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Enseignement des langues régionales

13 ème législature

Question écrite n° 20712 de M. Jacques Gillot (Guadeloupe - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 03/11/2011 - page 2787

M. Jacques Gillot attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur l'enseignement des langues régionales, et singulièrement sur l'enseignement du créole en Guadeloupe.

En effet, le 13 novembre écoulé, le conseil général de la Guadeloupe, après avoir accompagné la lutte des enseignants et de la population en faveur de l'enseignement du créole, a adopté une motion regrettant l'insuffisante prise en compte, par l'éducation nationale, des besoins réels des écoles en Guadeloupe quant aux moyens humains.

En effet, alors que seulement 13 postes existent pour le concours du professorat des écoles dans cette académie, aucun poste d'enseignement du créole n'apparaît.

Cette situation ne tient pas compte de l'impact bénéfique de l'enseignement des langues régionales sur la didactique des langues étrangères dans nos régions. Elle ignore également la contribution du créole à la diversité, linguistique et culturelle, dans le monde ; ceci sans omettre les stipulations de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Pour cette raison, il lui demande que des postes d'enseignement du créole soient créés au niveau du professorat des écoles et du CAPES, conformément au respect de la diversité culturelle et à la prise en compte des intérêts pédagogiques et culturels de la jeunesse guadeloupéenne.



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 19/01/2012 - page 194

La préservation et la transmission de cet élément de la richesse du patrimoine culturel et linguistique national que représentent les langues et cultures régionales sont l'objet de toute l'attention des services du ministère de l'éducation nationale qui, au travers de ses actions, s'emploie à améliorer les conditions de leur enseignement et de leur diffusion. Concernant l'enseignement du créole, les recrutements dans le premier degré s'effectuent par le biais des concours externes et internes spéciaux. Ainsi depuis la parution de l'arrêté du 3 janvier 2002 qui fixe la liste des langues régionales ouvertes aux concours externe spécial et second interne spécial, 119 postes ont été proposés aux concours, dont 28 pour la Guadeloupe. Dans le second degré, 52 postes ont été ouverts au CAPES de créole depuis sa création, en 2002 également, dont 4 prévus pour la session 2012. À la rentrée scolaire 2011, dans le second degré, un enseignant stagiaire et deux enseignants titulaires ont été affectés dans l'académie de la Guadeloupe, portant l'effectif des enseignants de créole à 52 personnes, représentant 25 équivalents temps plein. En effet, seuls 5 enseignants exercent un temps plein pour l'enseignement spécifique du créole. Il faut noter en outre que, dans cette discipline récente, on ne prévoit pas de départ à la retraite, ce qui signifie que toute nouvelle affectation dans l'académie de Guadeloupe génère une amélioration quantitative du potentiel enseignant dédié à l'enseignement du créole. Le nombre de postes proposés aux concours nationaux de recrutement des enseignants est arrêté, dans le respect du plafond d'emplois voté en loi de finances, en tenant compte de plusieurs paramètres dont le nombre de départs en retraite, les prévisions d'effectifs d'élèves ainsi que les éventuelles évolutions pédagogiques. Pour la session 2013, les besoins de recrutement en enseignants de créole seront donc réexaminés selon ces éléments de manière à assurer la meilleure adéquation possible entre les recrutements et les besoins d'enseignement.