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Péril sur l'avenir de la forêt privée française

14e législature

Question écrite n° 14130 de M. Francis Delattre (Val-d'Oise - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 11/12/2014 - page 2728

M. Francis Delattre appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur les inquiétudes des forestiers privés français en raison de la politique actuelle du Gouvernement : en effet, en 2015, celui-ci envisage de diminuer les moyens du centre national de la propriété forestière (CNPF) de 40 %. Le CNPF est un établissement public au service de la forêt privée. Il a pour mission de développer la gestion durable de la forêt privée en assurant son renouvellement et une mobilisation accrue des produits forestiers. En raison de la baisse de sa dotation, le CNPF devrait rencontrer des difficultés pour assurer ses missions qui sont la promotion de la gestion durable des forêts, la formation des propriétaires forestiers pour devenir de vrais professionnels et être de vrais acteurs du développement durable afin de faire face au réchauffement climatique. Selon les chiffres de l'union des syndicats des forestiers privés, la filière forêt représente 440 000 emplois, 3,3 millions de propriétaires forestiers et 11,8 millions d'hectares de forêts soit environ 23 % du territoire national. C'est pourquoi il demande au Gouvernement quelles mesures et quelles actions il entend mettre en œuvre pour assurer l'avenir de la forêt privée française.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

publiée dans le JO Sénat du 18/12/2014 - page 2806

Le centre national de la propriété forestière (CNPF) est chargé de développer la gestion durable en forêt privée en assurant son renouvellement, et une mobilisation accrue des produits forestiers, comme l'indique le contrat d'objectifs et de performance signé par le ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt et le CNPF pour la période 2012-2016. Le Gouvernement est confiant dans l'avenir de la filière de la forêt et du bois, vu son potentiel de développement, et a pris des mesures visant à l'encourager. La loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt, du 13 octobre 2014, comprend d'importantes mesures pour la filière. Elle institue un programme national de la forêt et du bois qui définira les priorités de l'État pour les années à venir. Ce programme sera élaboré avec tous les partenaires concernés, dont le CNPF. La loi crée le fonds stratégique pour la forêt et le bois qui représente un instrument financier majeur pour la filière et en particulier pour les propriétaires forestiers. Enfin, la loi prévoit la mise en place de groupements d'intérêt économique et environnemental forestiers afin de dynamiser la gestion durable de la forêt privée et contribuer à l'approvisionnement régulier de la filière. Le CNPF représente un acteur majeur pour la mise en place de ces nouveaux outils de politique forestière. Le Gouvernement soutient le CNPF dont il entend préserver le statut et les missions au service du développement de la forêt privée. Toutefois, compte tenu du contexte des finances publiques, le Gouvernement a décidé, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2015, de mettre fin aux réserves financières des opérateurs de l'État quand celles-ci sont supérieures à la norme transversale prudentielle de deux mois. C'est le cas du CNPF, dont le fonds de roulement disponible était de 7,6 mois de fonctionnement. Par ailleurs, la baisse prévue de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non-bâti (TATFNB) sera neutralisée en 2015 pour ce qui est de la part de cette taxe qui revient au CNPF. La dotation budgétaire de l'État sera bien rétablie en 2016 et le fonctionnement de l'établissement, qui sera assuré par un prélèvement sur le fonds de roulement, n'est pas mis en péril par cette opération exceptionnelle de 2015, comme s'y est engagé le ministre chargé des forêts. Le ministère s'est engagé enfin à un suivi fin de la trésorerie de l'opérateur en 2015 afin d'éviter toute difficulté de paiement.