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Port du voile dans la pratique du sport

14e législature

Question écrite n° 04262 de M. Robert Tropeano (Hérault - RDSE)

publiée dans le JO Sénat du 31/01/2013 - page 321

M. Robert Tropeano appelle l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative sur les récentes décisions prises par des fédérations internationales du sport ayant pour objet d'autoriser des sportives à porter les attributs vestimentaires répondant aux préceptes de leur religion. Ainsi, en juillet 2012, la Fédération internationale de football (FIFA) a-t-elle autorisé le port du voile aux joueuses de football puis, la même année, le Comité international olympique a-t-il accepté la participation de deux athlètes saoudiennes voilées aux Jeux olympiques. Tout récemment, en janvier 2013, la Fédération internationale de karaté (WKF) a pris la décision d'autoriser aux athlètes musulmanes le port du hidjab lors des compétitions internationales.

Soucieux que soient préservées autant que faire se peut les valeurs d'égalité et de laïcité de la République et celles d'universalité et de neutralité inhérentes au sport, il lui demande comment, face à ces dérogations de plus en plus souvent constatées sur le plan international, elle compte préserver l'égalité de tous les athlètes, femmes et hommes, dans la pratique du sport sur le territoire français. Il lui demande enfin si elle envisage des dispositions pour veiller à ce qu'aucune exception ne soit autorisée lors des manifestations sportives sur le territoire français.



Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 11/04/2013 - page 1197

La position du Gouvernement est claire : on ne porte pas de voile pour faire du sport. Un terrain de football, un stade, un gymnase, un dojo ne sont pas des lieux d'expression politique ou religieuse. Ce sont des lieux de neutralité où doivent primer les valeurs du sport : l'égalité, la fraternité, l'impartialité, l'apprentissage du respect de l'arbitre, de soi-même et de celui d'autrui. Il appartient donc au mouvement sportif français de faire en sorte que les règlements respectent ces valeurs, tout en garantissant l'absence de discrimination et une stricte égalité hommes-femmes. En effet, nul ne doit être écarté de la pratique sportive en raison de ses opinions religieuses ou politiques. Le sport est un formidable levier d'intégration, de lutte contre l'échec scolaire, d'émancipation et de réduction des inégalités sociales et culturelles. Le Gouvernement et l'ensemble des acteurs du monde sportif restent vigilants, mobilisés et déterminés à empêcher que le sport ne devienne un lieu de tensions, de sexisme ou d'exclusion.