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Développement de la consommation touristique locale en Polynésie française

14e législature

Question orale n° 1018S de Mme Hélène Conway-Mouret (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 12/02/2015 - page 288

Mme Hélène Conway-Mouret attire l'attention de Mme la ministre des outre-mer sur le développement de la consommation touristique locale en Polynésie française.
Il apparaît que le développement économique touristique en Polynésie ne doit pas seulement être stimulé par les dispositifs de défiscalisation (lois n° 86-824 du 11 juillet 1986 de finances rectificative pour 1986, dite « loi Pons » et suivantes) mais aussi par l'incitation à la consommation sur place par les touristes de passage.
Il serait pertinent d'adapter l'ouverture des magasins en horaires étendus (10 h-22 h) avec, également, une ouverture dominicale a minima tout au long de la période touristique haute, en phase avec les besoins dans toutes les îles pacifiques à fort potentiel touristique. La filière touristique de ces zones devrait être réorientée sur la consommation et la qualité des services de haut de gamme sur un marché fortement concurrentiel (Maldives, Hawaï, Malaisie).
La délivrance des visas de tourisme pour cette clientèle de croisière doit être facilitée tant dans ses modalités d'obtention que dans ses quotas.
Elle souhaiterait savoir quelles seront les mesures prises par le Gouvernement pour permettre aux territoires de Polynésie française de se développer à la mesure du potentiel de croissance de la zone, dynamisée notamment par l'économie chinoise.



Réponse du Ministère des outre-mer

publiée dans le JO Sénat du 08/04/2015 - page 3110

Mme Hélène Conway-Mouret. Madame la ministre, nous avons la chance de vivre dans un pays qui attire de nombreux touristes. En effet, 85 millions de personnes ont choisi la destination France en 2014.

L'objectif fixé par le Gouvernement est de passer à 100 millions de touristes. Pour l'atteindre, nous devons cependant améliorer notre offre et être capables de répondre aux attentes de ces derniers. C'est ainsi que nous pourrons attirer une partie de plus en plus importante de celles et ceux qui partent à la découverte du monde.

Le tourisme, s'il renforce le rayonnement de la France à l'international, est aussi un facteur de croissance important, grâce aux devises qu'il rapporte et, surtout, aux emplois créés dans l'ensemble des filières touristiques, aujourd'hui estimés à 2 millions.

C'est toutefois sur l'ensemble des territoires français que nous devons agir par la mise en œuvre de mesures facilitant la venue des touristes et les incitant à consommer sur place. Je pense en particulier au développement économique touristique en Polynésie, qui ne doit plus seulement être stimulé par les dispositifs de défiscalisation ultramarins, que deux mesures, par exemple, pourraient venir utilement compléter.

Premièrement, l'ouverture des magasins en horaires étendus, de dix heures à vingt-deux heures, et une ouverture dominicale a minima pendant la période touristique haute ainsi que la mise en valeur de la qualité des services haut de gamme dans ce marché fortement concurrentiel permettraient de satisfaire, notamment, les attentes des croisiéristes.

Encore faudrait-il que ceux-ci puissent débarquer. À cette fin - c'est la seconde mesure que je préconise -, la délivrance des visas et leurs modalités d'obtention pourraient être facilitées. La clientèle des croisières représente, en effet, plusieurs centaines de milliers de personnes, qui sont à terre pendant seulement quelques heures, durant lesquelles nous pourrions mieux répondre à leurs besoins.

Je souhaiterais donc savoir, madame la ministre, quelles mesures le Gouvernement envisage de prendre pour permettre à la Polynésie française de se développer à la mesure du potentiel de croissance qui est le sien dans une zone dynamisée, plus que d'autres, par l'économie chinoise.

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre.

Mme George Pau-Langevin,ministre des outre-mer. Madame la sénatrice, le tourisme est le principal vecteur de recettes extérieures de la Polynésie française. En 2013, il a représenté 13 % de la richesse et 16,3 % de l'emploi salarié, réparti dans 2 470 entreprises.

Le tourisme international est la branche la plus importante du commerce extérieur polynésien, dont il représente 78 % des ressources propres. À ce titre, le soutien à ce secteur d'activité constituera la deuxième enveloppe financière du contrat de projet 2015-2020, à hauteur de 8,950 milliards de francs Pacifique.

En glissement annuel, au mois de novembre 2014, la croissance du tourisme était de 9,9 % par rapport à 2013. Cette croissance profite à tous les types et modes de tourisme pratiqués en Polynésie française.

Outre la stimulation économique que permettent les outils d'incitation fiscale, l'objectif principal de l'action publique est de mettre en œuvre des outils d'action volontaristes, grâce, notamment, au développement du GIE Tahiti Tourisme, pour augmenter la capacité d'accueil touristique et renforcer la compétitivité des établissements hôteliers polynésiens. Le lancement récent de la nouvelle marque« The Island of Tahiti », fondée sur l'authenticité de la Polynésie française pour se démarquer de la concurrence internationale, est porteur de nombreux espoirs.

Le développement de l'activité touristique de la Polynésie française passe également par une meilleure captation de la clientèle de croisière. Selon les derniers chiffres du mois de novembre 2014, les croisiéristes progressent de 51,7 % par rapport à novembre 2013.

Les effectifs du marché asiatique connaissent également une hausse, de l'ordre de 18,4 % en glissement annuel, au mois de septembre 2014, et les récents accords entre la Polynésie française et la direction de l'aviation civile chinoise, permettant l'ouverture de liaisons aériennes avec les villes de Beijing, Shanghai et Canton selon une fréquence de quatorze vols réguliers ou chartérisés par semaine, rendront possible la consolidation de cette tendance.

Parallèlement, comme vous le notiez, d'ailleurs, l'État a considérablement assoupli les conditions d'obtention d'un visa pour les visiteurs chinois, avec la mise en place d'une dispense pour les séjours inférieurs à quinze jours. En outre, pour les touristes individuels, une extension du régime d'exemption de visa fait actuellement l'objet d'une concertation interministérielle.

S'agissant du développement de l'incitation à la consommation sur place, grâce notamment à l'adaptation des horaires d'ouverture des magasins- question que vous avez soulevée -, la compétence relève exclusivement de la législation sociale applicable localement. En application du principe de la liberté du commerce et de l'industrie, l'amplitude horaire des commerces est laissée à la libre appréciation des commerçants, sous réserve du respect des dispositions du code du travail local.

Enfin, je vous indique que le Conseil de promotion du tourisme tiendra une séance plénière consacrée aux outre-mer le 24 juin prochain, sous la présidence conjointe du ministre des affaires étrangères et du développement international et de moi-même, et que Mme Maina Sage, députée de Polynésie, est chargée de préparer cette séance.

Mme la présidente. La parole est à Mme Hélène Conway-Mouret.

Mme Hélène Conway-Mouret. Madame la ministre, je veux vous remercier de votre réponse très détaillée et très précise.

Je salue l'action globale de l'État, qui est sur tous les chantiers, et œuvre, notamment, à faciliter l'arrivée des touristes, par avion, par bateau...

Je crois qu'aujourd'hui, si nous voulons véritablement atteindre ce chiffre très ambitieux de 100 millions de touristes pour la France et ses territoires, nous avons aussi besoin d'actions concrètes.

Au reste, nous savons tous que le tourisme est créateur d'emplois. Je tiens à le rappeler, au moment où le Gouvernement est très fortement engagé dans une lutte sans merci contre le chômage. Tout ce que nous pouvons faire pour faciliter les créations d'emplois et la venue de nombreux étrangers chez nous doit donc être mis en œuvre.