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Reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans le massacre du 17 octobre 1961

13e législature

Question écrite n° 20524 de Mme Esther Benbassa (Val-de-Marne - ECOLO)

publiée dans le JO Sénat du 20/10/2011 - page 2668

Mme Esther Benbassa attire l'attention de M. le Premier ministre sur la nécessité de reconnaitre la responsabilité de l'État français dans le massacre du 17 octobre 1961. À l'occasion de la commémoration du cinquantième anniversaire de ce drame humain, il est plus que jamais nécessaire que l'État français se positionne clairement pour condamner le massacre de centaines de travailleurs algériens, accompagnés de leurs familles, qui manifestaient pourtant pacifiquement contre le couvre-feu raciste que venait de leur imposer le préfet de police de l'époque, Maurice Papon. Le 17 octobre 1961, la République française a été salie par un crime d'État. La France a reconnu sa responsabilité dans la « chasse aux juifs » sous Vichy, elle l'a également reconnue concernant l'esclavage, elle doit désormais reconnaître aux victimes du 17 octobre, ainsi qu'à leurs descendants, qu'elle a failli. C'est également l'occasion pour notre pays d'envoyer un message fort s'inscrivant dans l'histoire des relations franco-algériennes. En effet, ce massacre enfoui au plus profond de la mémoire collective, effacé des livres d'histoire, ignoré des plus jeunes, constitue l'un des plus importants crimes d'État commis dans la France moderne. Il demeure à ce jour totalement impuni. Dès lors, elle lui demande quelles mesures il entend mettre en œuvre afin que la République française reconnaisse officiellement ce crime d'État qui entache son honneur ; et elle lui demande de lui indiquer les raisons du retard pris pour que la plus grande transparence puisse être enfin faite sur ces évènements tragiques. Elle souhaite également qu'il lui indique quand un libre accès aux archives de la Préfecture de police de Paris pourra être accordé, et si l'État français envisage enfin la création d'un lieu du souvenir à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961.

Transmise au Ministère de l'intérieur



La question est caduque