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Liberté de parole des journalistes à bord de la Flottille de la Liberté II

13 ème législature

Question écrite n° 19463 de Mme Maryvonne Blondin (Finistère - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 14/07/2011 - page 1844

Mme Maryvonne Blondin attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la liberté de parole des journalistes à bord de la Flottille de la Liberté II.
Le départ de la Flottille de la Liberté II des ports grecs semble sérieusement compromis et de lourdes menaces pèsent aujourd'hui sur les journalistes à bord, parmi lesquelles, confiscation du matériel et interdiction du territoire israélien pendant 10 ans.
L'attitude du Gouvernement israélien envers ces journalistes qui entendent relater les faits avant, pendant et après le départ de la Flottille est contraire au droit international.
C'est pourquoi, pour garantir leur capacité à exercer leur travail en toute liberté, elle demande quelles mesures prendra le Gouvernement pour protéger leur libre expression.



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 19/01/2012 - page 171

La position de la France sur le blocus de Gaza est claire et constante. Avec ses partenaires européens, la France appelle Israël à la levée de ce blocus. La diplomatie française se mobilise pour obtenir des avancées en ce sens, sans transiger pour autant sur les préoccupations sécuritaires légitimes d'Israël. Les autorités israéliennes doivent permettre l'acheminement de l'aide internationale à Gaza. Les projets de développement et de reconstruction menés par les Nations unies doivent être réalisés sans obstacle. En outre, les visiteurs étrangers doivent avoir accès aux Territoires palestiniens. S'agissant des nouvelles initiatives de flottille cherchant à forcer le blocus de Gaza, la France a, dès le début et de façon constante, déconseillé à ses ressortissants d'y participer, eu égard aux risques sécuritaires encourus dans cette entreprise. Ces initiatives ne peuvent que renforcer les tensions dans le contexte actuel. Le secrétaire général des Nations unies s'est exprimé en ce sens le 27 mai 2011 et a appelé les gouvernements à tout faire pour décourager de nouvelles flottilles. La France rappelle que l'aide humanitaire à destination de Gaza peut désormais transiter par voie terrestre ; il s'agit du moyen le plus efficace et le plus responsable de venir en aide à la population civile de Gaza. La France suivra avec attention le prompt acheminement de cette aide jusqu'à ses destinataires. La France a indiqué aux autorités israéliennes que si le bateau français Dignité Al-Karama venait à tenter de forcer le blocus et que les autorités israéliennes décidaient de le stopper, nous attendrions d'elles qu'elles agissent avec responsabilité et mesure, en respectant les droits de nos ressortissants et en permettant leur prompt retour en France. Dès l'arraisonnement du bateau, l'ambassade de France à Tel-Aviv s'est mobilisée afin d'exercer la protection consulaire sur les ressortissants français. L'ambassadeur et son équipe sont demeurés en contact constant avec les autorités israéliennes. La consule générale à Tel-Aviv s'est immédiatement rendue, dès la nuit du 19 au 20 juillet, auprès de nos onze compatriotes à Holon, où ils étaient retenus après leur transfert depuis le port d'Ashdod. Elle a pu constater que les ressortissants français avaient été bien traités, ayant bénéficié d'un rapide examen médical et reçu de la nourriture. Elle les a, en outre, renseignés sur les procédures, accélérant leur rapatriement, intervenu le 20 juillet, et permettant la prise en charge de leur billet par les autorités israéliennes. Parallèlement à nos démarches sur place, nous avons informé en temps réel les familles de nos compatriotes et les organisateurs de la flottille. Le journaliste présent à bord du Dignité Al-Karama n'a, à notre connaissance, fait l'objet d'aucune mesure de rétorsion particulière. Il a bénéficié de la même protection de la part de nos services consulaires que les autres passagers. La France réaffirme son attachement à la liberté de la presse.