Question de Mme COHEN Laurence (Val-de-Marne - Communiste républicain et citoyen) publiée le 10/03/2016

Mme Laurence Cohen interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur la nécessaire promotion des dessinatrices de bandes dessinées.

Le dernier festival international de la bande dessinée d'Angoulême a fait scandale en publiant une liste de nominations pour le grand prix, composée uniquement d'auteurs masculins. Depuis la création du festival en 1974, seule une femme a été récompensée par le grand prix d'Angoulême.
Cette profession artistique, comme d'autres, souffre de sexisme et de stéréotypes qui font que les femmes sont moins visibles, moins valorisés, voire occultées et ostracisées, dans un univers majoritairement masculin. Depuis plusieurs années, des associations, des collectifs se sont créés pour promouvoir les auteures et dessinatrices de bandes dessinées.
Si les derniers chiffres fournis par l'association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) attestent une progression dans ce métier (7,2 % de femmes en 2001 et près de 15 % en 2015), les inégalités perdurent, également sur le plan salarial, tant le neuvième art a longtemps été créé par et pour les hommes.
Elle lui demande quelles actions elle entend mener pour promouvoir et développer la bande dessinée comme art égalitaire et féministe et accorder aux femmes une plus grande visibilité et une reconnaissance artistique.

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Réponse du Ministère de la culture et de la communication publiée le 15/09/2016

Le festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2016 a fait l'objet de plusieurs critiques, parmi lesquelles l'absence de femmes dans la première liste d'auteurs nominés pour le Grand prix. Des collectifs et un grand nombre d'auteurs de bande dessinée, femmes et hommes, se sont exprimés à cette occasion. Ils ont été entendus, et la liste a été supprimée par les organisateurs. Une refondation du festival d'Angoulême est aujourd'hui appelée de leurs vœux par de nombreux professionnels du secteur. Le ministère de la culture et de la communication a confié dans cette optique une mission de médiation et de propositions à Monsieur Jacques Renard, qui sera amené à entendre tous les acteurs concernés dans le secteur de la bande dessinée afin de s'assurer du bon déroulement de l'édition 2017 et de préfigurer les évolutions de la manifestation nécessaires à sa pérennisation. Tant l'enquête de l'association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) mentionnée, que celle menée par les États généraux de la bande dessinée en 2015, et présentée à l'occasion du festival d'Angoulême 2016, tendent à montrer un accroissement du nombre de femmes dans le secteur de la bande dessinée, qui reste toutefois encore assez éloigné de la parité. Cette dernière enquête quantitative devrait être complétée par des entretiens conduits par des sociologues afin d'approfondir la connaissance des évolutions récentes du métier d'auteur de bande dessinée, notamment en ce qui concerne les inégalités en matière de rémunération. Le ministère de la culture et de la communication a lui-même lancé, en 2015, une série d'études sur la situation économique et sociale des auteurs de l'écrit, dont font partie les scénaristes ainsi que les dessinatrices et dessinateurs de bande dessinée. La synthèse de ces résultats est en cours. C'est sur la base de ces éléments objectifs qu'une réflexion poussée sur la question de la situation des femmes dans le secteur de la bande dessinée sera effectuée dans le cadre du travail sur l'avenir du festival.

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