Allez au contenu, Allez à la navigation

Pistes de prise en charge de la fibromyalgie

14e législature

Question écrite n° 25164 de M. Michel Boutant (Charente - Socialiste et républicain)

publiée dans le JO Sénat du 23/02/2017 - page 697

M. Michel Boutant attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les pistes de prise en charge de la fibromyalgie.
Cette maladie, actuellement dénommée syndrome fibromyalgique, se caractérise par un ensemble de symptômes dominé par l'existence d'une douleur chronique accompagnée de fatigue, de troubles du sommeil et d'affects anxio-dépressifs.
À l'heure actuelle, le diagnostic de cette maladie se fait de manière négative, en l'absence d'autre maladie identifiée ou d'anomalie caractérisée. L'état des lieux effectué par la Haute Autorité de santé (HAS) en 2010, bien qu'ayant fait avancer la connaissance des aspects spécifiques de cette affection, se révèle insuffisant.
Le ministère des affaires sociales et de la santé a donc souhaité saisir l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) pour actualiser son expertise et permettre la mise en œuvre d'un parcours de soins pour les patients atteints de la fibromyalgie.
La reconnaissance par l'Organisation mondiale de la santé en 2006 de ce syndrome comme maladie, ainsi que par des pays comme les Etats-Unis ou la Belgique, est un élément supplémentaire en faveur d'une réponse de la solidarité nationale envers nos concitoyens victimes de cette affection.
C'est pourquoi, il souhaite savoir quelles sont les pistes de mise en œuvre d'une politique de prise en charge de cette maladie qui peuvent être envisagées au regard, en particulier, des conclusions de l'INSERM.



Réponse du Ministère des affaires sociales et de la santé

publiée dans le JO Sénat du 04/05/2017 - page 1572

Le syndrome fibromyalgique est constitué d'un ensemble de symptômes dont le principal est une douleur chronique, majorée notamment par les efforts, s'accompagnant de fatigue, de perturbations du sommeil et de troubles anxio-dépressifs. Ce syndrome n'a pas de cause connue. Le diagnostic est posé devant la persistance des symptômes et l'absence d'autre maladie identifiée, d'anomalie biologique ou radiologique. La Haute Autorité de santé (HAS) a réalisé un état des lieux des données disponibles concernant le syndrome fibromyalgique de l'adulte en juillet 2010. Mais il n'existe à ce jour ni de traitement spécifique, en particulier médicamenteux, ni de prise en charge bien établie du syndrome fibromyalgique. Les différents traitements visent à contrôler les symptômes et doivent être adaptés à chaque patient. Les options thérapeutiques nécessitent souvent une prise en charge pluridisciplinaire. Le ministère des affaires sociales et de la santé conscient des limites des connaissances relatives à ce syndrome, s'est saisi de ce sujet en sollicitant l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) pour une expertise collective en 2016. Ces travaux sur 18 mois doivent permettre de faire le point sur les connaissances scientifiques sur le syndrome fibromyalgique en incluant les données sur la prévalence, le diagnostic, la physiopathologie et la prise en charge. Ils permettront d'avoir ainsi un état des lieux des connaissances cliniques et d'identifier les stratégies, validées ou recommandées, qui permettraient de proposer un parcours de soins pour les patients atteints de fibromyalgie. Il convient en effet de disposer d'informations actualisées sur ce problème de santé. Cette expertise collective donnera notamment des pistes pour permettre une prise en charge adaptée et une meilleure prise en compte du retentissement du syndrome fibromyalgique sur la vie sociale et professionnelle des patients dès fin 2017 en lien avec les 20 recommandations de la commission d'enquête du 12 octobre 2016 et au débat sur la fibromyalgie de l'Assemblée nationale du 11 janvier 2017.