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État de catastrophe naturelle suite au cyclone à La Réunion

14e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 0287G de Mme Jacqueline Farreyrol (La Réunion - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 10/01/2014 - page 179

Mme Jacqueline Farreyrol. Ma question s'adresse à M. le ministre des outre-mer.

Monsieur le ministre, vous avez eu l'occasion de souligner mardi dernier à l'Assemblée nationale la mobilisation des services de l'État à la suite du passage du cyclone Bejisa à La Réunion. La transmission hier soir par la préfecture, au ministère de l'intérieur et au ministère des outre-mer, des demandes de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle formulées par les vingt-quatre communes de La Réunion vous permet aujourd'hui d'agir vite.

Lors de votre visite samedi dernier, qui témoigne de votre réactivité et pour laquelle je tiens à vous remercier très sincèrement, vous avez pu constater les conséquences désastreuses de ce cyclone pour la population comme pour tous les secteurs économiques.

Identifié comme prioritaire à La Réunion par la loi pour le développement économique des outre-mer, le tourisme, déjà fortement impacté par la succession de différentes crises – les incendies du Maïdo, les émeutes du Chaudron, la « crise requin » et bien sûr la crise économique –, a de nouveau été aujourd'hui durement touché.

Avec le cyclone Bejisa, les professionnels du tourisme ont subi des pertes importantes au niveau des infrastructures. Des boutiques et des hôtels ont été inondés ou partiellement détruits, de même que des gîtes de montagne. Vingt-cinq bateaux ont coulé, près de 30 % du parc nautique a été endommagé et des plages sont aujourd'hui impraticables, rendant impossibles les activités nautiques. Comme vous avez pu le constater, les jardins, les forêts, les parcs animaliers, l'aquarium de Saint-Gilles et les conservatoires botaniques ont subi des dommages importants, empêchant leur réouverture au public. Ce secteur est aujourd'hui sinistré, anéantissant les efforts financiers fournis tant par les professionnels que par le conseil régional depuis trois ans.

Alors que la haute saison touristique court jusqu'en mars, les pertes d'exploitation subies nécessitent que la priorité soit donnée à la reprise des activités. Il faut pour cela financer les réparations et le remplacement des équipements et matériels endommagés. Il y a donc urgence à mettre en place les dispositions de catastrophe naturelle et le fonds de secours, sans quoi la reprise de l'activité des mois futurs sera durement compromise.

À l'heure où vous travaillez à la rédaction d'une loi sur la compétitivité outre-mer, à l'heure également où vous participez aux assises du tourisme pour y défendre l'outre-mer, pouvez-vous nous indiquer les mesures spécifiques envisagées, en lien notamment avec le ministère du tourisme, afin de permettre la reprise la plus rapide possible des activités touristiques sur l'île de la Réunion ? (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UDI-UC.)



Réponse du Ministère des outre-mer

publiée dans le JO Sénat du 10/01/2014 - page 179

M. Victorin Lurel, ministre des outre-mer. Madame la sénatrice, vous l'avez rappelé, votre île, La Réunion, a été durement frappée par le cyclone Bejisa les 2 et 3 janvier dernier. Le Premier ministre m'a immédiatement dépêché sur place où j'ai pu constater les dégâts de visu : votre île est endommagée, sinistrée, mais elle n'est pas abattue. La population s'est immédiatement mobilisée et, en moins de six jours, les dégâts causés sur les réseaux d'eau potable, d'électricité, de téléphonie, comme sur le réseau routier, ont presque tous été réparés. Au moment où je vous parle, seuls quelques foyers ne sont toujours pas raccordés au réseau d'eau potable ou à l'électricité. Mais, vous le savez, nous avons à déplorer un mort, une personne âgée, et quinze blessés, dont deux graves.

Certains secteurs de l'économie ont été frappés. L'agriculture, par exemple, est très sérieusement endommagée. Très rapidement néanmoins, nous allons pouvoir mobiliser le fonds de secours pour les biens non assurables en faveur des collectivités, des entreprises et des particuliers. Pour les autres dossiers, il faudra un peu plus de temps : cela relève de ce qu'on appelle la « post-crise ».

Le Gouvernement a demandé aux vingt-quatre maires de l'île de se mobiliser ; ils l'ont fait. Vous l'avez souligné, madame la sénatrice, ils ont adressé les dossiers au préfet de région, qui les a immédiatement transmis. J'ai donc la faveur de vous informer que l'état de catastrophe naturelle pourra être déclaré le 15 janvier, date à laquelle la commission se réunit, si tant est que les dossiers remis soient complets.

Il est vrai que, dans le secteur de l'agriculture, un problème spécifique se pose, que l'on rencontre également dans l'Hexagone lorsqu'une calamité se déclare, celui du réamorçage et de la relance. Quelles que soient la célérité et les diligences dont on fait montre, il faut un certain temps avant que les aides ne parviennent. Que faire alors ? Il existe le Fonds de garantie agriculture-pêche-bois, le FOGAP. Pour le dire rapidement, l'État a déposé à l'Agence française de développement, l'AFD, 10 millions d'euros pour l'ensemble des outre-mer. Il sera possible de mobiliser ces crédits : les banques pourront accorder des prêts ; les interprofessions, les coopératives et les groupements de producteurs pourront accorder une avance aux intrants. Tout cela sera garanti par le FOGAP.

Vous avez également évoqué le secteur du tourisme. Le Gouvernement s'est immédiatement mobilisé, avec les services des collectivités, pour réparer les sentiers de randonnée, afin de relancer le tourisme vert, notamment à Mafate et à la Roche Écrite.

M. le président. Veuillez conclure, monsieur le ministre.

M. Victorin Lurel, ministre. Dès la semaine prochaine, le tourisme pourra reprendre. S'il faut mobiliser Atout France avec qui nous avons des conventions, nous ne manquerons pas de le faire. En outre, comme cela s'est déjà produit ailleurs, des campagnes de promotion pourront permettre à ce secteur de repartir.

M. le président. Il faut conclure, monsieur le ministre !

M. Victorin Lurel, ministre. Monsieur le président, laissez-moi encore rappeler, avec votre permission, que la compétence est décentralisée. Il faudra donc une mobilisation des collectivités. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste, ainsi que sur certaines travées de l'UMP.)