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Hausse des tarifs de la Société pour la perception de la rémunération équitable

13e législature

Question écrite n° 20004 de M. Jean-Claude Merceron (Vendée - UDI-UC)

publiée dans le JO Sénat du 15/09/2011 - page 2362

M. Jean-Claude Merceron attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la forte augmentation de la redevance SPRE (Société pour la perception de la rémunération équitable) subie par les petites associations scolaires qui organisent des kermesses.

Alors que les droits SACEM ont connu une hausse modérée depuis cinq ans (+6 %), ceux de la SPRE ont augmenté de 597 % sur la même période pour ces associations !

Ces droits d'auteurs, calculés sur le montant hors taxes des droits de la SACEM, sont passés de 18 % en 2009 à 35,75 % en 2010, 45,50 % en 2011 puis devraient atteindre 55,25 % en 2012 et 65 % en 2013.

Bien que cette hausse soit répercutée sur plusieurs années, un minimum annuel de 90 euros hors taxes est institué, ramené à 45 euros hors taxes (soit 50,65 euros TTC) pour les manifestations non commerciales dont font partie les kermesses. Ainsi de 2010 à 2011, la hausse est de 282 % !

Alors qu'elles bénéficient d'un forfait réduit avec la SACEM, ces associations scolaires qui n'organisent qu'une kermesse dans l'année voient ainsi leur redevance SACEM + SPRE doublée.

Aussi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles mesures il compte mettre en place afin que ces associations qui ne disposent que de petits moyens ne soient plus pénalisées.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 17/11/2011 - page 2930

L'article L. 214-1 du code de la propriété intellectuelle institue une licence légale dans le cas de radiodiffusion, de retransmission par câble simultanée et intégrale et de communication au public de phonogrammes du commerce tout en créant, pour les producteurs de phonogrammes et les artistes interprètes, un droit à rémunération compensatoire. La rémunération équitable garantit à l'utilisateur le renouvellement de l'offre musicale nécessaire à son activité, sans avoir ni à signer de contrat ni à demander préalablement une autorisation de diffusion. Elle ne vise en aucun cas les pertes liées à la piraterie de la création musicale. La commission prévue à l'article L. 214-4 du code de la propriété intellectuelle fixe les barèmes de rémunération dans le cadre de décisions réglementaires directement exécutoires. Cette commission est composée à parité de représentants des bénéficiaires du droit à rémunération et de représentants des diffuseurs. Le président de la commission, qui est un représentant de l'État, a pour mission de faciliter la négociation. La loi ne place pas cette commission sous l'autorité du Gouvernement et rien dans les textes ne permet au ministre de la culture et de la communication de retirer, d'abroger ou de modifier toute décision de barème ainsi adoptée. La décision de barème de rémunération équitable pour les lieux sonorisés du 5 janvier 2010 a été adoptée après une négociation menée sur près d'un an. Cette décision s'inscrit dans un mouvement de revalorisation de la rémunération équitable entamé en 2001 et poursuivi par la décision de barème des radios privées du 15 octobre 2007, la décision de barème des radios publiques du 17 septembre 2008 et, plus récemment, la décision de la télévision du 19 mai 2010. La rémunération équitable dans les lieux sonorisés n'avait pas fait l'objet de réactualisation depuis 1987. La décision de barème de rémunération équitable des lieux sonorisés du 5 janvier 2010 fait évoluer le coût global de la musique vers une croissance de 15 % la première année d'application du barème et de 9 % la deuxième et la troisième année. Des abattements substantiels ont été négociés au sein de la commission pour permettre la mise en œuvre progressive du barème. Les redevables bénéficient d'une réduction sur la rémunération équitable annuelle de 45 % la première année d'application du barème, de 30 % sur la deuxième année et de 15 % la troisième année. Le niveau moyen de ce barème sera de près de 65 % du montant des droits d'auteur correspondants en « vitesse de croisière », c'est-à-dire à compter de la quatrième année d'application du barème. Un minimum annuel de rémunération de 90 € TTC est fixé à l'article 6 de la décision du 5 janvier 2010. Les coopératives scolaires revêtant la forme d'association de bénévoles, à but non lucratif, bénéficient également, en application de l'article précité, d'une réduction spécifique de 50 % sur ce minimum lorsqu'elles organisent des « séances occasionnelles » non commerciales. Le montant de leur redevance équivaut alors à 45 € TTC par an. Le Conseil d'État a, pour sa part, validé, par sa décision du 23 février 2011, le barème applicable aux radios privées, qui se situe à un niveau équivalent à 70 % du droit d'auteur.