Allez au contenu, Allez à la navigation

Projet d'éclatement de l'Institut de l'information scientifique et technique implanté à Nancy

13e législature

Question écrite n° 19269 de Mme Évelyne Didier (Meurthe-et-Moselle - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 30/06/2011 - page 1693

Mme Évelyne Didier attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les inquiétudes des personnels de l'Institut de l'information scientifique et technique (INIST-CNRS).

Implanté à Nancy, l'INIST, première bibliothèque scientifique de France, et dépendant du CNRS emploie 300 personnes. Depuis plusieurs mois, les organisations syndicales craignent un démantèlement de l'Institut et dénoncent un projet d'éclatement du site unique en plusieurs unités, éclatement qui pourrait faciliter des liquidations ultérieures. Aussi, cette mesure, si elle était retenue, porterait lourdement atteinte à l'esprit de coopération qui anime l'ensemble d'un personnel hautement qualifié et tout entier au service de l'institution. Les organisations souhaitent un retrait de ce projet et le maintien de l'INIST en unité propre de service du CNRS.

Elle lui demande donc la position du Gouvernement sur ce projet et ce qu'il compte faire pour répondre à ces revendications.

Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 06/10/2011 - page 2569

La réforme de l'Institut de l'information scientifique et technique (INIST) intervient à un moment où l'information scientifique et technique constitue un enjeu majeur pour la recherche. Elle se déploie aujourd'hui dans un double contexte : un paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche en profonde rénovation, et, sur le plan de l'information scientifique et technique (IST), une multiplication des offres numériques qui s'accompagne d'une évolution rapide des techniques, des métiers et donc des acteurs. Compte tenu de ces éléments, et comme le préconisait notamment le rapport Salençon dès 2008, il convient d'adapter l'INIST à de nouvelles exigences : mieux l'inscrire en coopération avec les autres acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche dans un esprit de complémentarité et de mutualisation, le rendre plus réactif et proche des besoins de ses utilisateurs que sont les chercheurs et les enseignants-chercheurs. L'INIST présente des compétences et des ressources incontestables, et le caractère transversal de ses activités le place à une position stratégique au sein du CNRS. La réforme que celui-ci a engagée a d'abord pour objectif de confirmer le rôle prépondérant de l'INIST en tant que service de soutien à la recherche. Dans le même temps, elle doit répondre au besoin d'une simplification et d'une plus grande souplesse dans son organisation, afin de faciliter les partenariats de plus en plus nécessaires, d'améliorer la visibilité de ses missions et, au-delà, de son offre de services aux utilisateurs. De ce fait, la démarche entamée répond à une logique de plus grande cohérence du paysage de l'IST en France : clarification du rôle des opérateurs, coopération renforcée, identification des besoins... C'est pourquoi cette réforme s'inscrit pleinement dans le cadre d'actions que constitue la bibliothèque scientifique numérique (BSN), très grande infrastructure de recherche garante d'une stratégie nationale pour l'IST. Le Gouvernement souhaite que cette réforme s'élabore et se réalise dans un esprit ouvert et qu'elle recueille la meilleure adhésion possible des personnels. Il convient de souligner qu'elle s'organise dans le cadre d'une large concertation et s'appuie sur des groupes de travail qui associent tous les acteurs concernés. Le Gouvernement sera particulièrement attentif à ce que ce chantier, essentiel pour l'IST en France, aboutisse dans les meilleurs délais, au grand bénéfice de notre recherche.