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Conséquences des mauvais chiffres du tourisme

14e législature

Question écrite n° 23750 de Mme Colette Mélot (Seine-et-Marne - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 27/10/2016 - page 4669

Mme Colette Mélot attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les conséquences des mauvais chiffres du tourisme en France.
Le secteur du tourisme en France génère entre 7 et 8 % de notre produit intérieur brut (PIB) et représente deux millions d'emplois directs et indirects.
Malheureusement, aujourd'hui, les acteurs du tourisme s'inquiètent pour leur activité.
Entre la vague d'attentats qui a sévi depuis fin 2014, un climat économique et social désastreux, la France et Paris en particulier sont devenues des destinations moins attractives voire même des destinations à risques.
Selon le dernier baromètre des entreprises du voyage (EDV) le trafic aérien en provenance du Japon, de la Chine, des États-Unis et de l'Italie a baissé de 20 % depuis le début de l'été 2016. Même effondrement dans l'hôtellerie. En août, le chiffre d'affaires des hôtels de luxe parisiens a baissé de 41 %, de 36 % pour les hôtels haut de gamme et de 28 % pour le milieu de gamme. Sur la Côte d'azur, la situation n'est pas meilleure.
Les acteurs des croisières fluviales de la capitale estiment également que leur chiffre d'affaires estival sera en baisse de 25 % tandis que les excursionnistes tablent sur un recul de 30 à 40 %.
Certains magasins parisiens situés dans les quartiers très touristiques ont constaté, eux aussi, un chiffre d'affaires en baisse entre 30 et 50 % par rapport à 2015.
Ces tendances ont des répercussions importantes sur l'emploi : les derniers mauvais chiffres du chômage sont, pour partie, liés à la situation du tourisme. Aujourd'hui, il ne suffit plus de vanter l'attractivité de Paris pour attirer les touristes étrangers.
Elle lui demande donc quelles mesures il compte prendre, d'une part, pour rassurer les touristes sur les problèmes de sécurité que connaît notre pays et, d'autre part, pour soutenir les professionnels en difficulté afin de maintenir l'emploi dans un secteur d'activité particulièrement porteur.

Transmise au Ministère des affaires étrangères et du développement international



Réponse du Ministère des affaires étrangères et du développement international

publiée dans le JO Sénat du 04/05/2017 - page 1567

Avec 83 millions de touristes étrangers accueillis en 2016, la France reste la première destination au monde, malgré le contexte exceptionnellement difficile qui a marqué cette année. Le début de l'année 2017 voit des signes sérieux de reprise. Cette résilience s'explique à la fois par la réactivité des professionnels qui ont su adapter leurs offres et à l'action des pouvoirs publics. Le plan de relance décidé par le Gouvernement le 7 novembre 2016 lors du Comité interministériel du tourisme comporte ainsi une série d'engagements pour renforcer la sécurité des touristes accueillis sur le sol français. Pour assurer la coordination de l'action des services et la mise en œuvre des mesures prévues, le ministre de l'intérieur a nommé un préfet coordonnateur, interlocuteur des ministères des affaires étrangères et du développement international, de la culture et de la communication, du secrétariat d'État chargé du tourisme et du secrétariat d'État chargé des transports. Ce dernier a présenté son action à l'occasion des rencontres « tourisme et sécurité » qui ont réuni les professionnels et les acteurs de la sécurité place Beauvau le 23 mars 2017. Le plan de relance de novembre 2016 prévoit plusieurs grandes mesures qui forment le « programme tourisme et sécurité » et qui seront en majorité mises en œuvre avant la prochaine période estivale : la création dans chaque département, de structures de « coordination sécurité tourisme » qui seront notamment chargée de réaliser des brochures et de mini-film prodiguant conseils et bonnes pratiques aux touristes en plusieurs langues ; la création d'un label « sécurité site touristique » afin de signaler aux touristes les sites disposant des meilleures garanties de sécurité ; le déploiement sur l'ensemble du territoire du logiciel d'aide à la prise de plaintes SAVE développée en trente langues. Tous les représentants des acteurs du secteur touristique ont également annoncé des recrutements de personnels de sécurité supplémentaires, afin de garantir la sécurité des visiteurs. Plus largement, le plan d'action issu du comité interministériel prévoit une enveloppe globale de 42,7 M€ afin de porter quatre priorités : garantir la sécurité des touristes sur tout le territoire français ; soutenir les professionnels qui connaissent une baisse d'activité et poursuivre les mesures de simplifications (notamment : i/ la bonification des prêts pour soutenir la modernisation des professionnels du secteur hôtellerie-café-restaurant (HCR) pour un montant de 1,75 M€, ii/ la facilitation du recours à l'activité partielle avec des autorisations passées de 12 à 18,5 M€ soit une augmentation de 30 %, iii/ le cofinancement d'actions de développement des compétences – 3,3M€ et enfin l'abondement du fonds d'urgence pour le spectacle vivant de 4 millions d'euros) ; renforcer l'image de la France auprès des touristes français et des clientèles internationales (notamment grâce à la création par le ministre des affaires étrangères et du développement international d'un « fonds d'urgence pour la promotion du tourisme de 10M€ ») ; poursuivre les efforts en faveur des départs en vacances pour tous en aidant notamment 100 000 retraités modestes.