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Agroalimentaire : manque d'abattoirs

14e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0186G de M. Philippe Paul (Finistère - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 21/06/2013 - page 6116

M. Philippe Paul. Ma question s'adresse à M. le ministre délégué auprès du ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, chargé de l'agroalimentaire.

Depuis plusieurs mois maintenant, l'industrie agroalimentaire du Finistère traverse une crise brutale, d'une ampleur sans précédent.

En février dernier, l'abattoir Gad à Lampaul-Guimiliau était placé en redressement judiciaire. À ce jour, aucun repreneur ne s'est manifesté, ce qui fait peser la menace de la fermeture du site en août prochain, avec la disparition de près de 850 emplois.

Début juin, la société Marine Harvest Kritsen, spécialisée dans la transformation de saumons, annonçait la fermeture, l'an prochain, de ses sites de Poullaouen dans le Finistère et de Châteaugiron en Ille-et-Vilaine, soit la suppression de plus de 400 emplois.

Au total, en l'espace de quelques semaines, ce sont plus de 1 000 emplois – je dis bien : plus de 1 000 emplois ! – qui sont remis en cause dans le département du Finistère. C'est une véritable tragédie pour les familles et l'activité des communes concernées.

J'évoquerai également le groupe Doux, toujours en redressement judiciaire, qui a, lui aussi, perdu près de 1 000 emplois en un an.

Monsieur le ministre, vous connaissez bien l'agriculture et l'industrie agroalimentaire en Bretagne, et plus particulièrement dans le Finistère. Vous savez quel poids elles ont dans l'économie régionale : elles en sont les moteurs.

Élus, salariés et acteurs économiques locaux ont clairement exprimé leur détermination et leur volonté de se battre et de rechercher des solutions, afin de sauver ces différents outils de production et de transformation.

Pour ne prendre que l'exemple de l'abattoir Gad, n'est-il pas incompréhensible et paradoxal d'envisager la fermeture d'un outil performant implanté dans l'un des bassins de production porcine les plus concentrés et les plus dynamiques d'Europe, qui, de plus, bénéficie de tous les agréments nécessaires à l'export ?

N'est-il pas incompréhensible et paradoxal d'envisager la fermeture d'un outil qui permet de produire et de transformer au plus près d'une zone de production, garantissant ainsi une traçabilité parfaite ?

Devons-nous nous résoudre à voir des dizaines de milliers de porcs produits en Bretagne être abattus en Allemagne, …

M. Joël Billard. Eh oui !

M. Philippe Paul. … un phénomène qui touche d'ailleurs bien d'autres régions françaises ?

Monsieur le ministre, qu'entendez-vous faire pour éviter que l'industrie agroalimentaire bretonne et finistérienne ne continue à sombrer ? Quelles initiatives fortes le Gouvernement entend-il prendre pour accompagner ces territoires inquiets, à juste titre, pour leur avenir ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)



Réponse du Ministère chargé de l'agroalimentaire

publiée dans le JO Sénat du 21/06/2013 - page 6116

M. Guillaume Garot, ministre délégué auprès du ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, chargé de l'agroalimentaire. Monsieur le sénateur, vous l'avez rappelé, certains pans de l'industrie agroalimentaire traversent aujourd'hui une crise très profonde, qui n'épargne pas la Bretagne, notamment le Finistère.

Pour chacun des sites de Gad, de Doux et de Marine Harvest Kritsen que vous avez évoqués, nous menons le combat pour trouver des solutions de nature à préserver un maximum d'emplois.

Nous avons rencontré les salariés de Gad et de Doux et nous rencontrerons dans les prochains jours, en coordination avec Stéphane Le Foll et Michel Sapin, ceux de Marine Harvest Kritsen.

Toutefois, avec Stéphane Le Foll, nous avons pris sans attendre, dès le mois d'avril dernier, j'y insiste, des orientations fortes à la fois pour répondre à l'urgence de la situation et tracer de vraies perspectives d'avenir. Nous avons notamment élaboré avec les professionnels concernés un plan pour relancer les filières porcine et avicole, en faisant de la performance écologique un véritable levier de performance économique. Nous nous sommes engagés à assouplir les démarches administratives, en particulier pour les installations classées.

M. Philippe Dominati. Et les charges ?

M. Guillaume Garot, ministre délégué. Hier, nous avons signé avec tous les acteurs concernés le contrat de la filière alimentaire, qui devra être mis en œuvre très rapidement en Bretagne, afin de stimuler l'emploi et de moderniser l'ensemble de ces secteurs.

Enfin, vous le savez, nous travaillons avec les élus bretons pour maintenir notre filière agroalimentaire et assurer son avenir. À cette fin, nous avons organisé plusieurs réunions de travail, auxquelles vous avez participé, monsieur le sénateur, pour mobiliser tous les acteurs concernés.

J'ai bien entendu votre question. Nous sommes pleinement conscients de la situation tout à fait spécifique de la Bretagne. Sachez que nous travaillons d'arrache-pied pour consolider, voire développer, le potentiel de la filière agroalimentaire, qui doit rester une force pour la Bretagne. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC.)