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Journée unique du souvenir

13e législature

Question écrite n° 18877 de Mme Nicole Bonnefoy (Charente - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 09/06/2011 - page 1522

Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur les inquiétudes des associations d'anciens combattants de voir ressurgir le projet d'instaurer une journée unique du souvenir des morts pour la France, le 11 novembre.

Cette proposition de journée unique émane du rapport Kapsi, paru en 2008, qui recommandait d'instaurer une unique date de commémoration pour « les morts du passé et du présent » afin de « combattre l'inflation commémorative ». À l'époque, cette proposition avait suscité l'émoi de la majorité des associations d'anciens combattants et n'avait donc trouvé aucune issue.

Or, il apparaît que ce projet refait surface, suscitant de nouveau de nombreuses inquiétudes.

Elle tient à préciser que les associations d'anciens combattants sont très légitimement attachées à l'ensemble des dates commémoratives qui font partie intégrante de notre histoire et qui, tout en participant au devoir de mémoire, représentent un repère pour les jeunes générations.

Elle souhaiterait donc connaître ses intentions si ce projet de journée unique venait à se préciser.

Transmise au Secrétariat d'État auprès du ministre de la défense et des anciens combattants



Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de la défense et des anciens combattants

publiée dans le JO Sénat du 11/08/2011 - page 2112

Conscient du risque de désaffection croissante à l'égard des commémorations nationales, le Gouvernement a créé en décembre 2007 une commission de réflexion présidée par le professeur André Kaspi. Cette commission a rendu ses conclusions au Gouvernement le 12 novembre 2008. Elle a mis en lumière des enjeux importants, parmi lesquels la nécessaire pérennisation de la participation du public aux commémorations et le défi de la transmission aux jeunes générations des valeurs sous-jacentes à ces rassemblements mémoriels. Le Gouvernement a en revanche écarté l'idée d'une hiérarchisation des commémorations nationales, prélude à la disparition d'un certain nombre d'entre elles. Il a de même refusé de supprimer certaines journées nationales. En effet, s'il apparaît nécessaire de veiller à éviter la multiplication de journées, la persistance de certaines sensibilités mémorielles doit également être prise en compte. C'est également au nom de ce même devoir de mémoire que le secrétaire d'État auprès du ministre de la défense et des anciens combattants s'est exprimé en faveur de la reconnaissance de la journée du 11 novembre en tant que journée nationale de la mémoire et du souvenir pour tous les « morts pour la France » de tous les conflits.