerre ». Elle a ainsi créé une situation juridique nouvelle. Il en a découlé que les personnes exposées à des situations de combat au cours de la guerre d'Algérie étaient susceptibles de bénéficier de la campagne double. Cela a été confirmé par le Conseil d'État dans sa décision du 17 mars 2010. Le décret n° 2010-890 du 29 juillet 2010 portant attribution du bénéfice de la campagne double aux anciens combattants d'Afrique du Nord accorde ce droit aux militaires d'active et aux appelés pour toute journée durant laquelle ils ont pris part à une action de feu ou de combat ou ont subi le feu et s'applique aux fonctionnaires et assimilés dont les pensions de retraite ont été liquidées à compter du 19 octobre 1999, date d'entrée en vigueur de la loi. Ces pensions sont révisées à compter de la demande des intéressés déposée postérieurement à la date d'entrée en vigueur du décret du 29 juillet 2010, auprès des services de l'administration qui a procédé à la liquidation de la pension de retraite. Elles n'ouvrent droit à aucun intérêt de retard. Cette mesure ne peut s'appliquer aux pensions liquidées antérieurement au 19 octobre 1999, puisque ce n'est qu'à compter de cette date qu'a été reconnu officiellement l'état de guerre en Algérie, qui seul permet l'attribution de la campagne double. Le Gouvernement a décidé que le décret du 29 juillet 2010 serait applicable à compter du 19 octobre 1999, ce qui donne toute son effectivité à la loi du 18 octobre 1999 dans le respect du principe de non-rétroactivité des lois. Il ne peut réglementairement aller plus loin.