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Utilisation du mercure dans les amalgames dentaires

13e législature

Question écrite n° 21559 de Mme Claire-Lise Campion (Essonne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/12/2011 - page 3264

Mme Claire-Lise Campion attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur l'utilisation du mercure dans les amalgames dentaires en France, et son potentiel danger.
Plusieurs organisations non gouvernementales, dont le Réseau Environnement Santé (RSE), alertent depuis plusieurs années de la possible toxicité des amalgames dentaires contenant du mercure. Elles arguent du fait que ce dernier ferait courir des risques graves pour la santé et serait notamment un perturbateur endocrinien et un facteur d'altération du système immunitaire.

Or, en France, les dentistes continuent à l'utiliser. Il constituerait, selon l'ordre des dentistes, encore « 70 % des obturations sur les molaires et prémolaires et représenterait 17 à 18 tonnes de mercure par an ».
Notre pays est l'un des seuls à s'être officiellement opposé à l'arrêt des amalgames dans l'Union européenne. Trois pays, la Norvège, la Suède et le Danemark, l'ont en effet banni entre 2008 et 2009.
Le deuxième plan national santé-environnement (PNSE2) 2009-2013 prévoit de réduire l'exposition au mercure de la population de 30 % d'ici 2013. Toutefois, elle lui demande si l'impact sanitaire de cette situation a bien été pris en compte et si des mesures visant à ne plus utiliser du mercure dans les soins dentaires sont envisagées.



Réponse du Ministère du travail, de l'emploi et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 03/05/2012 - page 1108

Les amalgames à base de mercure, d'argent et d'étain sont utilisés pour le traitement des caries dentaires depuis plus de 150 ans et constituent un matériau d'obturation de bonne qualité, encore sans équivalent dans de nombreux cas, en particulier dans le traitement de lésions carieuses multiples et étendues chez l'enfant, l'adolescent et l'adulte jeune. Malgré les très nombreux amalgames dentaires posés depuis des décennies, on ne connaît pas un seul cas avéré d'intoxication mercurielle d'un patient par les amalgames dont il est porteur. Les doses de mercure libérées dans l'organisme par les amalgames dentaires sont infimes et, en tout état de cause, très en deçà des seuils auxquels des effets toxiques pourraient être observés. Les rares pays qui ont restreint l'utilisation des amalgames dentaires l'ont d'ailleurs fait pour des raisons environnementales et non pas pour une supposée nocivité des amalgames sur la santé des personnes soignées. Aucune étude scientifique n'a pu démontrer des effets néfastes des obturations en amalgame sur l'état de santé général des patients et, en l'état actuel des connaissances, rien par conséquent ne permet d'affirmer que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population. Ces éléments confirment un rapport bénéfice-risque très favorable à l'emploi des amalgames dans le traitement de la carie dentaire. En tout état de cause, les pouvoirs publics restent très vigilants sur ce sujet et ont mis en place en 2005, dans quinze régions, un réseau d'experts en toxicologie, pharmacologie et odontologie qui assure l'accueil, l'examen multidisciplinaire et la prise en charge des personnes souffrant de pathologies qu'elles attribuent aux amalgames dentaires. À ce jour, aucun des troubles présentés par les personnes reçues dans ce cadre n'a pu être relié à la présence d'amalgames. Par ailleurs et malgré l'absence d'élément nouveau dans ce dossier, l'Agence française pour la sécurité sanitaire des produits de santé a entrepris une analyse des études scientifiques récentes afin de procéder, si nécessaire, à une actualisation de son rapport de 2005. Enfin, une information plus complète sur ce sujet est disponible sur le site internet du ministère chargé de la santé (page d'accueil - rubrique : « Les dossiers de la santé de A à Z » - à la lettre D, rubrique dentaire, dossier « amalgames »).