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Désertification médicale en Île-de-France

14e législature

Question écrite n° 15397 de Mme Sophie Primas (Yvelines - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 26/03/2015 - page 642

Mme Sophie Primas attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur la désertification médicale en Île-de-France. En effet, les statistiques de l'ordre national des médecins mettent en lumière que même si la présence de médecins généralistes en région Île-de-France se situe au-dessus de la moyenne nationale, d'importantes disparités entre les territoires franciliens existent. Ainsi, au sein du département des Yvelines, la majorité des cantons qui composent l'arrondissement de Mantes-la-Jolie présentent un ratio proche de 5 médecins généralistes pour 10 000 habitants. Cette situation est d'autant plus préoccupante que le département fait, dans son ensemble, face à une variation du nombre de ces praticiens de moins 11,9 % sur la période 2007-2013. Les habitants de ces territoires subissent l'éloignement et la saturation des cabinets médicaux, et tout particulièrement les personnes âgées, qui peuvent connaître des difficultés de mobilité. De plus, certains d'entre eux ne sont plus en mesure de disposer de médecin référent alors que la caisse primaire d'assurance maladie l'exige afin de pouvoir bénéficier d'un remboursement complet. Aussi, au mois de décembre 2012, le ministère a annoncé la mise en place d'un pacte « territoire santé » visant notamment à faciliter l'installation des jeunes médecins et à promouvoir des investissements spécifiques pour les territoires dits « isolés ». Par conséquent, elle lui demande de bien vouloir lui dresser un bilan de ce programme ainsi que lui indiquer les mesures que le Gouvernement compte mettre en œuvre afin de favoriser l'installation de médecins dans les territoires franciliens qui en sont de plus en plus dépourvus.



Réponse du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes

publiée dans le JO Sénat du 10/12/2015 - page 3360

Depuis 2012, le Gouvernement s'est fortement engagé pour améliorer l'accès aux soins de proximité, réduire les inégalités entre les territoires et lutter contre les déserts médicaux. Cet engagement a été traduit dès fin 2012 par la mise en œuvre du « Pacte territoire santé ». Composé de 12 engagements, ce pacte repose sur le pragmatisme et mobilise tous les leviers, de la formation aux conditions d'exercice. Trois ans après son lancement, le « Pacte territoire santé » affiche des résultats positifs qui démontrent qu'une nouvelle dynamique est bel et bien lancée. L'un des axes fondamentaux de ce Pacte concernait les projets d'exercice coordonné. Les maisons et les centres de santé renforcent l'attractivité des territoires pour les professionnels de santé et améliorent la qualité des soins et du suivi médical, grâce à une prise en charge complète des patients dans un lieu central et adapté. L'essor de ces projets est significatif depuis le lancement du Pacte, ce qui confirme qu'ils répondent aux attentes des professionnels de santé et notamment des plus jeunes : il y avait 174 maisons de santé pluri-professionnelles en 2012, il y en aura plus de 800 en fonctionnement fin 2015. Pour encourager l'installation de nouveaux praticiens dans les zones sous-denses, a été créé le Contrat d'engagement de service public (CESP) qui s'adresse aux jeunes en formation (futurs médecins ou dentistes). Il leur permet de bénéficier d'une bourse en contrepartie d'une installation en zone fragile, pour une durée équivalente à celle de l'aide. 1 325 jeunes se sont engagés dans le dispositif depuis sa création, près de 450 contrats nouveaux ont été signés rien que sur la campagne 2014-2015. Les Contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) permettent eux de sécuriser l'installation des jeunes médecins au cours de leurs deux premières années d'installation. Ce contrat a permis l'installation de plus de 500 professionnels dans des territoires manquant de médecins. Pour assurer l'accès aux soins urgents sur l'ensemble du territoire, il a été décidé de mettre en place de manière prioritaire des médecins correspondants du SAMU (MCS). Une véritable dynamique s'est créée autour des fonctions de MCS : 150 en 2012 et désormais plus de 500. Les fonctions de MCS séduisent notamment les jeunes médecins grâce à des conditions d'exercice sécurisées, une formation adaptée et attractive grâce au lien accru avec l'hôpital et le SAMU ainsi qu'un accompagnement juridique et financier. Les MCS interviennent dans des territoires où le délai d'accès à des soins urgents était supérieur à 30 minutes. Le succès des différentes mesures initiées depuis 2012 confirme la pertinence et la cohérence du « Pacte territoire santé ». Afin de poursuivre dans cette voie et conforter ces résultats, il convient de l'approfondir. C'est l'objectif du « Pacte territoire santé 2 » annoncé le 26 novembre 2015. Ce pacte se décline en 10 engagements, qui s'appuient sur 2 axes volontaristes : amplifier les actions menées depuis 2012 et innover encore dans la formation et les conditions d'exercice, pour renforcer l'attractivité de la médecine libérale sur tous les territoires. Parmi les mesures du Pacte 2 figure l'augmentation du numerus clausus dans les régions en tension afin de renforcer le passage de relais entre les futurs médecins et les professionnels qui partiront en retraite dans quelques années. Cette hausse est à prise d'effet immédiat et représente 6,4 % du numerus clausus dans 10 régions manquant de médecines soit 131 étudiants en plus sur l'ensemble du territoire national. Elle est combinée à un programme de fidélisation des étudiants dans ces territoires en tension. Figurent également dans le Pacte 2 des objectifs ambitieux d'ici 2017 : 1 000 installations de généralistes et spécialistes soutenues par des contrats de praticiens territoriaux de médecine générale ou ambulatoire ; 700 médecins correspondants des urgences, formés et équipés, prêts à intervenir pour des soins urgents dans des territoires isolés ; 1 000 maisons de santé en fonctionnement… Le Pacte 2 porte également la mise en œuvre de la loi de modernisation de notre système de santé en cours d'examen et de ses objectifs, en particulier le renforcement du « virage ambulatoire » : un rééquilibrage entre les soins de ville et l'hôpital, une prise en charge renforcée des patients par les professionnels de santé libéraux. Pour les territoires qui la préoccupent, le « Pacte territoire santé » représente concrètement : 4 maisons de santé pluri-professionnelles dans le département des Yvelines (contre 0 fin 2011) et 38 au niveau de la région Île-de-France ; 186 étudiants et internes en médecine qui ont signé un contrat d'engagement de service public dans la région ; 2 praticiens qui ont signé un contrat de praticiens territoriaux de médecine générale dans le département des Yvelines et 20 au niveau de la région. Ces résultats sont très encourageants mais naturellement il reste encore des territoires sous-dotés. La détermination du Gouvernement pour permettre un accès aux soins de qualité et de proximité pour tous est totale. Elle nécessite également la mobilisation de l'ensemble des acteurs locaux concernés : agences régionales de santé, collectivités territoriales et professionnels de santé.