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Frein à l'enseignement franco-chinois

13e législature

Question écrite n° 19164 de M. Jean Besson (Drôme - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 23/06/2011 - page 1625

M. Jean Besson attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur l'annonce par son ministère de la fermeture des concours du CAPES externe ainsi que de deux agrégations de chinois pour la rentrée scolaire 2011-2012.

Cette mesure prise sans concertation porte atteinte au rayonnement de cette discipline de plus en plus demandée au collège et au lycée : en effet 23 985 collégiens et lycéens étudiaient le mandarin en 2008, 25 506 en 2009 et 29 207 à la rentrée 2010.

À plus large échelle, cette décision, si elle se confirme, aura un impact non négligeable sur les relations France - Chine, tout particulièrement dans ce contexte d'années croisées linguistiques France - Chine qui commenceront en septembre 2011.

En conséquence, notamment en tant que président du groupe d'amitié France - Chine, il souhaite savoir si le Gouvernement compte revenir sur une décision qui va à l'encontre du sens de l'histoire. Il souhaite par ailleurs être informé de la politique du Gouvernement en matière d'apprentissage et de promotion de la langue chinoise en France.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 19/01/2012 - page 191

Les contraintes qui s'exercent sur le budget de l'État nécessitent de faire preuve de responsabilité dans le recrutement des enseignants afin de répondre à la fois à l'ambition de la Nation pour son école et à la maîtrise de la dépense publique. Ainsi le recrutement des personnels enseignants du second degré s'effectue-t-il dans le cadre de concours nationaux dont les volumes sont déterminés annuellement dans le respect des emplois votés en loi de finances, en tenant compte de plusieurs paramètres dont le nombre de départs en retraite, les prévisions d'effectifs d'élèves et les éventuelles évolutions pédagogiques. Les choix concernant les concours de recrutement de professeurs de chinois ne constituent donc en rien une mesure de défiance à l'égard de cette langue dont l'enseignement se développe au sein de nos collèges et de nos lycées depuis une dizaine d'années. Cependant il apparait que les recteurs d'académie ont connu, l'an passé, des difficultés pour affecter les lauréats des concours externes de langue chinoise. Pour la session 2012, le ministère a néanmoins souhaité ouvrir le CAPES interne de chinois. 12 postes y sont ainsi proposés. Ce concours mieux doté que les années précédentes va permettre de répondre à la demande croissante d'enseignement de la langue chinoise. Ce choix a également une dimension sociale, puisque ce CAPES interne va ouvrir des perspectives de titularisation à celles et ceux qui enseignent dès à présent le chinois à nos élèves, dans le cadre de contrats à durée déterminée. Le ministère aura par ailleurs à cœur de prendre toute sa part dans l'organisation et la promotion de l'Année linguistique croisée franco-chinoise. Enfin, pour la session 2013, les besoins de recrutement seront réexaminés, de manière à assurer la meilleure adéquation possible entre les recrutements et les besoins d'enseignement.