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Création d'un échangeur sur l'autoroute A 26

13e législature

Question orale sans débat n° 1382S de M. Antoine Lefèvre (Aisne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 04/08/2011 - page 2006

M. Antoine Lefèvre attire l'attention de M. le ministre chargé des transports sur l'autoroute A26, qui relie Calais à Troyes, en traversant le département de l'Aisne suivant un axe nord-ouest/ sud-est, par Saint Quentin et Laon.
Géré par la SANEF, cet axe ne compte qu'un seul accès entre la Ville-préfecture Laon et Reims, à savoir Guignicourt, sur une distance de 50 kilomètres.

Les élus des communes sises entre ces sorties 13 (Laon) et 14 (Guignicourt) réclament une étude de faisabilité quand à l'installation d'un échangeur, à proximité de St Erme-Outre-et-Ramecourt, avec la D 18, aménagement régulièrement évoqué par ceux-ci depuis une quinzaine d'années. En effet, le trajet entre ces sorties est alors de presque 40 kms, et la communauté de commune de la Champagne–Picarde, qui regroupe 48 communes situées de part et d'autre du tracé, souhaite pour les habitants du territoire et les entreprises, qu'ils puissent accéder à l'A 26, sans devoir soit « remonter » au nord de Laon ou « descendre » vers Reims.

Cette césure, en milieu de parcours, reprendrait la même fréquence d'accès que dans les autres portions.de l'autoroute. Il lui demande donc ses intentions sur cette demande qui faciliterait le trafic dans cette partie du département.



Réponse du Secrétariat d'État chargé du logement

publiée dans le JO Sénat du 14/12/2011 - page 9676

M. Antoine Lefèvre. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, ma question s'adresse à M. le ministre chargé des transports.

L'autoroute A26, qui relie Calais à Troyes, en passant, monsieur le secrétaire d'État, par votre ville de Châlons-en-Champagne, traverse le département de l'Aisne dans un axe nord-ouest/sud-est, par Saint-Quentin et Laon.

Géré par la SANEF, la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France, cet axe ne compte, sur une distance de cinquante kilomètres, qu'un seul accès entre la ville-préfecture de Laon et Reims : la sortie Guignicourt.

Les élus des communes sises entre la sortie 13 Laon et la sortie 14 Guignicourt réclament une étude de faisabilité quant à l'installation d'un échangeur, à proximité de Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt, avec la D18, un aménagement qu'ils évoquent régulièrement depuis une quinzaine d'années.

En effet, le trajet entre ces sorties est de quarante kilomètres environ, et la communauté de communes de la Champagne picarde, qui regroupe quarante-huit communes situées de part et d'autre du tracé, souhaite que les habitants du territoire et les entreprises puissent accéder à l'A26 sans devoir « remonter » au nord de Laon ou « descendre » vers Reims. D'ailleurs, la communauté de communes des Portes de la Thiérache, située plus au nord, et qui compte vingt-neuf communes, s'associe pleinement à cette démarche.

S'ajoute à cela un phénomène nouveau : le covoiturage.

En effet, ce grand axe dessert les bassins d'emplois de Laon et de Saint-Quentin au nord et, plus loin encore, d'Amiens, ainsi que de Reims, vers le sud.

Dans le cadre des déplacements domicile-travail, des usagers utilisent tous les jours ce mode de transport que constitue le covoiturage. Or ils sont gênés par le manque récurrent de places de stationnement autour des aires de péage, notamment à Laon.

Ce nouvel échangeur, situé en milieu de parcours et doté d'un parking dédié au covoiturage, aurait une fréquence d'accès identique à celle des autres portions de l'autoroute. Il faciliterait non seulement le trafic dans cette partie du département, mais aussi le développement de la pratique du covoiturage. Récemment, sur l'autoroute A4, qui traverse le département dans sa partie sud, une aire de parking pour le covoiturage a été inaugurée à la sortie Château-Thierry.

À l'heure où l'on parle d'écologie et d'économie, une telle structure est de nature à inciter nos concitoyens travaillant dans ces secteurs à y laisser leur voiture particulière durant la journée.

Monsieur le secrétaire d'État, je n'ignore pas le coût d'un tel échangeur, qui avoisine les 10 millions d'euros. Toutefois, pouvez-vous nous en dire plus sur la mise en œuvre d'une étude de faisabilité et sur les modalités de financement de cet aménagement, sachant que cette demande émane de deux communautés de communes rurales aux capacités financières limitées ?

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État.

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé du logement. Monsieur le sénateur, je vous remercie d'avoir posé cette question, qui permet au Gouvernement de souligner le rôle essentiel joué par le réseau routier national dans l'aménagement du territoire, et plus précisément par l'A26 que vous avez citée.

Cet axe, qui relie directement Reims à la Picardie, fait ainsi partie intégrante d'une « rocade large » qui contourne, par le nord-est, l'Île-de-France.

Le projet de réalisation de l'échangeur de Saint-Erme/Sissonne, destiné à améliorer la desserte de la Champagne picarde, a fait l'objet d'une première analyse en 1997. Le coût global de l'opération était alors apparu hors de proportion avec les avantages que pouvait procurer l'implantation de cet échangeur.

C'est avec sagesse qu'il avait été décidé à l'époque de surseoir au projet, afin de ne pas engager les collectivités locales concernées dans des dépenses trop importantes.

Je sais, monsieur le sénateur, que de nouvelles études de trafic actualisées en juin 2007 ont été réalisées sur l'initiative de la communauté de communes de la Champagne picarde. Ces études ont été transmises à la SANEF, qui a procédé à une nouvelle analyse socio-économique présentant les avantages et les inconvénients de cet aménagement, ainsi qu'une estimation du coût de l'opération.

Il ressort de cette analyse que l'échangeur sera largement déficitaire et que les recettes attendues ne couvriront pas les charges en termes d'investissement et de fonctionnement. Le bilan n'est, à l'évidence, pas favorable à cet aménagement, qui ne pourrait être mis en place que moyennant une participation financière très significative des collectivités locales.

M. le ministre chargé des transports, Thierry Mariani, a demandé à la société concessionnaire de communiquer ces éléments d'information aux collectivités concernées, ce qu'elle doit prochainement faire.

Les collectivités doivent donc désormais s'engager sur cette question que je sais sensible et épineuse. Leur accord conditionnera évidemment la suite du projet.

Telle est la réponse que le Gouvernement souhaitait apporter à votre question, qui est importante pour le développement de la Champagne picarde.

M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre.

M. Antoine Lefèvre. Monsieur le secrétaire d'État, je suis quelque peu déçu par les éléments de réponse que vous m'avez apportés. Cela dit, j'attends avec impatience les conclusions de l'étude conduite par la SANEF, et j'espère qu'elles ne confirmeront pas vos propos. Il reviendra effectivement aux collectivités concernées d'examiner le dossier en fonction des données transmises.