Question de M. BERSON Michel (Essonne - SOC-A) publiée le 19/07/2012

M. Michel Berson attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les dangers de l'alcoolisme en France qui touche, désormais, souvent les plus jeunes de nos concitoyens.
La prévention se limite principalement à la sécurité routière. La lutte contre l'alcoolisme doit aller au-delà, elle doit être reconnue grande cause nationale puisque l'alcool est la deuxième cause de mortalité en France. Ainsi les moyens mobilisés pour l'alcoolisme doivent être identiques à ceux du tabagisme.
Parce que la dépendance à l'alcool entraîne de nombreux désagréments, dont des modifications comportementales et des complications physiques et psychologiques, les mesures de prévention de l'alcoolisme et d'accompagnement de malades alcooliques et de leur entourage doivent être accentuées.
Le développement de structures de soins liés à l'addictologie et plus particulièrement à l'alcoolisme est essentiel, comme l'intensification de toutes sortes de mesures de prévention auprès de la jeunesse, à commencer par les milieux scolaires.
Il demande quelle est l'ambition du Gouvernement pour endiguer ce fléau national qu'est l'alcoolisme.

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Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé publiée le 06/12/2012

L'alcool représente, en France, la deuxième cause de mortalité évitable avec 33 000 décès attribuables par an. Il s'agit d'un facteur de risque majeur pour certains cancers, certaines maladies chroniques, la survenue d'accidents de la route mortels ou encore de violences intra et extra-familiales. En dépit d'une baisse régulière de la quantité moyenne d'alcool consommée constatée depuis de nombreuses années, les usages à risque et les ivresses sont en hausse. En 2011, 28 % des jeunes de 17 ans déclaraient avoir été ivres au moins trois fois dans l'année, contre 26 % en 2008 et 10,5 % des jeunes de 17 ans sont des consommateurs réguliers. Parmi les adultes, 3,8 millions de personnes sont des consommateurs à risque. Enfin, la consommation d'alcool pendant la grossesse représente vraisemblablement la première cause de handicap mental d'origine non génétique chez l'enfant en France. La lutte contre l'alcoolisme et les usages à risque de l'alcool, en particulier des jeunes, est donc un enjeu majeur pour le ministère des affaires sociales et de la santé, et passe par de nombreuses actions qui ne se limitent pas à l'éducation et à la sécurité routière. Le ministère de la santé soutient des associations engagées dans la réduction des risques notamment lors des temps festifs, celles œuvrant pour le soutien et l'accompagnement des anciens buveurs et l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (ANPAA) qui assure une veille judiciaire du respect de la réglementation concernant la publicité pour l'alcool. Il finance les actions visant à développer la stratégie RPIB (repérage précoce et intervention brève) auprès des professionnels de santé pour favoriser un repérage plus systématique des usages à risque de substances psychoactives et un accompagnement des personnes en difficulté vers une prise en charge. Il a publié, en août 2011, le guide « Alcool et grossesse, parlons-en » destiné aux professionnels de santé sur la prévention des troubles causés par l'alcoolisation fœtale. Par l'intermédiaire de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), le ministère a produit et diffusé, en 2010 et 2011, deux campagnes de communication sur les risques liés à la consommation régulière excessive d'alcool (« le compte à rebours ») et à destination des jeunes (spots « boire trop », brochure « Alcool. Plus d'info pour moins d'intox »). Par ailleurs, il prépare une stratégie de communication sur les substances psychoactives incluant l'alcool, comprenant une refonte du site internet « alcool info service ». Outre la médecine générale, la prise en charge s'appuie sur un dispositif médico-social spécifique, les Centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et les consultations jeunes consommateurs, ainsi qu'un dispositif hospitalier dédié. Les structures médico-sociales ont bénéficié régulièrement de mesures nouvelles sur ces dernières années, portant le montant total de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM) médico-social spécifique pour les structures de prise en charge des addictions à 334,12 M€. Par ailleurs, suite à la réalisation d'un guide pour les consultations jeunes consommateurs, un travail de dynamisation de ces structures pour mieux répondre aux besoins a débuté. L'ambition du Gouvernement est de mettre en place des mesures de santé publique pour lutter efficacement contre les addictions, notamment l'alcool, chez les populations les plus exposées et tout particulièrement chez les mineurs et les femmes enceintes.

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