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Réforme de la formation initiale des orthophonistes

13e législature

Question écrite n° 21685 de M. Georges Labazée (Pyrénées-Atlantiques - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 29/12/2011 - page 3307

M. Georges Labazée attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la réforme de la formation initiale des orthophonistes.

Suite aux sollicitations de nombreux parlementaires, le ministre de la santé avait précisé la nécessité de « trouver un équilibre entre les souhaits de reconnaissance des orthophonistes et le niveau de formation nécessaire aux besoins de prise en charge de la population ».

Pourtant le 28 octobre 2011, les ministères de la santé et de l'enseignement supérieur et de la recherche ont annoncé à la profession une solution qui ne les satisfait nullement : la formation généraliste en orthophonie au niveau master 1, la formation qualifiée en orthophonie avancée au niveau master 2.

Une telle proposition de cadrage aboutit en effet à la scission de la profession ; elle ampute la formation des orthophonistes de l'équivalent d'un semestre de formation ; elle entraîne une diminution qualitative et quantitative de l'offre de soins orthophonistes de proximité ; elle pénalise la mobilité géographique des professionnels ; elle ne rend pas l'accès à la recherche en orthophonie plus facile.

L'ensemble des composantes de la profession, syndicats, professionnels, étudiants, centres de formation, société savante, ne peut accepter une mesure de la sorte, d'autant plus qu'elles ont œuvré unanimement à la reconnaissance d'une formation de qualité, accessible au plus grand nombre et sur l'ensemble du territoire. Elles ont ainsi travaillé à l'élaboration des référentiels « activité », « compétence » et « formation », concourant alors à la reconnaissance de la formation initiale de l'ensemble des orthophonistes au niveau grade master.

Il lui demande par conséquent s'il entend véritablement prendre en compte les référentiels qui lui ont été proposés et revenir sur les annonces d'un cadrage qui ne correspond pas aux besoins et à la réalité de la profession.



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 08/03/2012 - page 642

Les ministères chargés de la santé et de l'enseignement supérieur se sont engagés dès 2008 dans la réingénierie des diplômes paramédicaux et leur universitarisation. Le processus de réingénierie vise la mise en œuvre des accords de Bologne et la reconnaissance d'un niveau universitaire aux formations paramédicales. Ce processus, qui veille à conserver le caractère professionnalisant des formations et la cohérence entre les métiers, s'inscrit en réponse aux enjeux de notre système de santé, à l'évolution des techniques et des modes de prise en charge des patients. L'objectif est d'aboutir à une formation des orthophonistes mieux reconnue qu'aujourd'hui et harmonisée entre les facultés, avec de nouvelles perspectives de progression universitaire qui n'existait pas jusqu'à présent. Cette réforme ne changera rien pour les patients. Aujourd'hui, comme demain, toute personne victime d'un AVC, d'Alzheimer, d'une maladie dégénérative ou toute autre pathologie pourra choisir l'orthophoniste de son choix. Le décret d'actes en effet ne change pas. Tous les orthophonistes pourront continuer à prendre en charge tous les patients, en tout point du territoire, c'est une garantie absolue, et c'est essentiel pour les patients et leurs proches. Ce qui guide l'action du Gouvernement en rénovant les formations initiales, ce n'est pas de rajouter toujours plus de « couches de connaissances » dans une maquette ancienne, c'est de repenser complètement la formation, pour donner des bases solides et amener l'étudiant à pouvoir entrer dans le milieu professionnel, exercer son métier et progresser tout au long de sa vie. La nouvelle formation doit aussi offrir des perspectives de progression universitaire qui n'existaient pas jusqu'à présent. Le dialogue doit se poursuivre sur ce sujet entre le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, le ministère de la santé et la profession pour clarifier encore les modalités de cette évolution.