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Suppression de l'AFDEF

13e législature

Question écrite n° 18126 de M. Yannick Botrel (Côtes-d'Armor - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 14/04/2011 - page 924

M. Yannick Botrel attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur la suppression l'allocation en faveur des demandeurs d'emploi en formation (AFDEF).

L'AFDEF prenait le relais, le cas échéant, de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) pour des demandeurs d'emploi en formation, et ce jusqu'à l'achèvement de leur formation, dans la limite de trois années d'indemnisation chômage plus AFDEF.

La loi de finances pour 2011 a cependant supprimé ce dispositif. Cette mesure aura de graves conséquences sur le tissu de l'emploi et sur le secteur de la formation professionnelle en général. Cela d'autant que l'insertion professionnelle des personnes ayant bénéficié de ces dispositifs devrait témoigner en faveur de son maintien.

Il s'agit d'engagements longs puisque la formation s'étale sur trois ans, permettant d'acquérir une qualification pour accéder à un emploi. Sans revenus, les allocataires ne pourront achever une formation qualifiante et n'auront pas les mêmes facilités pour retrouver un emploi.

Dans le contexte économique actuel, l'importance d'un tel dispositif est essentielle pour l'avenir de l'emploi. Il lui demande donc quelles dispositions et quels moyens financiers il compte mettre en œuvre pour poursuivre l'action engagée par l'AFDEF.



Réponse du Ministère du travail, de l'emploi et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 07/07/2011 - page 1821

Le ministre du travail, de l'emploi et de la santé a pris connaissance avec intérêt de la question relative à l'allocation en faveur des demandeurs d'emploi en formation (AFDEF). Le Gouvernement reste conscient des difficultés auxquelles peuvent être confrontés certains demandeurs d'emploi en formation. C'est la raison pour laquelle des efforts ont été accomplis pour améliorer les dispositifs qui leur sont destinés. En effet, les formations sont un passeport pour l'emploi. Ainsi, selon une enquête récente, six mois après leur sortie de formation payée par Pôle emploi, 60 % des bénéficiaires sont en situation d'emploi. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement a proposé aux partenaires sociaux de s'inspirer du mécanisme de l'AFDEF pour mettre en place la rémunération de fin de formation (RFF), un dispositif dédié aux demandeurs d'emploi non indemnisés. Cette mesure adoptée lors du conseil d'administration de Pôle emploi du 11 avril 2011 et validée le 12 mai 2011 par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) s'adresse aux demandeurs d'emploi auxquels une formation est prescrite par Pôle emploi en 2011 et dont la durée d'indemnisation au titre de l'aide au retour à l'emploi (ARE), de l'allocation spécifique de reclassement (ASR) ou de l'allocation de transition professionnelle (ATP) ne permet pas de couvrir la totalité de la période de formation prescrite dans le cadre d'un projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE). La RFF aura donc un effet rétroactif au bénéfice des demandeurs d'emploi auxquels une réponse favorable n'a pu être apportée en début d'année 2011. Pour bénéficier de ce dispositif, les demandeurs d'emploi devront s'engager à suivre une formation qualifiante leur permettant ainsi d'accéder plus rapidement à un emploi. Les formations éligibles à la RFF devront en outre permettre aux demandeurs d'emploi d'accéder à un emploi d'un secteur en tension, c'est-à-dire un secteur d'activité pour lequel des difficultés de recrutement sont clairement identifiées, au niveau local, à partir des statistiques publiques. Le montant de cette aide est égal au dernier montant journalier de l'ARE-formation, de l'ASR ou de l'ATP perçu par l'intéressé à la date d'expiration de ses droits à cette allocation sans pouvoir excéder 652,02 € par mois. En outre, l'aide est cumulable avec les rémunérations issues d'une activité professionnelle compatible avec le suivi de la formation. Ce nouveau dispositif conventionnel, d'un coût total de 160 M€ cofinancé à parité par l'État et le FPSPP, pourra concerner 30 000 personnes cette année.