Allez au contenu, Allez à la navigation

Situation des distributeurs d'automobiles

14e législature

Question écrite n° 07194 de M. Roland Courteau (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 04/07/2013 - page 1977

M. Roland Courteau attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, sur la situation des distributeurs d'automobiles.

Il lui indique que ce secteur d'activité s'estime menacé par la fin, en juin 2013, du règlement européen d'exemption automobile du 27 mai 2010.

Ainsi, devraient être supprimés l'obligation de motivation de la résiliation des contrats de distribution ainsi que le respect d'un préavis avant cette résiliation.

Serait également supprimée la liberté de céder l'entreprise au repreneur choisi par le distributeur.

Or, il lui précise que ces entreprises traversent d'importantes difficultés qui s'ajouteront à ces mesures, et fragiliseront, plus encore, ce secteur.

Il lui demande s'il est dans ses intentions de prendre en compte les inquiétudes des professionnels par la mise en œuvre d'un statut de distributeur d'automobile.



Réponse du Ministère chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation

publiée dans le JO Sénat du 19/09/2013 - page 2712

La suppression récente par la Commission européenne des dispositions d'exemption spécifiques à la distribution automobile ne justifie pas la création de règles spéciales au plan national. Les dispositions européennes qui méritaient d'être conservées ont été reprises dans les contrats conformément à un engagement des constructeurs au niveau européen. Ces dispositions concernent le préavis de résiliation des contrats et l'arbitrage en cas de litige. C'est à dessein que la Commission n'a pas maintenu le principe de liberté de choix de son successeur par le concessionnaire. Cette règle s'est avérée contreproductive en conduisant à la concentration des concessionnaires au niveau régional par le rachat des plus petits par les grands groupes. Le non-renouvellement du règlement d'exemption sectoriel 1400/2002 ne placera nullement la distribution automobile dans une situation d'insécurité juridique. En effet, ce secteur relèvera alors du règlement général d'exemption des accords verticaux n° 330/2010. Les règles plus souples prévues par ce règlement se sont avérées parfaitement adaptées à tous les types de distribution, y compris la distribution sélective et exclusive pratiquée dans le secteur automobile. Sont ainsi passés, sans aucune difficulté, d'un régime spécial au régime général d'exemption des secteurs tels que la franchise et la distribution de carburants. Enfin, il existe en France des règles générales qui encadrent les relations entre entreprises et permettent de sanctionner les abus. Il va de soi que les corps d'enquête de l'État restent très attentifs au respect, à tous les stades de la chaîne économique de ce secteur, des règles du droit économique qui sont garantes du bon encadrement des relations commerciales entre les entreprises, telles notamment que l'interdiction des pratiques de nature à créer un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, prévue par le 2° de l'article L. 442-6 du code de commerce.