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Alimentation en eau de Mayotte

14e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 1134G de M. Thani Mohamed Soilihi (Mayotte - Socialiste et républicain)

publiée dans le JO Sénat du 01/02/2017 - page 1041

M. Thani Mohamed Soilihi. Monsieur le président, mesdames, messieurs les membres du Gouvernement, mes chers collègues, Mayotte connaît depuis le mois de novembre dernier la période de sécheresse la plus alarmante de son histoire en raison d'un fort déficit pluviométrique et d'une saison des pluies retardée. Les deux retenues collinaires alimentant l'ensemble de l'île en eau potable sont presque vides. Dans le sud, la retenue contient, aujourd'hui, un peu plus de 15 % de sa capacité et à peine plus de 20 % dans le nord.

Des mesures de restrictions ont été prises pour limiter la consommation et, depuis la fin du mois de décembre dernier, un dispositif de coupures d'eau deux jours sur trois a été mis en place dans huit communes du département. La rentrée scolaire a même été reportée du 9 au 12 janvier dans la grande majorité des établissements scolaires des communes concernées par ces coupures, le temps de préparer des approvisionnements.

De manière générale, à Mayotte, l'eau douce est une denrée rare, difficile à gérer entre pression migratoire excessive, insularité et augmentation de la consommation en eau des ménages.

Aussi, je souhaiterais savoir quelles mesures d'urgence le Gouvernement entend prendre, en concertation avec le syndicat des eaux et les collectivités de Mayotte, pour remédier à cette pénurie dramatique, dont il est inutile de préciser les conséquences en matière de risque sanitaire.

Par ailleurs, pour prévenir ce type de situation, ne pourrait-on envisager de mettre en œuvre une grande politique de sensibilisation à la protection de l'environnement à l'attention de la population mahoraise ?

Il est également impératif qu'une troisième retenue collinaire, en projet depuis plus d'une décennie, soit effectivement construite pour tenir compte des réels besoins en eau des Mahorais. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain. – M. Alain Bertrand applaudit également.)



Réponse du Secrétariat d'État, auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

publiée dans le JO Sénat du 01/02/2017 - page 1041

M. André Vallini, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Monsieur le sénateur, le Gouvernement suit avec la plus grande attention la situation à Mayotte. Les services de l'État, avec lesquels la ministre des outre-mer est en contact quotidien, réalisent actuellement un suivi de l'évolution de la situation, en lien avec le syndicat intercommunal d'eau et d'assainissement de Mayotte et avec l'association des maires.

Trente-quatre rampes d'eau garantissant l'accès à l'eau potable ont été installées et plusieurs mesures prises par l'État depuis la fin du mois de novembre dernier ont permis de prolonger l'accès aux ressources existantes jusqu'à la fin du mois de mars.

Une mission d'experts du ministère de l'intérieur a conclu à la nécessité d'un apport extérieur en eau. L'hypothèse de l'envoi d'un tanker pour alimenter l'île en eau est actuellement à l'étude. Si elle était retenue, il faudrait prendre des mesures complémentaires, notamment en installant des pompes qui permettront d'injecter cette eau dans le réseau de Mayotte. Il faudrait également raccorder le réseau du nord de l'île avec le réseau du sud.

Le ministère des outre-mer est aussi particulièrement attentif à la situation des écoles, des collèges et des lycées. Nous travaillons pour que soit garanti l'accès à l'eau des élèves et des enseignants.

Au-delà de l'urgence, il faut voir que, à moyen et à long terme, on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle. Un travail de pédagogie va être mené pour diffuser une véritable culture de l'économie d'eau à Mayotte.

Enfin, s'agissant de la troisième retenue collinaire dont vous avez parlé, monsieur le sénateur, il s'agit d'une priorité du contrat de projet. D'autres investissements seront vraisemblablement à prévoir.

En tout cas, vous pouvez compter, monsieur le sénateur, sur la détermination du Gouvernement, en particulier de la ministre des outre-mer, à suivre la situation au plus près, afin d'assurer l'alimentation en eau de toutes les Mahoraises et de tous les Mahorais. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe écologiste.)