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Situation au lycée Voltaire de Doha

14e législature

Question écrite n° 03252 de Mme Claudine Lepage (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2715

Mme Claudine Lepage appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la situation du lycée Voltaire de Doha, au Qatar.
Ce lycée est homologué par l'Agence de l'enseignement français à l'étranger (AEFE) et géré, jusqu'à présent, par la Mission laïque française (MLF). Suite à une mésentente tant sur la gestion administrative que sur le contenu des programmes, la MLF va se retirer d'ici la fin de l'année. En effet, un désaccord a vu le jour au sujet d'un manuel d'histoire dont le remplacement a été demandé et d'un manuel d'enseignement de l'arabe, remplacé par un manuel mêlant apprentissage de la langue et religion. C'est la première fois, depuis de nombreuses années, que la MLF quitte ainsi un pays où elle était implantée depuis plusieurs années.
Le Qatar vient d'entrer dans l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) en qualité de membre associé et la décision a suscité un certain scepticisme de la part des partenaires de la France. Mais ce pays, qui compte, certes, un très faible nombre de francophones, a convaincu l'organisation de son engagement en faveur de la promotion et de la défense de la langue française. Il convient de s'en réjouir. Seulement l'adhésion à l'OIF suppose également le partage et la promotion d'un certain nombre de valeurs communes telles que la paix, la démocratie ou le respect des droits de l'homme...
Ce récent épisode révèle la responsabilité que la France doit avoir, à l'égard de tous ceux qui entendent, même en toute bonne foi, participer au développement de sa langue et sa culture. Sans préjuger des intentions des autorités qataries, il lui semble que la France doit demeurer vigilante. C'est pourquoi, elle souhaite l'interroger sur sa position, sachant, en outre, que le Qatar entend financer d'autres établissements, du type de celui du lycée Voltaire, dans le Golfe et en Afrique.



Réponse du Ministère chargé de la francophonie

publiée dans le JO Sénat du 21/02/2013 - page 617

Le lycée Voltaire de Doha est un établissement privé de droit local dont le cursus primaire est homologué par notre ministère de l'éducation nationale. Il a été ouvert en 2007 en réponse à un souhait des autorités qatariennes qui ont mis gracieusement à disposition du lycée le terrain et ses bâtiments. Il accueille 44 % de jeunes Qatariens. Il s'inscrit dans le cadre d'une coopération éducative de qualité et constitue un élément de la politique de promotion du français dans cette zone géographique où le modèle anglo-saxon est très développé. La gestion et le suivi pédagogique de cet établissement ont été confiés à la Mission laïque française. S'il constitue un projet emblématique, cet établissement a néanmoins dû surmonter un certain nombre de difficultés. La première, en 2010, a effectivement concerné le contenu des programmes et des manuels. Une mission de l'Inspection générale de l'éducation nationale, menée à la demande de la MLF en avril 2011, a permis de normaliser la situation. Aujourd'hui, la liberté d'enseignement est pleinement rétablie. Le second désaccord est intervenu l'année dernière et concernait la gestion du lycée. Elle a conduit au départ de la MLF. Les autorités françaises et qatariennes travaillent actuellement à la mise en place d'une nouvelle gouvernance. Le Qatar - où le nombre de francophones est estimé à 100 000 - manifeste depuis plusieurs années la volonté de s'ouvrir à la francophonie, notamment à travers la création d'une radio francophone « Oryx FM », l'ouverture de lycées français - lycée Bonaparte et lycée franco-qatarien Voltaire- ou la présence de la chaîne TV5. À l'appui de leur demande de statut de membre associé à l'Organisation internationale de la francophonie, les autorités qatariennes ont mis en valeur leur volonté de réintroduire progressivement l'apprentissage du français dans l'enseignement public et la conclusion de nombreux accords avec des pays membres de la francophonie, notamment dans le domaine de l'enseignement supérieur. Elles ont également souligné qu'elles adhéraient à des valeurs de la francophonie telles que la liberté d'expression et le respect de la diversité culturelle.