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Possibilités financières de départ en vacances des ménages français

13 ème législature

Question écrite n° 18497 de Mme Odette Terrade (Val-de-Marne - CRC-SPG)

publiée dans le JO Sénat du 12/05/2011 - page 1231

Mme Odette Terrade attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation sur les possibilités financières de départ en vacances des ménages français. En effet, selon une étude du cabinet Protourisme, un tiers des Français pensent ne pas pouvoir partir en vacances cette année. Près de 3 millions de personnes parties en vacances l'année dernière resteraient chez elles en 2011. La corrélation entre pouvoir d'achat réduit et vacances est forte puisque l'étude révèlerait que les personnes les plus touchées sont les plus fragiles économiquement : les demandeurs d'emplois, les foyers monoparentaux, les mères de familles isolées, les salariés précaires ou en CDD. Les retraités ne seraient pas épargnés non plus par cette restriction du budget consacré aux vacances. L'étude révèlerait qu'ils seraient de plus en plus nombreux à renoncer à partir faute de moyens suffisants alors qu'ils étaient les "moteurs du tourisme depuis une dizaine d'années". Les vacances sont à l'image de notre société en reflétant ses inégalités sociales. Toujours selon les conclusions de l'étude, les personnes les plus aisées qui peuvent se permettre de partir voyageraient plus souvent : 2,2 départs en moyenne sur l'année contre 1,7 en 2009. Ainsi, seuls 20 % de nos concitoyens compteraient aujourd'hui pour 70 % des dépenses de tourisme. De plus, le départ en vacances des enfants est de fait corollaire à celui des parents et, malgré les actions menées par certaines associations comme le Secours populaire, le nombre "des oubliés des vacances" ne cesse d'augmenter. Le Secours populaire qui propose chaque année des séjours à ceux dont les moyens sont faibles a d'ailleurs vu récemment son public s'élargir avec l'arrivée de nouvelles catégories sociales épargnées jusqu'à présent. Les petits commerçants ou les artisans commenceraient eux aussi à être touchés "par le raz-de-marée de la misère" selon les propos du Président de l'association. Dans une société qui valorise le départ en vacances comme un modèle de réussite sociale, ne pas partir en vacances est ressenti comme une inégalité et une injustice majeure. C'est pourquoi elle lui demande les dispositifs qu'il pense mettre en place afin de développer le tourisme social, permettre à toutes les familles de partir en vacances et gommer ainsi une certaine forme d'iniquité sociale.



La question a été retirée pour cause de fin de mandat.