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Réforme du statut de guide-conférencier

14e législature

Question écrite n° 23769 de M. Rachel Mazuir (Ain - Socialiste et républicain)

publiée dans le JO Sénat du 03/11/2016 - page 4794

M. Rachel Mazuir appelle l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur la nouvelle réglementation envisagée pour la profession de guides-conférenciers qui prévoirait l'élargissement de l'attribution de la carte professionnelle en abaissant notamment le niveau des compétences requises.
Les quelque 11 000 guides-conférenciers s'en inquiètent aujourd'hui et redoutent l'arrivée massive de nouvelles recrues moins formées sur un marché du travail directement impacté par la baisse de l'activité touristique.
Récemment l'excellence de leur savoir-faire a pourtant été rappelée et même valorisée puisque désormais seuls les guides-conférenciers peuvent assumer les visites guidées des musées et autres monuments historiques.
L'élargissement de l'attribution de cette carte professionnelle pourrait au contraire mettre à mal le niveau de qualité recherché et à terme troubler la pérennité économique de ce métier.
Il souhaite donc connaître la position du Gouvernement sur ce projet d'arrêté afin de rassurer les professionnels.

Transmise au Ministère de la culture et de la communication



Réponse du Ministère de la culture et de la communication

publiée dans le JO Sénat du 30/03/2017 - page 1291

L'arrêté interministériel publié le 28 décembre 2016 précisant les compétences à acquérir ainsi que les voies de formation pour l'obtention de la carte professionnelle de guide conférencier a modifié le précédent arrêté de 2011, dans le respect de l'article 109 de la loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine qui exige le recours à des personnels qualifiés, et de l'article R. 221-11 du code du tourisme qui prévoit que « la carte professionnelle de guide conférencier est délivrée aux personnes titulaires d'une certification précisée par arrêté des ministres respectivement chargés du tourisme, de la culture et de l'enseignement supérieur. Cette certification, inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), sanctionne une formation au moins de niveau licence. » Le nouvel arrêté élargit les modes d'accès à la carte de guide conférencier, mais en maintenant l'exigence de la formation requise. En effet, deux voies de formation donnent accès à la carte à ses titulaires : la licence professionnelle de guide conférencier, d'une part, le diplôme national de master qui intègre les trois unités d'enseignement, « compétences de guide conférencier », « langue étrangère » et « mise en situation et pratique professionnelle » en référence aux compétences décrites à l'annexe II de l'arrêté, d'autre part. Ainsi, s'agissant de la deuxième voie, seuls les titulaires d'un diplôme conférant le grade de master, dotés d'une expérience professionnelle d'un an cumulée durant les cinq dernières années dans la médiation orale des patrimoines, peuvent prétendre à la carte professionnelle de guide conférencier. En outre, ces derniers doivent détenir un niveau adéquat dans une langue vivante étrangère, une langue régionale de France ou la langue des signes française. Cet arrêté garantit donc la qualification des guides conférenciers, tout en ouvrant une voie à des personnes dotées à la fois d'une solide formation initiale et d'une expérience professionnelle avérée. Compte tenu de ces exigences, cette voie ne constitue donc pas une menace pour les formations qualifiantes de guide conférencier existantes. Elle devrait permettre, enfin, de revivifier des territoires en manque de guide conférencier et de diversifier les thèmes de visites dans toute la France.