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Budget d'Action Logement

13e législature

Question écrite n° 19911 de M. Alain Le Vern (Seine-Maritime - Soc.)

publiée dans le JO Sénat du 01/09/2011 - page 2255

M. Alain Le Vern attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé du logement sur le projet du Gouvernement de prélever initialement 3,4 milliards d'euros sur le budget d'Action Logement (1 % logement) pour la période 2012-2014.

Suite aux négociations avec les partenaires sociaux d'Action Logement du 27 juillet 2011, le Gouvernement aurait accordé une baisse de 150 millions d'euros par rapport au prélèvement initial et promis la mise en place de mesures pour atténuer les effets du prélèvement sur la trésorerie d'Action Logement. Il note néanmoins que ce nouveau plan continue de mettre en péril l'équilibre financier d'Action Logement et, en conséquence, menace leurs activités notamment la construction de 70 000 logements sociaux dans toute la France et le soutien aux 750 000 ménages bénéficiant des programmes d'accession au logement, d'aide à la garantie locative et des services offerts aux salariés.

En outre, il s'interroge sur le fait que, d'un côté, le Gouvernement ponctionne toujours davantage le 1 % logement pour financer l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) mais que, d'un autre côté, sur les territoires, en Haute-Normandie notamment, on enregistre, en ce qui concerne les perspectives pour 2011, une baisse significative des financements pour le parc public de logements et de l'ANAH. Ces initiatives sont la preuve du désengagement de l'État dans la politique du logement, tant en matière de construction, de rénovation urbaine ou de résorption de l'habitat vétuste et insalubre.

Il lui demande donc de justifier l'emploi de ces nouvelles recettes afin qu'elles bénéficient véritablement à la politique du logement et, à défaut de renoncer au nouveau plan de ponction du 1 % logement, de préciser la nature des mesures de compensation envisagées pour Action Logement.



Réponse du Secrétariat d'État chargé du logement

publiée dans le JO Sénat du 13/10/2011 - page 2647

Depuis la réforme du « 1 % logement » de 2009 et conformément à la loi du 25 mars 2009, les emplois de la participation des employeurs à l'effort de construction (PEEC), définis jusqu'alors par voie conventionnelle entre l'État et les organisations syndicales et patronales membres de l'Union d'économie sociale du logement (UESL), sont arrêtés par décret, pour une durée de trois ans, au terme d'une concertation menée par l'État. Ouverte le 18 mai 2011, la concertation sur le cadrage financier des emplois de la PEEC 2012-2014 s'est poursuivie jusqu'à la réunion conclusive du 27 juillet. Les grands équilibres présentés aux partenaires sociaux à cette occasion sont les suivants : prêts directs aux salariés : 2,25 Md€. L'État partage l'ambition des partenaires sociaux de renforcer le lien entre les entreprises, les collecteurs de la PEEC et les salariés, par des aides directes à l'accession à la propriété et aux travaux, en cohérence avec les outils d'intervention de l'État (PTZ+, écoPTZ, etc.) ; financement des HLM : près de 2,8 Md€. Les aides seront maintenues au niveau de 2011, en cohérence avec les objectifs de l'État en matière de construction de logements sociaux (115 000 financés chaque année depuis 2007, contre 40 000 en 2000) ; financement de l'accord national interprofessionnel (ANI) sur l'accompagnement des jeunes dans leur accès au logement du 29 avril 2011 : 420 M€, permettant de financer 45 000 logements/hébergements supplémentaires en trois ans ; financement de l'Association foncière logement (AFL) : 600 M€, dans le cadre d'un recentrage de ses interventions sur la rénovation urbaine ; financement de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) : 3,25 Md€. Prenant en compte les préoccupations des partenaires sociaux sur le schéma d'emploi de la PEEC, l'État a décidé de réduire la contribution d'Action logement au financement des agences de 650 M€ par rapport au précédent triennal ; autres interventions (sécurisation, accompagnement de la mobilité, etc.) : 1,55 Md€. Au total, près de 11 Md€ seront ainsi investis en trois ans dans la politique du logement, sans mettre en péril la pérennité financière du modèle d'Action logement, dont la trésorerie restera positive sur toute la période. Dans le cadre de la concertation, le Gouvernement s'est attaché à trouver le meilleur compromis possible entre les projets des partenaires sociaux et leur contribution au financement des projets d'intérêt général conduits par l'Anah et l'ANRU. L'équilibre atteint respecte pleinement cet objectif. Le cadrage financier arrêté à l'issue de cette concertation permet donc d'atteindre les objectifs rappelés par l'État lors des premières rencontres : garantir la pérennité financière d'Action logement ; mettre en œuvre les priorités des partenaires sociaux, en particulier l'accord national interprofessionnel (ANI) pour le logement des jeunes ; développer une offre de logements locatifs économiquement accessibles ; renforcer le lien entre les salariés, les entreprises et Action logement ; mobiliser Action logement pour le financement de la rénovation urbaine, de l'amélioration du parc privé et de la lutte contre l'habitat indigne.