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Situation de la statistique publique

14e législature

Question écrite n° 05667 de Mme Marie-Noëlle Lienemann (Paris - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 04/04/2013 - page 1049

Mme Marie-Noëlle Lienemann attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur l'avenir de la statistique publique.
En effet, le précédent Gouvernement a décidé unilatéralement de créer un centre de la statistique publique à Metz, en y transférant des services entiers qui se trouvaient, jusque-là, dans les directions régionales et les services informatiques de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Or, d'un point de vue financier, il a été estimé qu'il est grand temps de stopper cette opération qui s'apparente à de la gabegie.
Les transferts d'activités de divers points du territoire vers un autre fragilisent les directions régionales de l'INSEE. Leur avenir risque de ne plus être assuré si la tendance actuelle n'est pas infléchie. Les travaux d'études, menés conjointement avec les collectivités locales, pourraient cesser, faute d'informations disponibles et en raison de moyens d'études en diminution. Ces collectivités ont besoins d'analyses fines des territoires. L'implantation des directions régionales de l'INSEE se justifie par les liens nombreux qu'elles entretiennent avec les acteurs locaux. Ces directions régionales se doivent d'avoir une taille critique pour assurer une diversité de profils de leurs agents et pour assurer conjointement l'avenir des missions de la statistique publique et des agents qui les portent.
Il est naturellement essentiel de maintenir la qualité et la pertinence des statistiques publiques.
De plus, la mise en place du centre d'exploitation informatique à Metz menace notamment le centre informatique de Paris ainsi que celui d'Orléans et conduirait, dans un premier temps, à la disparition du service informatique d'Aix-en-Provence.
Enfin, elle l'interroge sur la volonté du Gouvernement de poursuivre la montée en charge d'un pôle messin de la statistique publique, malgré les coûts budgétaires importants, les oppositions de la plupart des acteurs concernés et des organisations syndicales de l'INSEE.



Réponse du Ministère de l'économie et des finances

publiée dans le JO Sénat du 22/08/2013 - page 2443

La décision de créer un centre statistique à Metz a été prise par le Gouvernement en 2008 afin de compenser, en partie, les pertes d'emplois occasionnées par la refonte de la carte militaire. Cette création s'inscrit dans le cadre d'une opération plus vaste, impliquant des établissements publics et différents ministères, pour un total de 1 500 emplois transférés. Suite à cette décision, le Premier ministre a demandé en septembre 2008, à M. Cotis, directeur général de l'institut de la statistique et des études économiques (INSEE), et à M. Duport, président du conseil national de l'information statistique (CNIS), de réaliser une mission pour préciser les contours, l'organisation et la taille du projet. Le projet « Cotis-Duport » a été remis au Premier ministre le 2 décembre 2008. Ce rapport retenait l'installation de quatre entités distinctes (issues de l'INSEE, de la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), dont en particulier un centre d'exploitation informatique, ayant vocation à concentrer toute la production, l'exploitation et l'assistance informatique à distance de l'INSEE. Le Premier ministre a pris la décision en janvier 2009 de mettre en place le centre statistique de Metz sur la base des propositions de ce rapport, avec un objectif de 625 emplois à terme. Ce centre a ouvert ses portes le 1er septembre 2011, dans des locaux loués sur le Technopôle de Metz (bâtiment « TDF »). En janvier 2013, il compte 160 agents. Le Gouvernement a réalisé un point d'étape du contrat de redynamisation du site de défense fin 2012. Ce travail a permis d'actualiser la répartition des emplois transférés entre ministères. Un dialogue a été mené avec le maire de Metz, qui a exposé les enjeux du centre statistique pour sa ville, dans un contexte économique difficile. Les difficultés rencontrées par l'INSEE pour réaliser des transferts d'activité dans un contexte de moyens humains et financiers contraints ont été analysées. Les inquiétudes des personnes concernées ont été prises en compte. Enfin, l'impact budgétaire de l'opération a été réétudié. A l'issue de cette phase de réflexion, le ministre de l'économie et des finances a décidé en avril 2013 de poursuivre la dynamique d'implantation de l'INSEE à Metz et d'y constituer un important pôle statistique. Le développement du centre statistique se déroulera au rythme permis par les possibilités de recrutements locales, les formations des nouveaux agents et les mobilités volontaires d'agents de l'INSEE. Sous ces réserves, ce pôle statistique devrait compter à horizon de trois ans un total de 400 agents issus de l'INSEE et des services statistiques ministériels. L'INSEE poursuivra ainsi le développement des activités actuelles du centre statistique de Metz, le centre d'exploitation informatique, le centre de services des ressources humaines et le centre de statistiques sociales locales. Le directeur général mènera une concertation régulière avec les organisations syndicales afin de réussir cette extension dans les meilleures conditions pour les personnels concernés. Dès 2014, le budget de l'INSEE sera ajusté pour tenir compte des surcoûts liés à l'extension du site de Metz. Le développement du centre statistique de Metz nécessite une reconfiguration des missions des différentes implantations de l'INSEE mais elle se fera sans remise en cause du réseau des directions régionales. Le Gouvernement est fermement décidé à maintenir les implantations existantes, car les acteurs locaux ne sauraient exercer leurs missions de manière éclairée sans l'apport des établissements régionaux de l'INSEE. Ainsi depuis quelques années, les établissements régionaux qui comportent le moins d'effectifs ont connu des baisses d'effectifs relativement moindres que celles des autres établissements.