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Provocations à l'encontre des religions

13 ème législature

Question écrite n° 18379 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 05/05/2011 - page 1133

M. Jean Louis Masson attire l'attention de M. le Premier ministre sur le fait que le musée d'art contemporain d'Avignon a exposé une oeuvre d'un pseudo-artiste, représentant un crucifix plongé dans un verre d'urine. Il lui demande s'il est concevable que, face à une telle indignité, l'État continue à subventionner massivement la collection Lambert qui est le support de cette opération. Par ailleurs, des poursuites pénales ont été engagées récemment contre une personne qui s'était livrée à des actes de déprédation sur un Coran. Il est donc très surprenant qu'il y ait ainsi deux poids deux mesures, car un crucifix est tout aussi sacré pour un chrétien que le Coran pour un musulman. Il souhaiterait savoir s'il ne serait pas temps que les pouvoirs publics définissent une politique cohérente consistant à respecter sur un pied d'égalité toutes les religions, et donc à sanctionner tout acte de provocation à l'encontre des croyances des uns ou des autres.

Transmise au Ministère de la culture et de la communication



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 07/07/2011 - page 1793

L'oeuvre d'Andres Serrano intitulée « Immersion Piss Christ » a été présentée dans le cadre de l'exposition « Je crois aux miracles » ouverte au public à la collection Lambert en Avignon du 11 décembre 2010 au 8 mai 2011. Cette oeuvre, qui date de 1997, a été montrée à de nombreuses occasions dans différents musées et centres culturels à travers le monde et l'artiste s'est exprimé publiquement sur la signification de son travail. La collection Lambert en Avignon est un centre d'art inauguré en juillet 2000 qui accueille annuellement plus de 30 000 visiteurs dont 3 500 scolaires. Son initiateur, le galeriste Yvon Lambert, a négocié avec la ville d'Avignon le dépôt de sa prestigieuse collection pour une durée de vingts ans. Le centre d'art, géré sous forme d'association de droit privé, est financé par l'ensemble des collectivités publiques : la ville d'Avignon contribue pour 33,5 % de son budget, l'État pour 30 %, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour 16 %, le solde étant assumé grâce à des ressources propres. Il est également à signaler que l'hôtel particulier qui abrite la collection Lambert appartient au conseil général de Vaucluse. La programmation artistique d'un tel établissement ne relève que de la responsabilité de son directeur. Le ministère de la culture et de la communication, attaché à la liberté de création des artistes, ne peut intervenir dans les choix artistiques dès lors que les conditions légales de monstration des oeuvres sont remplies.