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Pullulation de campagnols et soutien de l'agriculture dans le département du Doubs

14e législature

Question écrite n° 07532 de M. Jean-François Humbert (Doubs - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 18/07/2013 - page 2083

M. Jean-François Humbert attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur les conséquences de la pullulation de campagnols pour les agriculteurs situés en moyenne montagne dans le département du Doubs. L'impact des dégâts occasionnés par ce type de rongeurs est très important puisque de nombreuses parcelles de terre fourragères sont régulièrement endommagées. Les pertes fourragères pour la région Franche-Comté peuvent être comprises entre 30 et 80 % selon les parcelles concernées et les conditions climatiques. Ces pertes de quantité et de qualité de fourrage vont entraîner inéluctablement une forte augmentation des achats d'aliment et de concentrés : des achats qui vont grever les budgets des exploitations agricoles frappées par cette calamité. Le coût de cette dernière pouvant être estimé à 20 % minimum du chiffre d'affaires de l'exploitation soit environ un préjudice de 40 000 euros pour une ferme de taille moyenne. L'impact des pullulements sur la flore des prairies est important. En effet, dans notre production de fromages AOC qui repose sur la spécificité des prairies, la destruction des champs par les campagnols se répercute sur la composition floristique. Les apports complémentaires n'étant pas toujours compatibles avec les cahiers des charges de production, en particulier de l'AOC « comté », il est essentiel de limiter la population de ces rongeurs et de venir en aide aux agriculteurs touchés par ce fléau. Il lui demande donc les mesures appropriées qu'il entend prendre pour soulager le monde agricole.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

publiée dans le JO Sénat du 22/08/2013 - page 2418

Un projet d'arrêté relatif à la lutte contre les campagnols est en cours d'élaboration. La combinaison de tous les moyens de lutte existants, notamment préventifs (piégeage, destruction des taupes, alternance fauche et pâture...) est nécessaire pour réussir la lutte contre les campagnols. Concernant la lutte chimique, la seule molécule chimique aujourd'hui disponible est la bromadiolone, qui est un anticoagulant. Sa mauvaise utilisation peut conduire à des mortalités non intentionnelles sur les espèces sauvages prédatrices du campagnol, dont certaines sont des espèces protégées comme le Milan royal. C'est pourquoi la bromadiolone doit être utilisée à basse densité de campagnols uniquement, sur des appâts enfouis et dès l'apparition des premiers indices de présence du rongeur. Elle ne doit en aucun cas être utilisée lorsque les populations ont trop augmenté, entraînant alors un risque d'effets non intentionnels important. De ce fait, les consultations interministérielles, ainsi que la consultation large des parties prenantes sur le projet d'arrêté, notamment l'assemblée permanente des chambres d'agriculture, le conseil national de la protection de la nature, le conseil national de la chasse et de la faune sauvage, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, et la consultation ouverte sur internet, ont abouti à la proposition d'un seuil de 33 %, sauf dans les cas de mise en place de contrats de lutte pour lesquels le seuil pourrait être relevé à 50 %. Un nouveau projet d'arrêté ainsi modifié sera prochainement soumis à la consultation du public et des parties prenantes.