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Utilisation des produits phytosanitaires par les particuliers

13e législature

Question écrite n° 18281 de M. Philippe Paul (Finistère - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 21/04/2011 - page 998

M. Philippe Paul attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement sur l'utilisation des produits phytosanitaires par les particuliers.
L'axe 7 du plan Ecophyto 2018, intitulé « Réduire et sécuriser l'usage des produits phytopharmaceutiques en zone non agricole », prévoit différentes mesures destinées, notamment, à « sécuriser l'utilisation des pesticides par les amateurs ».
Il la remercie de lui faire connaître l'état de mise en œuvre de ces mesures et les actions complémentaires pouvant être proposées à destination du grand public afin de réduire le recours à ces produits et de contribuer ainsi à la nécessaire préservation de l'environnement.



Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

publiée dans le JO Sénat du 25/08/2011 - page 2211

L'utilisation des produits phytopharmaceutiques a des impacts potentiels importants sur la santé humaine (exposition directe des opérateurs et des riverains et exposition indirecte des populations via la consommation d'eau et les résidus dans l'alimentation) et sur l'environnement (contamination des eaux superficielles et souterraines, diminution de la biodiversité, diminution de la population d'abeilles). L'enjeu de l'utilisation durable de ces produits peut être atteint en combinant, d'une part, un encadrement de la mise sur le marché et des conditions d'emploi des produits et, d'autre part, la réduction progressive du recours aux produits phytopharmaceutiques. La mise sur le marché des produits est encadrée par une directive communautaire (directive 91/414/CE), qui prévoit que seuls sont autorisés des produits disposant d'une autorisation de mise sur le marché. Pour qu'une autorisation nationale soit accordée à un produit, les substances actives qu'il contient doivent figurer sur la liste des substances autorisées au niveau communautaire. Pour chaque substance, l'efficacité, d'une part, et les risques, d'autre part, doivent avoir été évalués avant que la substance soit inscrite ou non sur cette liste. La mise en place de cette procédure communautaire d'évaluation des substances actives a conduit à ce que sur les mille substances qui étaient utilisées avant 1991 seules 350 soient aujourd'hui autorisées. De plus, en France, l'utilisation des produits phytopharmaceutiques est réglementée par l'arrêté du 12 septembre 2006 qui instaure des mesures d'encadrement de l'utilisation des produits phytosanitaires. Il impose notamment que tous les moyens appropriés soient mis en oeuvre pour éviter l'entraînement des brouillards de pulvérisation hors des parcelles traitées et interdit les épandages dès que la vitesse du vent dépasse le niveau 3 sur l'échelle de Beaufort. Pour ce qui est de la réduction du recours aux pesticides, à l'issue du Grenelle de l'environnement, un objectif de réduction générale de l'utilisation des pesticides a été fixé et des mesures particulières de retrait et de réduction d'usages des produits contenant les substances les plus préoccupantes ont été programmées. Une première vague de retrait des produits contenant les trente substances les plus préoccupantes a été réalisée en avril 2008 par le ministère de l'alimentation, de l'agriculture, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire. Une seconde phase de retrait des produits contenant neuf autres substances actives a été réalisée le 30 décembre 2010. Dans un troisième temps, treize autres substances doivent faire l'objet d'une réduction par deux de leur utilisation d'ici à 2013. Quant à l'objectif de réduction générale de l'utilisation des pesticides, il se traduit par le plan « Ecophyto 2018 », mis en place en France en 2008. Son but principal est de réduire de 50 % l'utilisation des pesticides d'ici à 2018, si possible. Le plan Ecophyto 2018 a été construit par un groupe d'experts issus de toutes les parties prenantes, administrations, organisations non gouvernementales, professionnels, instituts techniques, représentants de la recherche ou de l'évaluation. Il se décline en huit axes. Il répond à la directive européenne d'utilisation durable des pesticides publiée en novembre 2009, qui prévoit que chaque État membre doit mettre en place un plan d'action visant à réduire le recours aux pesticides. Sa mise en oeuvre a débuté depuis une année au niveau national et dans chaque région. Des actions de terrain sont d'ores et déjà mises en place. Un réseau de fermes de démonstration des bonnes pratiques et de collecte de référence est opérationnel sur près de deux cents exploitations et sera prochainement déployé sur mille fermes engagées dans une demande de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. Le dispositif d'épidémiosurveillance fonctionne au travers des bulletins de santé du végétal permettant aux utilisateurs de raisonner les traitements en fonction de l'arrivée des ravageurs. Près de 130 000 certificats « certiphyto », issus de l'expérimentation qui prépare la mise en oeuvre au niveau national de la certification, des utilisateurs des distributeurs et des conseillers, ont déjà été délivrés. Pilotées par les services du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL), les actions en zones non agricoles sont bien avancées. Les accords-cadres entre partenaires volontaires ont été signés et des plates-formes techniques d'échanges sont créées. Un arrêté a été publié le 27 juin 2011 proscrivant l'utilisation des préparations phytopharmaceutiques les plus dangereuses dans les lieux publics. En conclusion, il existe ainsi tout un ensemble de mesures d'encadrement, d'information et de recherche-développement, qui visent à limiter l'utilisation des pesticides afin que l'enjeu de l'utilisation durable de ces produits soit progressivement atteint d'ici à 2018. L'ensemble de ces mesures permet de limiter l'exposition des riverains aux pesticides.