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Sauvegarde des œuvres d'art dans l'hypothèse d'une crue de la Seine

14e législature

Question écrite n° 08931 de M. Alex Türk (Nord - NI)

publiée dans le JO Sénat du 31/10/2013 - page 3127

M. Alex Türk attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication à propos des risques de crue de la Seine et de leurs conséquences sur les collections françaises des musées. On sait que le Pas-de-Calais qui accueille avec succès le musée du Louvre-Lens se propose également d'accueillir les réserves du Louvre menacées par les crues de la Seine. Chacun sait que des dizaines de milliers d'œuvres se situent sous le niveau de la Seine et que, selon les spécialistes, à plus ou moins long terme, une crue de la Seine causera des dommages irréversibles aux collections. Conscients du problème, les acteurs du musée ont envisagé différentes solutions pour protéger les œuvres. Les négociations sont en cours avec la Région Nord-Pas-de-Calais à cet effet. Il lui demande s'il confirme cette option et, dans l'affirmative, dans quel délai l'opération pourrait être engagée et, enfin, s'il s'agirait de toutes les réserves du Louvre ou d'une partie des collections. Il lui demande également quelles mesures sont envisagées pour les autres musées tels que le Musée d'Orsay.

Transmise au Ministère de la culture et de la communication



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1126

Dès 2002, suite aux alertes de la préfecture de police de Paris, le ministère de la culture et de la communication, soucieux de préserver au mieux les réserves nationales des établissements concernés par un risque de crue, a engagé un plan de mobilisation de grande ampleur. Ont ainsi été mobilisés le musée du Louvre, les musées d'Orsay et de l'Orangerie, les Arts décoratifs, l'École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) et le centre de recherche et de restauration des musées de France. L'opération s'est décomposée en deux temps. Un premier temps a consisté à installer en urgence les œuvres dans des parties de bâtiment non susceptibles d'être inondées par des mouvements internes. Dans un second temps, compte tenu du volume des collections menacées, un site de réserves non inondables choisi à proximité immédiate de Paris a permis d'accueillir dans de bonnes conditions de sécurité et de conservation les collections nationales (environ 10 000 m²). Ces déménagements à titre préventif et de grande envergure, s'ils ont permis, en 2003, de protéger une part essentielle des œuvres menacées des musées d'Orsay et de l'Orangerie, des Arts décoratifs et de l'ENSBA, n'ont cependant pas réglé la protection de certaines collections encore en réserves, notamment l'essentiel de celles du musée du Louvre, en sous sol de la Cour Napoléon, qui se distingue par leur ampleur. Devant l'impossibilité de préserver ou de mettre à l'abri, dans le délai de la période d'alerte de 72 heures fixée par le plan de prévention du risque inondation (PPRI) de la préfecture, les quelques 8 600 m² (SU) de réserves en zone inondable, le musée du Louvre envisage la construction d'un centre de réserves externalisé, à proximité du musée du Louvre-Lens en région Nord Pas-de-Calais. Sa construction constitue une réelle opportunité pour renforcer l'ancrage territorial du musée au sein du bassin minier et s'inscrit pleinement dans le cadre du renforcement des partenariats entre l'État et les collectivités locales. Le 2 octobre 2013, le ministère de la culture et de la communication, la région Nord - Pas-de-Calais et l'Établissement public du musée du Louvre ont signé un protocole relatif à la création de ce centre de réserves, afin de fixer les conditions et le calendrier de réalisation du projet. L'année 2014 sera consacrée à la programmation et au lancement d'un concours de maîtrise d'œuvre. Le choix du maître d'œuvre ainsi que les études seront conduits en 2015 et 2016, afin d'attribuer les marchés de travaux à l'automne 2016, pour aboutir à une livraison de l'équipement en fin d'année 2017. Pour les autres institutions (musées d'Orsay et de l'Orangerie, des Arts décoratifs et ENSBA), les objets restant présents dans différentes réserves sont entreposés dans des conditions permettant leur déplacement vers des zones protégées au sein de chaque établissement dans le délai de 72 heures. La direction générale des patrimoines s'emploie à établir ou à mettre à jour avec les établissements concernés leur plan de protection contre les inondations (PPCI). Elle les incite régulièrement à organiser des exercices grandeur nature de retrait des collections. Dans ces conditions chaque simulation d'évacuation permet d'évaluer la méthodologie, les temps nécessaires aux mouvements, la mobilisation des agents du musée, les matériels indispensables à mettre à la disposition du personnel, et de tester les cheminements et les hypothèses en zone de repli.