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Régime additionnel de retraite des maîtres de l'enseignement privé

14e législature

Question écrite n° 04935 de M. Jean-René Lecerf (Nord - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 28/02/2013 - page 649

M. Jean-René Lecerf attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur le régime additionnel de retraite des maîtres de l'enseignement privé (RAEP). Ce régime résulte de l'entrée en vigueur de la loi n° 2005-5 du 5 janvier 2005 dite loi Censi, laquelle était destinée à compenser, à terme, l'écart de niveau de retraite, à carrière comparable, entre les enseignants du privé en contrat avec l'État et les enseignants du public. Elle complétait ainsi la loi n° 77-1285 du 25 novembre 1977, dite loi Guermeur, qui avait posé le principe d'égalité de situation entre les maîtres de l'enseignement privé et les maîtres de l'enseignement public.
Or, la Cour des comptes a récemment demandé au Gouvernement la mise en œuvre de mesures financières visant à répondre aux difficultés rencontrées par le RAEP.
Par un courrier en date du 12 octobre 2013, la ministre informait le premier président de la Cour des comptes qu'elle partageait pleinement ses observations et qu'elle allait proposer plusieurs actions visant à remédier au déséquilibre du régime. Ces actions ne seraient pas sans conséquences sur la situation des maîtres concernés. Il en résulterait en effet une baisse de leur salaire net et des prestations retraite, ce qui contreviendrait au principe d'égalité mis en place en 2005.
Il souhaiterait connaître ses intentions visant à garantir la pérennité de l'application du principe d'égalité entre le régime additionnel de retraite des maîtres de l'enseignement privé et celui des enseignants du public.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 27/02/2014 - page 527

Les différents rapports actuariels sur la situation financière du régime ont souligné son caractère structurellement déficitaire depuis sa création. Au 31 décembre 2011, les engagements au titre des services passés du régime atteignaient 4,2 Md€ et n'étaient couverts qu'à hauteur de 5 % par les réserves constituées par le régime. Cette situation tient à l'attribution de droits à pension sur l'ensemble de leur carrière d'enseignant du privé à des personnels n'ayant jamais ou peu cotisé, et qui ne sont pas financés par ailleurs par les cotisations du régime à la fois stables et suffisantes. Cette situation a été aggravée par l'accélération du calendrier de montée en charge du régime en 2006. En 2012, le régime est entré en déficit technique. Les prestations servies annuellement sont désormais supérieures aux cotisations encaissées. Les projections prévoyaient que le régime serait en déficit structurel dès 2019. En effet, à compter de cette date, les réserves constituées depuis 2005 seraient épuisées, plaçant le régime en défaut de paiement. C'est dans l'optique de redresser l'équilibre financier du régime pour en préserver l'existence que le Gouvernement a mis en œuvre une réforme entrée en vigueur le 21 janvier 2013. L'ensemble des mesures permettra de garantir l'équilibre actuariel du régime jusqu'à l'horizon 2030, au lieu de 2019. La principale source de déséquilibre du régime tenant à l'attribution de droits non cotisés, cette réforme vise en premier lieu à renforcer l'équité intergénérationnelle, en attribuant un taux de pension de 2 % pour les périodes antérieures à la mise en place du régime, qui n'ont pas donné lieu à cotisations. La pension additionnelle est désormais calculée selon un taux différencié tenant compte de la durée effectivement cotisée au régime. Afin d'assurer une répartition des efforts, la réforme prévoit également que les pensions ne seront pas revalorisées tant que la situation financière du régime ne le permet pas. La réforme vise en second lieu à garantir son redressement financier à un horizon de moyen terme, en maintenant le taux de pension à son niveau actuel (8 %). La fraction appliquée à la pension principale reste de 8 % pour la période courant du 1er septembre 2005 jusqu'à la date d'effet de la pension. Ces mesures sont complétées par un relèvement progressif des taux de cotisation prévu par arrêté. Le taux actuellement fixé à 1,5 % atteindra 2 % à l'issue d'une période de cinq ans. Cette augmentation est financée à parité entre l'État employeur et les enseignants sous contrat. En amont de la réforme, le Gouvernement a largement consulté et tenu compte des remarques des organisations syndicales représentatives des maîtres de l'enseignement privé sous contrat s'agissant notamment des modalités de mise en œuvre. Entrée en vigueur début 2013, la réforme comporte une disposition transitoire qui permet le maintien des règles de calcul actuellement en vigueur pour les bénéficiaires remplissant, avant cette date, les conditions d'ouverture des droits à la pension additionnelle, quelle que soit la date prévisionnelle de leur départ. Par ailleurs, les mesures envisagées ne prévoient aucune diminution des pensions versées aux allocataires actuels du régime. Au total, l'ensemble de ces mesures permettront de préserver la viabilité d'un régime qui n'est remis en cause ni dans sa nature ni dans les objectifs ayant présidé à sa création. Enfin, il est précisé que le dispositif du régime temporaire de retraite de l'enseignement privé (RETREP), permettant aux enseignants du privé de partir à la retraite dans les mêmes conditions que leurs homologues du public, garantit l'équité souhaitée en la matière par la loi Guermeur de 1977.