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Sauvegarde du patrimoine religieux de Paris

14e législature

Question écrite n° 08993 de M. Christian Cambon (Val-de-Marne - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 31/10/2013 - page 3127

M. Christian Cambon attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur l'avenir du patrimoine religieux de la Ville de Paris.

Saint-Augustin, Saint-Eustache, Notre-Dame de Lorette, Saint-Sulpice, la Madeleine, Saint-Séverin… ces joyaux de l'architecture religieuse, propriétés de la Ville de Paris, seraient en péril.
Selon l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR) et l'association de protection du patrimoine et du cadre de vie SOS Paris, sur les 96 édifices religieux de la capitale (85 églises relevant du culte catholique, neuf temples et deux synagogues) de nombreuses négligences d'entretien qui durent depuis des années aggravent les dégâts et les coûts de restauration à venir.

Malgré leur classement aux Monuments historiques pour la plupart, le budget consacré par la Ville de Paris pour ces bâtiments religieux a diminué de 27 % alors que le budget de la commune a augmenté de 59 % en 10 ans.

Face à ce désengagement de la Ville de Paris, propriétaire de ces bâtiments, il lui demande quelles mesures le Gouvernement peut mettre en place pour aider la capitale la plus touristique au monde à sauvegarder ce patrimoine avant que les dégâts ne soient irréversibles.



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 30/01/2014 - page 272

Le ministère de la culture et de la communication (direction régionale des affaires culturelles - DRAC d'Île-de-France) soutient financièrement la restauration, non seulement de la cathédrale de Paris, propriété de l'État, mais aussi celle des églises de Paris protégées au titre des monuments historiques depuis de très nombreuses années, en étroite collaboration avec les services compétents de la ville de Paris ainsi qu'avec l'association diocésaine. En moyenne, entre 2000 et 2013, pour les édifices appartenant à la ville de Paris, la DRAC a programmé chaque année 2 M€ pour des édifices cultuels, soit 43 % de la dotation pour les édifices parisiens n'appartenant pas à l'État. Les efforts consentis par l'État et par la ville de Paris ont porté, en priorité, sur la restauration des édifices cultuels et historiques (opérations initiées par la direction des affaires culturelles de la ville de Paris). On peut citer la restauration intérieure de l'église de l'Assomption, la restauration de la façade occidentale de l'église Saint-Paul Saint-Louis, la confortation pérenne de l'église Saint-Germain de Charonne et de ses abords, ainsi que la restauration des baies sud de la nef et de la partie basse de la façade principale de l'église Saint-Merri. Par ailleurs, au cours des dernières années, la ville de Paris a bénéficié de la restauration exemplaire de deux tours remarquables : la Tour Saint-Jacques et la Tour nord de l'église Saint-Sulpice, conduite sous la maîtrise d'ouvrage de la ville de Paris propriétaire de ces édifices. Le ministère de la culture et de la communication a assuré le financement de ces opérations au taux exceptionnel de 50 %. Depuis 2004, ces interventions lourdes ont en partie monopolisé les crédits programmés pour la restauration des édifices cultuels de la ville de Paris protégés au titre des monuments historiques. L'achèvement de la restauration de la Tour Saint-Jacques et de la Tour nord de l'église Saint-Sulpice a permis en 2012 de reprendre une programmation plus large. D'autres chantiers sont suivis par la direction régionale des affaires culturelles (conservation régionale des monuments historiques) d'Île-de-France de manière continue au titre du contrôle scientifique et technique (CST) : l'église Notre-Dame de Lorette, Paris 9e (restauration du cul de four peint par Picot) ; l'église Saint-Germain des Prés, Paris 6e (suivi de l'étude sur le décor intérieur de l'église), notamment pour ce qui concerne les édifices religieux. D'une manière générale, la DRAC collabore étroitement avec les directions concernées de la ville de Paris, en particulier avec la direction des affaires culturelles. Ces échanges réguliers permettent une analyse plus précise des urgences sanitaires signalées par les services compétents de la ville de Paris et par la DRAC, qui sont bien conscients de l'état très préoccupant de certaines églises et qui mettent tout en œuvre pour restaurer ou mettre hors péril les édifices les plus menacés.