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Difficultés et désespoir des agriculteurs

13 ème législature

Question écrite n° 18732 de Mme Évelyne Didier (Meurthe-et-Moselle - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 26/05/2011 - page 1351

Mme Évelyne Didier attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire sur la situation d'extrême précarité que connaissent certains agriculteurs et sur le désespoir qui les entraîne à commettre l'irréparable : le suicide. En effet, confrontés à de nombreuses difficultés comme, rappelons-le, des conditions de travail très difficiles avec peu de jour de repos et une situation financière délicate, les agriculteurs se sentent seuls face à leurs problèmes et un fossé se creuse entre leur lieu de travail où ils souffrent moralement et le monde qui les entoure. Selon une étude réalisée par l'Institut de veille sanitaire (INVS), publiée en 2010, le taux de suicide chez les exploitants agricoles est trois fois plus élevé que chez les cadres. Il est temps de lutter contre ce fléau, de soutenir les agriculteurs dans leur détresse et de mettre rapidement en place des systèmes de prévention. Elle souhaiterait donc connaître les intentions du Gouvernement en la matière et notamment le calendrier de mise en place du plan de prévention du suicide dans le monde agricole annoncé en avril dernier.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire

publiée dans le JO Sénat du 11/08/2011 - page 2097

Les causes de suicide sont le plus souvent multiples, sociales, économiques, professionnelles et individuelles. Elles peuvent et doivent être traitées. Le Gouvernement s'y emploie. C'est dans ce but qu'il s'attache à apporter à nos agriculteurs des réponses concrètes, à leur ouvrir des perspectives de long terme et à défendre un modèle d'agriculture à la fois protecteur, stable et régulé. Cependant, au-delà des causes professionnelles et économiques, il importe également de traiter les autres facteurs de fragilité. C'est pourquoi le ministre chargé de l'agriculture a annoncé en mars dernier, à Rennes, un plan de prévention du suicide dans le monde agricole, dont la mise en oeuvre est confiée à la Mutualité sociale agricole (MSA) et qui s'intégrera dans le programme national d'actions contre le suicide que présentera prochainement la secrétaire d'État chargée de la santé, Mme Nora Berra. Il comporte trois axes : mieux connaître la réalité du suicide dans le monde agricole - le protocole d'accord entre la MSA et l'InVS afin d'établir des données fiables sur le suicide des agriculteurs est en cours de validation, et un premier rapport est attendu à la fin de l'année 2011 ; mettre en place des dispositifs d'écoute pour les agriculteurs en situation de détresse - à cette fin, les réseaux d'aide à distance spécialisés ont été sensibilisés et sollicités pour renforcer le partenariat avec la MSA. Les modalités de ce partenariat seront adoptées en septembre prochain ; créer des cellules de prévention dans chaque caisse de MSA pour repérer les agriculteurs en difficulté - ces cellules pluridisciplinaires regrouperont des médecins du travail, des assistantes sociales, des conseillers en prévention des risques professionnels, des psychologues et des élus de la MSA. Le déploiement de ces cellules au sein de chaque caisse de MSA est prévu au cours du dernier trimestre 2011.