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Interdiction des signes religieux sur les terrains de sports

14e législature

Question écrite n° 00646 de Mme Sylvie Goy-Chavent (Ain - UCR)

publiée dans le JO Sénat du 12/07/2012 - page 1571

Mme Sylvie Goy-Chavent attire l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative sur la décision de la Fédération internationale de football (FIFA) d'autoriser le port du voile islamique.

Cette décision prise avec le soutien de la France, va pourtant à l'encontre de la loi n° 4 du règlement de la FIFA, qui stipule que " l'équipe d'un joueur dont l'équipement de base obligatoire présente une inscription ou un slogan politique, religieux ou personnel sera sanctionné par l'organisateur de la compétition ou par la FIFA ".

Les arguments du Prince de Jordanie qui a déclaré que le voile n'était pas un signe religieux mais un signe culturel, et qu'il n'avait donc aucune raison d'être interdit, auront sans doute influencé la délégation française.

Le lobbying des pays du Golfe et de l'Iran aura fini par convaincre des représentants sportifs plus intéressés par les enjeux financiers que par la condition féminine. Et tant pis si nos terrains de sport se transforment en tribune pour un islam revendicatif, tant pis si les spectateurs assistent au spectacle désolant de femmes enfermées dans des prisons de tissu.

Quand on parle de l'islam, il faut certes distinguer la religion et la tradition. Malheureusement, dans de très nombreux pays islamiques, la tradition prime sur la religion et elle enferme les femmes dans une position de soumission. Malheureusement, les pays du Golfe semblent avoir la puissance financière suffisante pour nous faire renoncer à nos valeurs.

Les représentants français de l'International Football Association Board (IFAB) ne voient-ils pas que le voile est comme un fer de lance dressé contre les sociétés occidentales ? Le voile est avant tout le symbole de l'opposition aux valeurs auxquelles nous autres sommes profondément attachés telles que l'égalité entre les sexes.

En réaction à la décision de la Fédération internationale, la Fédération française de football (FFF) a fait savoir qu'elle " n'autorise pas les joueuses à porter le voile " en sélection nationale ou dans ses propres compétitions.

" En ce qui concerne la participation des sélections nationales françaises dans des compétitions internationales d'une part, ainsi que l'organisation des compétitions nationales d'autre part, la Fédération française de football rappelle son souci de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité qui prévalent dans notre pays et qui figurent dans ses statuts ", détaille le communiqué de la FFF.

La FFF laisse toutefois la possibilité aux joueuses étrangères d'évoluer en France avec un voile lors d'une rencontre internationale. En revanche, une joueuse étrangère licenciée dans un club français n'y serait pas autorisée.

Si rien n'est fait par le Gouvernement français, on voit bien que la position de la FFF sera difficilement tenable et nous verrons bientôt tous nos terrains de sport se transformer en tribune politico-religieuse.

Pour prévenir ce phénomène, il convient d'interdire les signes politiques ou religieux sur les terrains de sports français, quelles que soient les disciplines.

Elle lui demande donc quelles mesures elle compte rapidement prendre à ce sujet.



Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 11/04/2013 - page 1197

La position du Gouvernement est claire : on ne porte pas de voile pour faire du sport. Un terrain de football, un stade, un gymnase, un dojo ne sont pas des lieux d'expression politique ou religieuse. Ce sont des lieux de neutralité où doivent primer les valeurs du sport : l'égalité, la fraternité, l'impartialité, l'apprentissage du respect de l'arbitre, de soi-même et de celui d'autrui. Il appartient donc au mouvement sportif français de faire en sorte que les règlements respectent ces valeurs, tout en garantissant l'absence de discrimination et une stricte égalité hommes-femmes. En effet, nul ne doit être écarté de la pratique sportive en raison de ses opinions religieuses ou politiques. Le sport est un formidable levier d'intégration, de lutte contre l'échec scolaire, d'émancipation et de réduction des inégalités sociales et culturelles. Le Gouvernement et l'ensemble des acteurs du monde sportif restent vigilants, mobilisés et déterminés à empêcher que le sport ne devienne un lieu de tensions, de sexisme ou d'exclusion.