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Danger représenté par la bactérie xylella fastidiosa sur les oliveraies françaises

14e législature

Question écrite n° 17071 de M. Mathieu Darnaud (Ardèche - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 02/07/2015 - page 1544

M. Mathieu Darnaud attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement sur la menace de la bactérie xylella fastidiosa, qui fait des ravages depuis 2013 sur les oliveraies de la région des Pouilles située au sud de l'Italie, et qui menace fortement les plantations d'oliviers du sud est de notre pays et plus largement tout le pourtour méditerranéen.

Si à ce jour, aucun cas n'a été répertorié en France, du fait de la rapidité avec laquelle prolifère la bactérie à travers deux insectes que sont les cicadelles et les cercopes, il y a urgence à agir au plus vite afin d'empêcher son arrivée sur le territoire national et de provoquer la destruction de milliers d'oliviers et d'autres espèces de la flore méditerranéenne.

Certes, le Gouvernement a pris la décision depuis avril 2015 d'interdire l'introduction de végétaux en provenance d'Italie, mais cette seule mesure semble bien fragile comparée à l'ampleur de la menace.

Il lui demande donc quels sont les autres moyens envisagés pour protéger au mieux notre territoire, notamment les mesures en termes de communication pour sensibiliser et informer les oléiculteurs, les pépiniéristes ainsi que tous les acteurs de la filière.



Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt

publiée dans le JO Sénat du 20/08/2015 - page 1948

La bactérie Xylella fastidiosa, détectée en octobre 2013 en Italie, est responsable du syndrome de dépérissement des oliviers observé dans les Pouilles. Cette bactérie transmise et dispersée par des insectes s'attaque à différentes espèces végétales (vigne, agrumes, prunus, café, avocat, luzerne, laurier rose, chêne, érable...). Selon les souches concernées, elle peut conduire à des dépérissements massifs de certaines espèces d'intérêt économique (agrumes, vigne, oliviers). Cette bactérie s'installe dans le xylème des végétaux et empêche le mouvement de l'eau, les premiers symptômes sont ainsi proches des flétrissements. Dès 2012, la France a sensibilisé l'Union européenne sur les risques liés à l'introduction de cette bactérie. Sur impulsion de la France, qui avait pris le 4 avril 2015 la décision de renforcer les mesures nationales pour prévenir l'introduction de la bactérie Xylella fastidiosa, l'Union européenne a approuvé le 28 avril 2015 de nouvelles mesures d'urgence renforcées contre cette bactérie sur le territoire de l'Union européenne d'une part, et à l'importation d'autre part. C'est bien dans le cadre de la vigilance renforcée mise en œuvre par les services de l'État que le premier foyer de Xylella fastidiosa a été identifié le 23 juillet dernier en Corse-du-Sud sur des plants de polygale à feuille de myrte (Polygala myrtifolia) dans une zone commerciale de la commune de Propriano. À cette détection a immédiatement suivi la mise en œuvre des mesures du plan d'urgence : arrachage des plantes concernées, désinsectisation de la zone, définition des zones d'éradication et tampon, enquête épidémiologique, restriction de mouvements des végétaux et surveillance officielle intensive. À la suite de la découverte de ce foyer, le ministre chargé de l'agriculture a annoncé, le 29 juillet dernier, le dégagement de moyens supplémentaires pour lutter contre la bactérie et prendre les mesures de prévention nécessaires, et a également diligenté une mission d'expertise sur place. D'autres résultats positifs ont été transmis depuis, portant le nombre de foyers potentiels en Corse à cinq (au 4 août 2015). Les services de l'État sont mobilisés pour éradiquer et prévenir l'extension de ces foyers. Au-delà de la surveillance et des mesures curatives qu'il faut prendre d'urgence quand la maladie est là, il est impératif de mieux contrôler les importations de végétaux de pays-tiers. C'est la raison pour laquelle le ministre chargé de l'agriculture plaide à Bruxelles pour l'adoption d'une véritable stratégie sanitaire préventive à l'importation, dans le cadre de la révision de la législation sur la santé des végétaux en cours de discussion entre le Parlement et le Conseil européen.