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Recherche de premier emploi des jeunes diplômés

14e législature

Question écrite n° 08738 de M. Antoine Lefèvre (Aisne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 17/10/2013 - page 3011

M. Antoine Lefèvre attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les conclusions, concordantes, de deux enquêtes : celle sur l'insertion de la Conférence des grandes écoles (CGE), et celle de l'Association pour l'emploi des cadres (APEC), récemment publiées. Il y apparaît que, un an après l'obtention d'un diplôme de niveau bac + 4, seuls 64 % d'entre eux ont trouvé un emploi, contre 71 % l'année précédente. Cette chute frappe tous les diplômés quel que soit le secteur. De plus, on constate un accroissement de la précarisation puisque dans ces premiers emplois, 51 % seulement sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ; parallèlement, presque 16 % des jeunes diplômés d'école de management décrochent un premier emploi hors de nos frontières, soit trois points de plus que l'année précédente.
Fortement diplômé, ce public rencontre des obstacles à son entrée dans la vie active, du fait de la contraction du marché de l'emploi, mais aussi, probablement pour certains, d'une mauvaise préparation à la recherche d'un premier poste. L'accompagnement offert par Pôle emploi n'est pas toujours adapté à leur profil : diplômes méconnus, qualification mal comprise par des conseillers souvent moins diplômés qu'eux, peu à même de les conseiller avec pertinence.
L'expérimentation du revenu contractualisé d'autonomie dans sa déclinaison pour les jeunes diplômés (RCA-JD), menée auprès de 500 jeunes en 2011 et 2012, avait montré un certain succès, du fait du suivi, du soutien et des formations prodiguées par les consultants de l'APEC.
Il lui demande donc s'il compte reconduire une offre d'accompagnement renforcé et personnalisé en l'élargissant à l'ensemble du public des jeunes diplômés, nécessaire pour redonner confiance en notre pays à notre jeunesse et combattre la perte de nos meilleurs éléments tentés d'exercer leurs talents à l'étranger.

Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

publiée dans le JO Sénat du 06/03/2014 - page 626

L'expérimentation d'un revenu contractualisé d'autonomie (RCA) menée auprès de 500 jeunes en 2011 et 2012 a consisté à proposer aux jeunes un accompagnement renforcé vers l'emploi assorti d'une sécurisation financière pendant cette période. Il s'agissait en effet de réduire les difficultés financières des jeunes et de favoriser leur accès à l'autonomie et à l'emploi. L'évaluation de cette expérimentation, dont on peut trouver le rapport sur le site internet du fonds d'expérimentation pour la jeunesse, montre l'efficacité de l'accompagnement et du suivi renforcé des jeunes diplômés du supérieur. Les appréciations des jeunes sont largement positives sur ce point. Au-delà du travail réalisé avec le consultant autour du projet personnel, de l'acquisition de techniques et méthodes de recherche d'emploi, les jeunes insistent sur l'importance d'être enfin accompagnés et de sortir de leur isolement, à un moment où ils commençaient à se décourager. Les enseignements tirés de cette expérimentation ont conduit le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et le ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à favoriser le rapprochement des universités et des acteurs du service public de l'emploi. Les partenariats existent déjà sur certains territoires ; ils présentent des qualités hétérogènes et sont à renforcer et à soutenir au niveau national au bénéfice des jeunes diplômés, sans attendre que ces derniers aient à vivre pendant de nombreux mois une recherche d'emploi infructueuse. Un protocole pour l'insertion professionnelle des jeunes sera signé en février 2014 dans cet objectif. Il fixe les bases d'une coopération renforcée entre les établissements d'enseignement supérieur et les partenaires du service public de l'emploi. Ses signataires en sont, avec les ministres concernés : la conférence des présidents d'université (CPU), Pôle emploi, le conseil national et l'union nationale des missions locales (CNML et UNML) et l'association pour l'emploi des cadres (APEC). Par cet accord-cadre, les partenaires conviennent d'engager une démarche concertée et cohérente visant notamment à : préparer plus systématiquement les jeunes aux démarches d'entrée sur le marché du travail et permettre une continuité de la démarche entre l'avant et l'après-diplôme ; appréhender globalement l'insertion sociale et le parcours vers l'autonomie des jeunes, en particulier pour les moins favorisés ; impliquer directement les jeunes et leurs représentants dans la construction et le déploiement des politiques publiques pour répondre à ces défis. Cette initiative s'inscrit dans la démarche européenne de garantie pour la jeunesse. Elle se concrétisera par un appel à projets afin de décliner les engagements pris en actions sur les territoires.